IV. Les directions primaires





1. Introduction

Les directions primaires (DP) : voilà une expression singulière ! Elle semble indiquer par le premier mot " direction " une force, une flèche, une imposition en quelque sorte irréversible, incontournable ou fatale. Le second mot "primaire" semble renvoyer là encore à un sujet primordial mais on ne cerne pas immédiatement le sens de ce terme :       faut-il l’entendre selon l’acception de simplisme, de fondamental ou encore d’indispensable ?

Nous cernerons mieux cette expression si nous la resituons dans son contexte historique. L’astrologue André BARBAULT, dans sa Prévision de l’avenir par l’astrologie, évoque les DP en premier dans son chapitre 3, consacré à la technique traditionnelle de la prévision. Il nous indique la source originale : le Tetrabiblon de Ptolémée (chapitres 11 à 15). En fait, on peut être plus précis en situant au livre III ces chapitres. Curieusement, le chapitre précédant immédiatement ceux concernant les DP, c’est-à-dire le chapitre 10, s’intitule "De la durée de la vie". Laissons Ptolémée en parler :

"...cette doctrine, toutefois, n’est ni simple ni facile...celle qui se fonde le mieux sous les raisons naturelles est celle qui se tire de l’aphète et de l’anérète".

Dans le chapitre 11, Ptolémée insiste sur l’ascendant ou horoscope (point qui se lève à l’horizon), considéré de 5° sur l’horizon jusqu'aux 25 autres degrés (il s’agit donc d’une portion d’espace et pas d’un point ou d'angle singulier). Il préconise aussi le MC (Medium coeli ou milieu-du-ciel : MC), point que le soleil atteint au midi vrai d’un certain lieu. Il tient même le MC pour plus "puissant" que l’AS et n'attache d'importance qu'aux astres situés au-dessus de l’horizon. Le Soleil est considéré après , puis vient la Lune. Est également pris en compte un point particulier, virtuel, tenant lieu d’AS lunaire : il s’agit de la part de fortune. Paul CHOISNARD, dans son Langage astral ne révoque pas ce point marquant mais l’assimile comme d’autres facteurs astrologiques, à une distance angulaire en jugeant que c’est à l’observation statistique seule de trancher la question. Le chapitre 14 a ceci d’intéressant qu’il envisage le sens du mouvement des points marquants considéré dans l’ordre des signes du zodiaque (le sens inverse des aiguilles d’une montre) ou dans le sens inverse, définissant ainsi une idée très importante, à savoir ce que l’on appelle les directions directes (sens inverse des aiguilles) ou les directions converses (même sens). Nous reverrons tout ceci bientôt. Ptolémée invite, ce faisant, à observer soigneusement les "lieux des planètes maléfiques", qud la tradition rattache à Mars et Saturne, surtout dans le lieu de carré (distance angulaire de 90° séparant 2 points marquants) et d’opposition (distance angulaire de 180°). Il mentionne aussi la distance angulaire de 60° (sextil de la tradition) ce qui paraît déjà plus étonnant puisque le sextil est habituellement considéré comme un angle "favorable". En fait, il va même jusqu'à évoquer le trigone ce qui est encore plus à remarquer puisque cette distance angulaire (120°) est censée être parmi les plus "heureuses" et coïncider avec des événements favorables à un individu.

C’est au chapitre 15 que Ptolémée s’arrête plus longuement sur le nombre des années de vie qui, nous dit-il, "se tire de l’intervalle qui est entre le lieu aphélique et le lieu anérète". A partir de là commence réellement à se dessiner le concept de direction primaire (DP) par l’introduction de la notion de mouvement diurne. En effet, Ptolémée indique clairement que cet intervalle entre ces deux lieux ne peut être simplement déduit de la différence d’ascension oblique. Par là, Ptolémée considère les directions prises en AR (en ascension droite). Il développe ensuite directement le sujet en écrivant :

