en cours ; revu le 8 octobre 2003partie I [1905 - 1964] - partie II [1965 - ]
Préambule II : comment transformer un morceau d'un disque vinyl en ficher midi ?1)- Dans un premier temps, il faut enregistrer le morceau sous forme d'un fichier wave sur votre DD ; vous pouvez le faire de deux façons :
- soit votre chaîne stéréo est située près de votre ordinateur : il suffira d'établir une liaison entre la sortie chaîne et l'entrée de votre carte son ;
- soit [et c'est mon cas] votre chaîne est trop loin de votre PC : dans ces conditions,il vous faudra enregistrer sur cassette audio votre disque vinyl. Je vous conseille évidemment de réaliser un enregistrement de bonne qualité sur votre appareil à cassettes : utilisez de préférence une cassette au chrome et le Dolby B ou C [méfiez-vous du Dolby C qui génère sur certains instruments sensibles des distorsions intolérables, en particulier pour le clavecin] ;2)- il vous faut ensuite un logiciel d'enregistrement au format wav. Utilisez le Total Recorder.
Peu importe que le son soit enregistré en mono ou en stéréo, car in fine, lorsque le fichier sera transformé en midi, ce sera en mono. Selon la longueur du morceau, il vous faudra réserver un espace disque important. Dans le cas présent, cette sonate de Scarlatti pèse 13.9 Mo et ne dure que 2:37...Une fois le fichier wav enregistré, il faudra faire appel à un autre logiciel, de transformation du fichier wav en fichier midi.
3)- Cette transformation est difficile et requiert du doigté ; il n'y a pas de règle établie, mais quelques principes généraux. Le logiciel à utiliser est Akoff Music Composer :
D'abord, vous devez savoir que :
- le premier principe est de ne traiter qu'un seul instrument, en l'occurrence le piano ;
- le second principe est toujours d'avoir « pas assez » que « trop » de notes ; en effet, dans le processus de retranscription, il y a des effets d'écho indésirables ; aussi bien doit-on baisser le niveau d'enregistrement jusqu'à un certain terme qui varie toujours d'un morceau à un autre ;
- le troisième principe est que le format midi va réduire fatalement votre enregistrement et que, dans le meilleur des cas, vous n'aurez qu'une copie infidèle. Toutefois, cette copie paraît indispensable pour le chercheur qui peut reconstituer, s'il connaît le solfège et s'il dispose des mêmes vinyls, une improvisation complète de jazz, ce qui est le rêve que j'ai poursuivi pendant des années. A cet effet, un autre logiciel doit être employé :4)- Noteworthy Composer, qui permet d'obtenir une partition, là encore infidèle, mais indispensable au chercheur. Aussi bien les fichiers midi que vous trouverez ici ne poursuivent aucun intérêt commercial, mais le seul attrait de la recherche et du partage des connaissances.
Vous voyez ci-dessus le début de l'improvisation correspondant au morceau intitulé Blues in Thirds, in Earl Hines à Londres, en 1965, cf. infra.
1965
1965 est une année clef. Earl participe au festival de Pittsburh, sa ville natale, dans un concert où se produisent Duke Elllington, Willie Smith « The Lion », Billy Taylor, et de nombreux autres artistes. Un LP a été édité en 1977 qui nous lègue de superbes morceaux, dont un solo. A partir de ce moment là, on peut dire qu'Earl devient intemporel. Toute trace d'archaïsme a été supprimée de sa musique, ou mieux, a été sublimée. La suite, notamment en 1971, montrera ainsi de quelle façon Earl arrive à réinventer littéralement de vieux blues de W.C. Handy et d'autres thèmes de Hoagy Carmichael. 1965, c'est l'année où Earl revient en Europe, invité par le « pape » du jazz français : Hugues Panassié. On ne dira jamais assez ce que de nombreux musiciens de jazz doivent à Panassié. Oublions donc les querelles de clocher qui firent, hélas, bien du bruit et des dégats naguère et ne gardons à l'esprit que l'essentiel. Panassié invita plusieurs fois Earl et d'autres, dans sa retraite près de Montauban où trônait une des plus belles collections de vieilles cires qui ait été. Hugues Panassié a toujours dit qu'Earl lui devait sa résurrection. Est-ce bien exact ? Franchement, nous en doutons, car on l'a vu en fin de partie I, la véritable renaissance date de ce concert du Little Theater à New-York, en 1964. Mais il serait stupide de nier que H.P. fit son possible pour préparer des concerts en France du grand