Exemples




1. Méthode employée
Je prendrai l'exemple de l'ancien 1er ministre, Pierre BEREGOVOY. On sait que celui-ci a mis fin à ses jours par arme à feu le 1er mai 1993 à 18h. Il était né le 23/12/1925 à 10h du matin, à Deville-lès-Rouen (S et M) (FIGURE I). Le 1er point fondamental à considérer est le type de domification.Une étude à paraître au RAMS montre de façon déterminante que la domification de Campanus est à rejeter car elle privilégie l'axe AS-DS au détriment de l'axe MC-FC. Il existe donc une source d'erreur (on appelle ceci un biais) qui fausse l'analyse d'entrée de jeu. On ne peut donc employer que la domification selon Placidus ou selon Regiomontanus. Le 2ème article sur les DPM paru dans l'Astrologue et la lecture de l'Horoscope simplifié de HJ Gouchon laissent clairement entendre que la domification selon Regiomontanus donne des résultats supérieurs à la méthode Placidus -du moins pour le type d'événement envisagé. Si nous considérons la domification Regiomontanus en


FIGURE I

reprenant le thème de PB, on observe donc -cf. introduction- les n° matricules des maisons qui n'ont pour nous d'intérêt que de montrer -à vue- comment se répartissent les points marquants dans le système domificateur. Ainsi, le soleil est-il presque à la pointe de la maison XII et Mars ainsi que Saturne sont en maison VIII, en proche conjonction. La FIGURE II montre les n° matricules des planètes dans les maisons par rapport aux axes : Cela introduit la notion de domitude, qui représente pour le mouvement diurne ce que la longitude est pour l'écliptique. Que le lecteur sache donc que la domitude de l'AS =0, le FC =90°, le DS= 180° et le MC= 270°. Les n° matricules sont donc pour les points qui nous intéressent (FIGURE II) : -Soleil : 322°19' -Mars : 256°46' -Saturne : 254°18' -Lune : 41°09'
Le calcul de ces domitudes a été effectué grâce au logiciel ASTROPC 6.1 dû à Francis SANTONI (AUREAS-RAMS). Max DUVAL, ainsi que nous l'avons déjà dit,  a  publié un livre remarquable sur le sujet, les moyens de pronostic en astrologie auquel nous renvoyons le lecteur que ne rebute pas trop les formules trigonométriques.