"savoir en combien de temps sur les degrés de l’équateur la Planète qui suit arrivera à la position occupée à la naissance par la Planète qui précède, ou en aspect de celle-ci..."

et de préciser que :

"...Le temps de chaque degré équatorial a la valeur d’une année solaire"

ceci nous renseignant sur la correspondance entre les degrés comptés pour une distance angulaire et les années de vie. Toujours au même chapitre, il s’appuie sur un exemple pour finir d’ériger ainsi en système les DP puis débute le chapitre 16 par les mots "Ayant achevé le traité de la durée de la vie...". Le lecteur intéressé trouvera la technique complète décrite dans le Tetrabiblon.

Le procédé décrit par Ptolémée est mathématiquement exact et Paul CHOISNARD -qui était polytechnicien- l’a décrit complètement dans son Langage astral (pp 149-170). Il est identique à l’un des principaux systèmes de calcul de DP nommées PLACIDUS. Ce savant italien a consacré un livre fondamental sur le sujet : Primum Mobile paru à Padoue en 1657 sur lequel je vais revenir. D’autres systèmes de DP existent, en particulier celui dû à Campanus (XIIIè siècle) et celui dû à Regiomontanus. Il semble qu’en fait, tout comme Placidus, Regiomontanus ne fit pas réellement oeuvre originale puisque la conception de ce procédé reviendrait à un rabbin d’Espagne, Ibn EZRA.

Ainsi, venons nous de passer en revue les éléments fondamentaux de notre sujet :

1)- les Anciens admettaient une correspondance entre certains points marquants (pm) d’un thème natal et des propriétés engageant la santé physique d’un individu (tout particulièrement le Soleil, la Lune, le MC et l’AS)

2)- un postulat est posé entre l’équivalence 1° équatorial et 1 année de vie. A noter que dans son Primum Mobile, Placidus donne 30 exemples de nativité particulièrement documentés ; il faudra attendre Paul Choisnard pour trouver à nouveau des exemples aussi bien analysés.

3)- le calcul des arcs de directions primaires (DP) entre les éléments du thème (pm) passe par la détermination de segments d’arc de cercle établis en fonction de l’horizon et du méridien (point zénith) du lieu de naissance.

4)- la correspondance entre les événements survenus dans la vie d’un individu passe par la détermination de la longueur de l’arc de cercle décrit entre 2 pm considérés ou distance angulaire. Les Anciens admettaient à cet égard des distances angulaires remarquables, certaines étant réputées "bénéfiques" et d’autres "maléfiques . Certaines conjonctions (0°), le sextil (60°) et le trigone (120°) sont considérés comme "bénéfiques". Le carré, l’opposition et d’autres conjonctions (0°) sont considérés comme "maléfiques". D’autres distances angulaires ont aussi été retenues par certains astrologues, en particulier par Kepler (1/5 de la circonférence, soit 72° appelé le quintil, 2/5 de la circonférence, soit 144° nommé biquintil et 3/8 de la circonférence, soit 135° dénommé sesqui-quadrature). Par ailleurs, Morin de Villefranche, dans son Astrologia Gallica (1661), nous parle au chapitre X de la portée de l’action bienfaisante et malfaisante des aspects planétaires. Notamment :

"...elle exerce une action malfaisante par l’opposition, par la quadrature et par l’aspect quinconce...".

Le quinconce, quant à lui, renvoie à 150° et apparemment a été différemment interprété par les grands auteurs. On vient de voir que Morin lui attribue des qualités "contraires" mais d’autres lui attribuent des vertus positives...A vrai dire, on ne s’est guère préoccupé de la réalité ou non de toutes ces distances angulaires soi-disant remarquables et aucune étude statistique sérieuse ne leur a vraiment été consacrée. De là, on comprendra que depuis Kepler et Morin, tous les livres publiés sur notre sujet se sont plus ou moins recopiés et il est de fait qu’aucune oeuvre vraiment originale n’a été entreprise depuis lors.