soliste, puisque Earl avait réussi, par delà trente années, à renouer avec la rêve de son adolesence artistique : être pianiste de concert. Certes, on ne trouvera pas de LP où le pianiste joue Chopin, Liszt ou Schumann. Mais il saura reprendre bien des choses à son compte pour les transmuter en sa matière propre, issue de l'âme du jazz. Il n'oubliera jamais le ragtime de son enfance, le grand Eubie blake, Fats Waller et rendra hommage à des musiciens bien plus jeunes que lui, comme Earl « Bud » Powell auquel Francis Paudras a consacré de merveilleux ouvrages ou comme, encore, Thelonious Monk, en qui il saluait un créateur génial. L'histoire ne dit pas ce qu'il pensait des travaux en modal de Bill Evans ou de Cecil Taylor ; ce qu'on sait en revanche, c'est que C. Taylor considérait comme un honneur d'être dans un concert où Earl jouait. Non content d'être un phénix, Earl se plut aussi à jouer au caméléon. A partir de 1965 en effet, chaque disque aura son cachet propre et son style propre : jamais le pianiste n'interprétera deux fois le même thème de façon identique. Il avait alors 60 ans [ou 63 ans, si l'on compte comme certains, qu'il est né en 1903 et non en 1905]. Si l'on fait une comparaison par rapport à Art Tatum, voici ce que l'on peut dire : là où E.H. pense accord, Tatum pense développement. Là où E.H. pense changement de rythme, Tatum pense ornementation. Là, enfin, où E.H. pense structuration dans le temps, Tatum pense : structuration dans l'espace. La différence principale entre ces deux figures d'élite de la musique noire américaine est dans leur traitement différent de la forme. E.H. est linéaire quand Tatum procède par blocs sédimentaires. Cela donne de curieux résultats. Ces résultats, c'est dans le coffret de 13 LP, réédités selon l'ordre original d'enregistrement en 6 CD bien plus tard, grâce à la persévérance de Norman Granz [décédé en 2001], que l'on peut au mieux les apprécier. Le style d'Art Tatum avait muri et il n'était plus limité aux 3 minutes fatidiques de l'enregistrement en 78 tours [ces LP ont été enregistrés en 1953 et 1954]. La comparaison de certains titres enregistrés en commun par Earl Hines et Art Tatum laisse assez perplexe. J'aurai l'occasion d'y revenir. Mais on se tromperait totalement si l'on jugeait l'un et l'autre par leur virtuosité comparée. A cela s'ajoute que Tatum est mort à 47 ans alors qu'Earl entamait une nouvelle carrière à 60 ans ! Comment aurait évolué le style de Tatum ? Rien ne permet de le savoir. La seule chose évidente à l'écoute, est que Tatum semblait de plus en plus concentré sur l'harmonie exercée par les grands maîtres modernes, comme Rachmaninov ou, surtout, Alexandre Scriabine. Il y a un passage, dans ___ qui fait froid dans le dos, tellement on s'imagine comment aurait pu évoluer Tatum s'il avait vécu. Et l'on se prend à rêver d'un musicien qui aurait combiné au jazz la modalité et la tonalité élargie des Européens de la fin du XIXe siècle et d'autres, américains, comme Charles Ives en particulier. Earl hines était-il concerné par de si grandes visions ? Rien ne permet de l'affirmer et c'est en vain qu'on cherche, dans les interviews, des indices sur le style de musique, dite classique, qu'il aimait. Nous ne saurons jamais ce que ces pianistes pensaient d'Arnold Schoenberg ou de Claude Debussy. C'est bien dommage. S'il fallait, en effet, essayer de rapprocher les styles de Tatum ou de Hines de musiciens classiques, c'est donc sans hésitation que je rapprocherai Tatum des fulgurances de Scriabine tandis que, par l'utilisation particulière de la percussion et des dissonances, j'aurai tendance à rapprocher Hines de Bartok.
En 1965, Earl put graver plusieurs disques en solo. L'un à Paris chez Ducretet-Thomson ; les deux autres à Londres : le premier, chez Freedom, Black Lion et le second, chez Jazz and blues. En dehors de ces LP, Earl participa à un concert au Village Vanguard à New-York, dont il nous reste 3 LP, en compagnie de Budd Johnson, de Coleman Hawkins et de son vieil ami, Roy Eldridge. D'autres disques sont sortis en CD que, malheureusement, je n'ai pas eu la possibilité d'acquérir.
Earl Hines en 1965 - photo David RedfernNous allons commencer avec l'album Tea For Two, enregistré le 20 avril 1965, à Londres, au PYE Studios. Le ton dominant est le blues associé à l'arpège.