FIGURE II

Le 2ème point à considérer est le "pas" de conversion que l'on va adopter pour calibrer un arc de direction à un âge donné. 4 procédés sont préconisés par les spécialistes : 1°= 1 an, déjà suggéré par Ptolémée et employé couramment par Placidus, 0.98 = 1 an (constante Naibod représentant le pas journalier "moyen" du Soleil dans l'écliptique), pas en AR du Soleil= 1 an que suggère d'utiliser Max Duval et pas en longitude du Soleil du jour = 1 an. Nous adopterons le procédé simplifié de Ptolémée (1°= 1 an). Le 3ème point à considérer est le choix des points marquants et l'ordre dans lequel nous les observerons pivoter sous l'action de la rotation terrestre (mouvement diurne ou Primum Mobile de Placidus). Ici, il nous faut déjà affirmer avec force que l'astrologie ne peut pas prédire. Tout juste pourrait-elle, et nous sommes ici en plein accord avec Kepler, suggérer qu'à telle ou telle époque, on pourra trouver, par analogie, des correspondances entre un type d'événement donné et une distance angulaire, préconisée par la tradition, mesurant l'arc de cercle décrit par un point marquant 1 qui se retrouvera en position semblable à un point marquant 2. Que l'on ne s'attende donc pas à une précision absolue dans l'échéance des arcs directionnels calculés. Néanmoins, nous pouvons avec les éléments simples dont nous disposons (planètes, aspects et orbes) essayer de situer assez précisément les correspondances que nous évoquions plus haut avec des "coups durs" survenant dans une existence. Nous avons déjà évoqué quelles pourraient être les planètes "actives" et la tradition semble formelle pour les distances angulaires à retenir : certaines conjonctions (0°), le carré (90°) et l'opposition (180°), soit 4 aspects en tout puisque nous avons 1 carré droit et un carré gauche (on dit aussi direct et indirect). Les spécialistes des transits semblent d'accord pour dire que le transit direct (c'est-à-dire d'approche) serait plus "efficient" que le transit de séparation, ceci valant pour un point marquant en "corps" (aspect de conjonction) ou pour un point-aspect (90° et 180° en l'occurrence). Reste le problème de l'orbe : les astrologues admettent en effet que les aspects (de transit ou de DP) exerceraient une "zone" d'influence circonscrite à peu de degrés du point marquant, certains praticiens tenant d'ailleurs compte d'un orbe symétrique (par exemple : ± 2°) ou asymétrique (par exemple : + 4° en tout, en aval du point de réception de l'aspect). Le 4ème point à considérer, point à notre sens le plus délicat, est de déterminer le type de DP dont on peut penser qu'elle correspondra peut-être plus que d'autres avec un certain type d'événement. Ceci fait appel à la notion de "significateur" et de prometteur". Si l'on reprend le thème de PB, on voit que, en domitude, Soleil et Mars sont séparés en domification Regiomontanus d'un arc de 66°. On appellera direction directe l'arc de direction compté dans le sens des signes du zodiaque de Mars sur le Soleil (Mars ---> Soleil). La direction converse, elle, est plus logique à considérer car elle fait intervenir pleinement la notion de mouvement diurne et explicite complètement l'expression "Primum Mobile" de Placidus. Cette direction converse consiste tout simplement à faire "rétrograder" le Soleil sur Mars ; attention ! le Soleil ne se "déplace" pas à rebours : il s'agit ni plus ni moins du sens apparent pour l'observateur du mouvement de la voûte céleste pendant les premières heures suivant la naissance. Cette notion est fondamentale à considérer car les résultats présentés sur 1300 cas (cf. 2ème journée du RAMS) montrent que le sens directionnel n'est pas indifférent : ainsi, Soleil --->Saturne ne donne pas de résultat significatif alors que Saturne ---> Soleil est très significatif.

2. Résultat
Si l'on calcule l'échéance des arcs directionnels dans le monde (domitude) ou sur le zodiaque, on aboutit au tableau suivant :
direction
DP mondiale
DP mondiale
DP zodiacale
DP zodiacale
DP en AR
 
Placidus
Regiomontanus
Placidus
Regiomontanus
AR
Soleil conjonction Mars
13.9
2.29
29.39
29.5
33
Soleil conjonction Saturne
8.82
356.9 (-3.1)
25.13
25.6
28
Saturne carré Lune
280.8 
278.09 (8.09 du carré)
283.13
283.6
74

On observe donc sur cet exemple qu'un "cap critique" (Soleil conjonction Mars en convers) a coïncidé avec l'arrivée de Soleil sur le groupe Mars-Saturne et que Saturne était proche du 2ème carré de la Lune. Les autres procédés ne semblent pas donner de résultat probant. On observe aussi, mais c'est évidemment très insuffisant avec 1 seul exemple, qu'il y a un décalage de quelques degrés en plus pour Soleil-0°->Mars et Saturne-90°->Lune.Un travail, entrepris sur de nombreux thèmes, permet de montrer effectivement un décalage quasi constant de quelques degrés en aval du point "prometteur" (point fixe). De façon purement empirique, on peut se baser sur 4 à 5° en aval de l'aspect exact.

3. Discussion

Et après, nous dira t-on ? on peut citer de très nombreux exemples où de telles échéances étaient réunies...Pour autant, elles n'ont pas conduit au décès. Nous prendrons un exemple donné par Jean TERENVEV (3*7*11 de mars 1999, p.7). Il s'agit d'une revue animée par le Dr NGUYEN, du RAO (Rassemblement des Astrologues Occidentaux).