Pourquoi s’intéresser à un tel sujet ?

Les considérations que nous venons d’aborder semblent évidemment provenir d’un autre âge. D’après l’histoire des Sciences, elles renvoient à un processus de pensée pré scientifique, à caractère magique, où les nombres étaient considérés comme principe et signification de toute chose. Ainsi se mêlaient très étroitement symbolisme, analogie, mathématiques et astronomie. Il fallut attendre Newton et Lavoisier pour mettre totalement à bas l’édifice érigé par Aristote et Ptolémée...L’astrologie semblait tomber dans les oubliettes du savoir scientifique dès la création de l’académie des Sciences par Colbert à partir de 1699. Les scientifiques ont pu donner l’impression pendant un temps d’avoir beau jeu en affirmant que c’était Colbert lui-même qui avait interdit aux académiciens l’étude et la pratique de l’astrologie. En fait, une thèse de 3è cycle remet les choses à leur véritable place : il semble que le rejet de l’astrologie se situe dans un cadre beaucoup plus général puisque la théologie et la politique furent aussi écartées de l’académie. Dans un article récent publié dans la revue Diogène, Ornella Faraconi précise que le divorce avec la haute culture à la fin du XVIIe siècle est issu non pas tant de la crise interne à l’astrologie que bien plutôt de l’effondrement de la philosophie naturelle, à savoir l’effondrement de l’aristotélisme désormais supplanté par le triomphe de l’interprétation mécaniste du monde, correspondant à un changement de paradigme. C’est donc, à proprement parler, la nouvelle philosophie et non la Science -à partir de laquelle celle-ci s’est bâtie- qui a mis l’astrologie en marge de l’université. On peut également faire référence à Pierre Thuillier qui nous indique que les réfutations "scientifiques" n’ont pas été décisives :

"...En fait, cette prétendue science n’a pas été réfutée ; elle est tombée en désuétude".
Peut-on cependant invoquer réellement, à l’aube du 3ème millénaire, où nous voyons abonder les astrologues, que :
"...moins on est capable de dominer techniquement les forces extérieures, plus on a tendance à recourir à des moyens extra-techniques ?"