- Tea For Two [Caesar - Youmans]
- Velvet Moon [De Lange - Myron]
- Blues After Midnight [Hines]
- Shiny Stockings [Foster]
- Blues In Thirds [Hines]
- When I dream Of You [Hines - Carpenter]
- Sweet Lorraine [Burwell - Parish]
- Stan Dance [Clayton]Tea for Two est peut-être le standard de base de toute la musique de jazz. Et pourtant, Earl arrive à en tirer des perles. Voici, après le prélude, l'exposition du thème :
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Tea For Two (1' 08") Plus loin, Earl joue en style stride à un tempo d'enfer :
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Tea For Two (4' 17") Velvet Moon est une superbe ballade qui permet à Earl de mettre en évidence ses qualités de mélodiste. Voici l'exposition du thème :
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Velvet Moon (0' 27")
Blues After Midnight est une composition originale d'Earl.
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Blues After Midnight (3' 43") Trémolo dans l'aigu et basses de continuo à la main gauche : la complainte du blues.
Shiny Stockings est une des pièces de résistance de l'album, mais ce n'est pas un exercice de style sec. Au contraire, la virtuosité y est mise à contribution dans le but d'exploiter à fond toutes les ressources du thème et les registres du piano. Voici l'exposition du thème :
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Shiny Stockings (0' 14") Désormais, je ne donnerai plus, sauf cas exceptionnel, d'exemples musicaux pour chaque morceau ; le lecteur n'aura qu'à télécharger la version de démonstration de Noteworthy composer sur son PC et le fichier midi qui l'intéresse.
[...]
1969
L'année 1969 est marquée par un cadeau royal qu'un riche journaliste fit à Earl. Un piano de collection de marque Steinway, tout à fait exceptionnel. C'est le 26 juillet 1969 qu'eût lieu cet événement mémorable : Scott Newhall, du San Francisco Chronicle, organisa cette fête totalement à l'insu du pianiste qui avait pourtant répété dans la salle de concert l'après-midi même ! Earl s'est exprimé là-dessus dans l'ouvrage que lui consacre Stanley Dance (pp. 120-121). Le concert devait se tenir au Sheraton Palace Hotel à San Francisco. Cet instrument, unique en son genre, fut fabriqué en 1904 - il date donc à peu près de la naissance du pianiste - pour M. Leander Sherman de la firme Sherman et Clay. De l'avis d'Earl, il s'agit de l'un des plus beaux instruments qu'il a touché. Lorsque l'instrument fut installé chez lui et qu'il descendait dans son living-room le matin, il ne pouvait en croire ses yeux ! Il nous reste plusieurs photos de ce piano dont l'une au moins a dû être prise lors d'un gala. Cette photo orne du reste l'un des disques d'Earl, autre version du Solo Walk in Tokyo, publié pour la première fois en 1975. Le pianiste, pour rendre hommage à Scott Newhall, décida d'enregistrer chez lui - d'où le titre de l'album, At Home - une série de titres, sept, où son génie s'exprime avec toute la noblesse possible. Il s'agit d'un des plus beaux disques d'Earl et, sans doute, de l'un des plus beaux enregistrements d'un piano. Je ne vois guère que les disques d'Arturo Benedetti Michelangeli [Debussy, Préludes, 2e Livre, DG] ou de Krystian Zimerman [Chopin, Ballades, DG] qui puissent rivaliser avec ce genre de prouesse artistique. Hélas, contrairement à ce qu'écrivait Félix Sportis, à la mort du pianiste, dans la revue Jazz Hot, en 1983, il semble qu'aucun autre enregistreemnt n'ait été pratiqué sur cet instrument. Voilà qui reste incroyable que pas un producteur n'ait décidé Earl à renouveler ce miracle !
At Home, 1969 - Oakland -
Ce piano, fabriqué en 1904, est donc une véritable pièce de collection en palissandre massif avec ornements, dorures, le tout embelli par trois groupes de quatre pieds de style Régence. Sur une plaque en argent, le riche donateur a fait inscrire ces mots :
OFFERT PAR LES AMATEURS DE JAZZ DU MONDE ENTIER, CE PIANO UNIQUE EN SON GENRE EXPRIME L'IMMENSE GÉNIE D'UN HOMME QUI N'A JAMAIS JOUÉ UNE SEULE NOTE TRISTE DE SA VIE SUR UNE PLANÈTE QUI A BIEN SOUVENT SUCCOMBÉ AU DESESPOIR.
PRESENTED BY JAZZ LOVERS FROM ALL OVER THE WORLD. THIS PIANO IS THE ONLY OF ITS KIND IN THE WORLD AND EXPRESSES THE GREAT GENIUS OF A MAN WHO HAS NEVER PLAYED A MELANCHOLY NOTE IN HIS LIFETIME ON A PLANET THAT HAS OFTEN SUCCUMBED TO DESPAIR.