FIGURE III

J. Terenvev nous apprend que cette personne, Antoinette, qu'il suivait en consultation, a fait une tentative de suicide en 1998. En appliquant notre méthode, on aboutit aux domitudes regiomontanus suivantes, pour la Lune : 233°07' et pour Mars : 275°49'. L'arc de direction qui nous intéresse est la conjonction converse de Mars à Lune. On trouve : 1998-1953 = 45, âge à ajouter à la domitude de la Lune, soit une position mondiale lunaire à 278°, 3° après la conjonction exacte. Il faudra également surveiller l'échéance de l'arc de direction de soleil sur Saturne, évalué à 54 ans. Les conjonctions entre prometteur et significateur semblent donc à surveiller de manière attentive et peuvent augurer d'un "cap critique" à passer.
Il est donc très important en reprenant des biographies complètes de voir si à tel type de direction n'a pas correspondu un événement brutal qui a entraîné une incapacité partielle (intervention chirurgicale, accident de la voie publique, maladie, etc.). On doit noter en outre que l'interprétation du thème, considérée de façon globale, est nécessaire (la recherche de la "dominante" ne semble pas encore très claire, c'est le moins que l'on en puisse dire...) si l'on ne veut pas commettre de grossières erreurs d'interprétation. En l'état, l'astrologie ne semble pas pouvoir accéder au statut de science ; du moins peut-on certainement la rapprocher des sciences humaines. Celles-ci peuvent parfaitement être étudiées par des statistiques appropriées et l'astrologie pas moins que d'autres. Nous ne pouvons pas, pourtant, porter de jugement de causalité en raison de l'absence de toute théorie générale sur l'astrologie et en ceci nous nous écartons de façon formelle de ceux qui voient "tout" dans les symboles. A notre sens, là n'est pas l'avenir de l'astrologie...J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer ce problème dans maints articles parus dans l'Astrologue ou les Cahiers du RAMS, ainsi que dans un livre Comment démontrer l'astrologie. Expérimentations et approches théoriques (Albin Michel, 1999), en collaboration avec Suzel Fuzeau-Braesch.


4. Bibliographie
1. La recherche de l'époque du décès, H. Delboy, l'Astrologue, 80, 160-168,  1987
2. Directions primaires mondiales, H. Delboy, l'Astrologue, 93, 29-36, 1991
3. Primum Mobile, Placidus de Titis, FDAF, 1998 (publié à 250 exemplaires. Le RAMS possède le n° 208).
4. L'horoscope annuel simplifié, HJ Gouchon, Dervy-Livres, 1973
5. Les directions primaires simplifiées, HJ Gouchon, Ed Traditionnelles, 1974 et supplément technique HJ Gouchon et J. Réverchon, gouchon ed, 1937
6. Les moyens de pronostic en astrologie, Max Duval, Ed Traditionnelles, 1986
7. Tetrabiblos, Ptolémée, chez Vernal/Philippe Lebaud, 1986 (surtout, livre III, chapitres 11 à 15)
8. La recherche de l'époque des événements et leur interprétation, Georges Muchery, le chariot, 1958
9. Prévisions, directions, transits, Yves Christiaen, Dervy-livres, 1983
10. Kepler, astronome-astrologue, Gérard Simond, Gallimard, 1979
11. Langage astral, Paul Choisnard, Ed Traditionnelles, 6è ed, 1963
12. Le livre des fondements astrologiques, Ibn Ezra, trad : J. Halbronn-Bibl. Hermetica/Retz-Paris, 1977
13. Astrologica Gallica XXi/XXV, Morin de Villefranche, traduit par Henri Selva, Ed Traditionnelles, 1976
14. L'astrologie au XVIIème siècle. Etude sur la pratique des horoscopes, notamment à travers ceux du Roi-Soleil, René-Guy Fabrice GUERIN (Ecole Pratique des Hautes Etudes), 1997
15. La domification ou construction du thème céleste en astrologie, Henri Selva - Vigot Frères Editeurs, 1917



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