Le problème, pour nous est donc de savoir quel est le degré de connaissance objective que nous avons ou que nous pouvons avoir de l’astrologie. Et d’abord, l’astrologie est-elle un sujet de connaissance possible ? Cette réflexion renvoie pour partie aux postulats fondamentaux de la discipline : ceux-ci, on le sait, se sont constitués à partir de l’antique divination mésopotamienne. Ils se sont peu à peu codifiés et structurés avec les Grecs et, vers l’an 140 de notre ère, Ptolémée, dans son Tetrabiblon regroupait ces enseignements mais sans précision des sources (principalement chaldéennes et égyptiennes). Par la suite, donc, Ibn Ezra, Morin de Villefranche et Placidus de Titis posèrent tour à tour leur pierre sur ce fondement. Il semble que l’on puisse circonscrire à 1700 la fin de cet essor. Les Principes mathématiques de philosophie naturelle de Newton, marquant les débuts de la physique moderne, datent de 1687. C’est seulement un siècle plus tard, en 1787, que Lavoisier créera une nomenclature chimique rationnelle , fondant par là les bases de la chimie moderne. Ces deux édifices rendaient l’astrologie absolument incompatible avec les données de la Science...
C’est donc à partir des postulats fondamentaux tels qu’ils nous ont été transmis par Ptolémée, Placidus et Morin, principalement, qu’il nous faut prendre la mesure de l’astrologie. En effet, les sources modernes sont très pauvres. Les ouvrages d’André Barbault, de Henri-Joseph Gouchon, de Georges Muchery, de Jacques Réverchon et de Max Duval sont à notre avis, les seules que l’on pourra consulter avec un peu de profit sur notre sujet et encore, pour certaines, avec réserve. A vrai dire, Barbault ne fait simplement que citer les DP en introduction aux techniques prévisionnelles de La prévision de l’avenir par l’astrologie. Il mentionne un exemple : le thème de Gustave-Adolphe, roi de Suède (1594-1632) mais n’effectue aucun calcul personnel, se contentant de mentionner que Morin de Villefranche avait indiqué au cardinal de Richelieu qu’il considérait l’année 1632 comme étant la plus critique pour ce monarque. HJ Gouchon a longuement étudié les DP dans son Horoscope annuel simplifié qui fut longtemps un de mes livres de chevet (en 1973). Ce livre faisait suite à des études techniques menées de pair avec Réverchon (supplément technique, tables diverses) afin de simplifier le calcul des DP ; celles-ci, pour être déterminées correctement, exigent en effet des calculs trigonométriques précis, ceci n’étant pas pour rien dans la désaffection des astrologues modernes. HJ Gouchon a le mérite de citer beaucoup d’exemples dans son Horoscope annuel simplifié mais aucune tentative de systématisation n’est amorcée et assez vite, on retrouve la sempiternelle litanie des correspondances de directions entre planètes...Il donne son sentiment -a priori défavorable- sur les DP mondiales car dit-il "...les quelques essais effectués n’ont pas été concluants". Une partie du livre est consacrée à l’usage des formules trigonométriques. Est-il besoin de préciser que l’informatique a considérablement simplifié la tache des chercheurs ? Un simple programme de 10 lignes peut résumer ainsi 3 siècles de recherche ! A l’époque, avec une petite calculette de 50 pas de programme, j’arrivais à calculer des directions pour 1 thème en 10 minutes. Sur un PC équipé d’un Pentium II cadencé à 333 Mhz, il faut 1 seconde à peu près pour tout calculer...
Georges Muchery a fait paraître vers 1970 deux livres sur les moyens de pronostic en astrologie. Là, aucun exemple, l’emploi d’une méthode que l’on identifie sans problème à celle de Placidus. A noter l’absence de bibliographie et toujours les litanies habituelles. L’auteur donne une définition des directions converses qui montre -comme nous le verrons plus tard- une confusion quant au sens exact à attribuer au Primum Mobile. Max Duval dans Les moyens de pronostic en astrologie a le grand mérite de présenter de façon particulièrement structurée et bien documentée les DP envisagées d’abord dans le zodiaque (DPZ) puis dans le monde (DPM). Là encore, toutefois, pas d’exemple…
Si nous reprenons le chapitre 10 du livre III de Ptolémée, on retiendra cette phrase :

"Parmi les choses qui se considèrent à partir de la naissance, la principale question concerne la durée de la vie ".

Voici donc l’événement que nous retiendrons d’abord dans notre travail sur les DP.
    Certes, il serait vain et puéril de croire sur parole Ptolémée ou Placidus mais du moins pourra t-on essayer de vérifier si à telle ou telle DP ne pourrait pas correspondre un " temps fort " (maladie grave, accident, etc.) survenu dans la vie d’un individu. Ici, plusieurs notions sont à saisir :
1)- la définition précise de l’événement mis en jeu et sa date exacte ;
2)- le problème de la durée moyenne de la vie pour une période donnée, l’espérance de vie étant très significativement différente entre 1900, par exemple, et celle que l’on peut espérer en 1999 ;
3)- les caractéristiques de notre échantillon de personnes : il devra s’agir de gens connus afin que notre étude puisse être facilement contrôlée ; il sera indispensable d’éliminer des sources d’erreur (on dit des biais) pondérables ; ceci nous conduira à effectuer le dénombrement des planètes en signes zodiacaux et à situer les planètes dans le mouvement diurne par rapport aux deux axes principaux constitués par AS-DS (l’axe horizon) et MC-FC (l’axe méridien). Il sera enfin nécessaire de dénombrer les distances angulaires de chaque planète par rapport à une autre dans les ciels de naissance et ce dans le zodiaque et dans le monde (soit leur situation dans le zodiaque ou dans les " maisons ") sous peine de commettre de grossières erreurs d’interprétation.

2. Primum Mobile


Nous avons déjà mentionné le livre de Placidus ; il vaut que l’on s’y arrête d’abord pour faire le point des connaissances à l’époque, ensuite pour mesurer l’apport des auteurs modernes. Quelques surprises nous attendent…
Le livre se compose d'un certain nombre de thèses dont certaines peuvent peut-être prêter à sourire ; en fait, elles exigent d'être revues dans l'optique de l'époque ; d'autres par contre sont des plus importantes et laissent à penser que Placidus en savait beaucoup plus que certains astrologues actuels...
Ainsi : la thèse 1 où l'auteur considère le déterminisme pris dans son sens littéral :

"il ne peut y avoir aucune action dans le sujet qui ne soit imprimée par quelque vertu active"
.

(voir aussi Morin de Villefranche : Astrologica gallica et Ptolémée, Tetrabiblon, I-3).

Dans la thèse 2, Placidus laisse à entendre que ce serait essentiellement la lumière des astres qui constituerait une des propriétés essentielles des planètes et des étoiles quant à leur activité sur les choses humaines...La thèse 4 mentionne que :

"elles n'influent sur les sujets éphémères qu'en fonction de leur position et de leur proximité...là où les astres ne se lèvent pas, ils sont inactifs"
.

Il faut entendre par là que Placidus n'admet une activité des planètes que si elles sont situées au dessus de l'horizon. Dans la thèse 6, Placidus renvoie aux correspondances avec les organes, les parties du corps en partant de principes analogiques que les astrologues modernes ont conservé...je n'en dirai pas plus. La thèse 7 traite de l'opposition entre le principe actif (masculin) et le principe passif (féminin) ce qui est évidemment au sens moderne de l'expression à mettre en relation avec l'opposition classique extraversion-introversion. La thèse 8, assez singulière, renvoie à un processus de pensée d'ordre spécifiquement alchimique car Placidus y traite de commixion et de coction : un caractère franchement ésotérique transparaît. La thèse 10 intéresse plus directement notre sujet :

"...les luminaires génèrent avec les maléfiques (Mars et Saturne) ce qui est pernicieux ou hostile"
.

La thèse 11 traite du rapport entre significateurs "généraux", par exemple du soleil ou de Jupiter, rattachées à des causes particulières (mort...). La thèse 13 aborde le problème du cours "naturel" de l'existence s'opposant à des accidents (maladie grave, agression physique de l'individu pris au sens large...). Cette thèse est fondamentale et est à la base de certains des travaux que l'on verra présentés plus loin. La thèse 17 est elle aussi très importante en ce qu'elle met en exergue l'importance fondamentale entre la conception d'une division des secteurs de la sphère céleste affectés par le mouvement diurne soit en "maisons célestes" (cf. H. Selva) soit sous une disposition établie par Ptolémée et résultant d'un découpage "au moyen de 2 heures temporaires". Dans les thèses 19 et 20, Placidus revient sur l'importance à accorder à la lumière et aux couleurs, ainsi :

"la couleur de plomb et celle du fer résident de même en Saturne et Mars  et signent une nature inclémente...".

Plus loin, la thèse 28 traite directement de notre sujet et vaut d'être citée largement :


"les qualités vitales propres à la durée de la vie en mois et années dépendent des mouvements du Soleil dans le zodiaque et de ceux de la Lune par rapport à lui pour les causes immédiates. Mais celles-ci sont en réalité pré-ordonnées par le mouvement diurne autour du Monde et par celui de la Lune autour de la Terre par rapport au soleil...".

On ne saurait en vérité mieux dire en citant le mouvement diurne autour du Monde, ceci renvoyant directement au Primum Mobile et à la nuance fondamentale existant entre une direction par sens diret et sens convers.
Dans la thèse 33, Placidus définit précisément ce qu'il faut entendre par l'expression Primum Mobile ainsi que le mouvement des étoiles "autour du Monde" :
le Primum Mobile représente la sphère céleste que le mouvement diurne semble entraîner dans le sens des aiguilles d'une montre ;
la sphère du Monde (sphère à entendre au sens local) est liée au sol, c'est-à-dire à l'observateur et a pour coordonnées 3 droites, dirigées respectivement vers le zénith, l'Orient (ascendant = AS) et le midi du lieu considéré (Medium coeli = MC).
Autre chose importante :
Placidus précise que par "prometteur", il entend le point marquant qui demeure fixe dans le Primum Mobile mais se déplace, par contre, avec sa portion de zodiaque sous le cercle horaire de position tandis que par "significateur", il entend le point marquant qui se trouve à l'autre extrémité de l'arc de cercle (entendons : l'AS, le MC, Soleil et Lune).

Viennent ensuite les thèses du livre II de la Philosophie céleste : Placidus y parle en particulier de Vénus qui ne peut faire de sextil avec le Soleil, son élongation maximale n'étant que de 48° (à moins de n'envisager sa position en situation dans le monde). Dans les Canons qui suivent ces thèses, Placidus insiste bien sur le fait qu'il a peu à peu rejeté les aspects dans le zodiaque pour ne plus s'en tenir qu'aux aspects dans le monde. Paul Choisnard, dans Langage astral, l'évoque aussi (p. 154, ed n°6) mais sans beaucoup s'attarder sauf pour la Lune.

Finalement, que retenir de Placidus ?

  les points marquants à surveiller de près lors de l'époque du décès -nous l'entendrons en terme de "coup dur"- sont : l'ascendant (AS), le Soleil et la Lune, à rapporter à leurs aspects sur Mars et Saturne ;
  les aspects doivent être calculés dans le "Monde" et non dans le zodiaque, sauf peut-être pour les axes (cf. plus loin).
  il convient de tenir compte du sens direct ou converse de l'arc de direction. Selon moi, l'arc de direction converse -et ceci est vérifié par des statistiques portant sur 1300 cas- semble plus efficient que l'arc direct.


Notes

commixion : mélange homogène de 2 liquides --> voie humide, longue, de préparation de la pierre philosophale, l'autre étant la voie sèche (cf. Fulcanelli, le Mystère des cathédrales, Pauvert, 1964).
coction : opération de mélange par le feu
En effet, c'est une occasion rêvée que d'observer si à un événement dramatique peut correspondre un type précis de DP (attentat, assassinat...)
Il faut entendre par là les "effets" des directions mais dont Placidus ne nous donne pas les "termes", c'est-à-dire les échéances, problème majeur pour situer précisément une direction pour un événement déterminé !
aphète : "donneur" de vie ; appelé aussi Hyleg est selon la Tradition le principal significateur de santé ; c'est l'ensemble des 3 significateurs : Soleil, Lune et AS.
anoerète : "destructeur" de vie ; considéré comme le lieu du zodiaque (ou du monde) où l'aphète, arrivant en direction, peut menacer de mort.

Bibliographie

1. Eloge de l'astrologie, Ornella Pompeo Faraconi, in Diogène, 182, avril-juin 1998
2. D'Archimède à Einstein, Pierre Thuillier, Fayard, 1988 -notamment, le chapitre V Quelles ont été les vraies raisons du déclin de l'astrologie ?
3. Pour l'astrologie, Suzel Fuzeau-Braesch, Albin Michel, 1996
4. Philosophiae naturalis principia mathematica, Isaacus Newtonus, London, 1687
5. "Tocco di Paragone"/"Coelestis Philosophia-thèses-1", trad G. Bezza - Nuovi Orizzonti - Milano, 1992
 
 

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