Quatre des morceaux de ce disque sont des compositions d'Earl : tels sont Minor Nothing, Moonmare, Cannery Walk que le pianiste a repris sur d'autres LP, à la différence des autres qui n'ont jamais été repris. Love At Night Is Out To Sight étant composé avec la collaboration de Nat Pierce. You Are Too Beautiful et You'l Never Know sont deux standarts qu'Earl réactive. It Happens To Be Me est un morceau sur lequel Earl travaillait semble-t-il avec Nat King Cole au moment de son décès. Earl aimant enregistrer seul dans un studio, Stanley Dance et l'ingénieur du son, après avoir « calé » la bande, sortaient de la pièce où Earl jouait. Ce piano n'a jamais quitté E.H. et il l'a accompagné lorsqu'il a déménagé, pour des raisons que j'ignore - après son divorce semble-t-il - en 1980. Il en parle lors d'un entretien réalisé en 1982, quelques mois avant sa mort, auprès de Robert L. Doerschuk [88, The Giants of Jazz Piano, Backbeat Books, San Francisco, 2001 - pp. 28-29].
Ce piano, après la mort d'Earl Hines, fut vendu aux enchères en 1999. Voici ce que l'on pouvait lire dans les colonnes des nouvelles de Berkeley :
One-of-a-kind, antique piano belonging to late jazz great Earl Hines given to UC Berkeley music outreach program
In 1969, an extremely rare, antique piano was given to jazz legend Earl "Fatha" Hines at a gala San Francisco event honoring his musical contributions. Thirty years later, this remarkable instrument is in the spotlight once more, this time to support the highly successful Young Musicians Program - a UC Berkeley outreach program for musically talented low-income youth.Hines, who died in 1983 at age 78, helped pioneer modern jazz in the 1920s, and his music influenced some of the 20th century's greatest artists. He was a major innovator in the development of jazz piano and helped introduce and popularize big band, swing and bebop music. With a keen eye for young talent, he directly influenced the careers of jazz greats Charlie Parker, Sarah Vaughn, Billy Eckstein and Dizzy Gillespie. His 60-year career included legendary collaborations with Louis Armstrong and performances for presidents, queens and dignitaries the world over. One of the greatest highlights of Hines' life was the gift of an ornate, one-of-a-kind, 1904 Steinway grand piano presented to him by jazz aficionado Scott Newhall, former managing editor of the San Francisco Chronicle. The piano was featured in some of Hines' private recordings and held a place of honor in his Oakland home until his death. To fulfill Hines' final wishes, executors of his estate decided to auction the piano to raise money for the Young Musicians Program. "Hines specified in his will that a portion of his assets be used to further the music education of African American children," said Olly Wilson, a UC Berkeley music professor and co-administrator of the estate. Hines had a profound interest in nurturing young talent, according to Wilson. He served as a Regents' lecturer at UC Berkeley's music department in the late 1970s, teaching classes on his music and career. On Oct. 25, the piano will be auctioned by Christie's at a star-studded tribute and gala. Wilson believes the instrument could fetch up to $ 1 million. Proceeds from the auction will help secure the future of the music program. The Young Musicians Program provides a comprehensive music education for 70 exceptionally gifted junior high and high school students from low-income circumstances. Participants receive year-round private instruction and attend an intensive seven-week summer session on the UC Berkeley campus. The full scholarship program allows students to study with professional musicians, including symphony members and universityfaculty. Program alumni include such luminaries as saxophonist Joshua Redman, pianist Benny Green and Will Kennedy, the Grammy Award-winning drummer for the Yellowjackets. "If the program is to survive into the next century, it is imperative that we increase and stabilize our financial support," said Marsha Jaeger, program director. "The auction of Hines' piano will help fund an endowment for scholarships, allowing us to continue the discovery and development of musically-gifted youngsters." The mint-condition piano, custom-made at the turn of the century for Leander Clay, co-founder of San Francisco's Sherman and Clay piano company, features a unique structural design, intricate baroque-style wood carvings inlaid with gold, lyre-shaped pedals and a sculpted music holder. While the piano is extremely valuable in its own right, it has special significance because of its connection to Hines. "Hines was an original," said Billy Taylor, a world-renowned jazz pianist and director of the CBS Sunday Morning jazz segment and National Public Radio's "Live From Kennedy Center." "Hines is to piano what Louis Armstrong is to trumpet." Taylor will serve as master -of-ceremonies when Hines' piano is auctioned off this fall in San Francisco's Sheraton Palace, where Hines first received the piano some 30 years ago. Conceived as a glamorous Academy Awards-style gala, the Earl "Fatha" Hines Tribute and Gala Auction will begin with a champagne reception and silent auction, followed by a gourmet dinner. The evening will feature live entertainment by some of today's most acclaimed jazz pianists, culminating with a live auction by Christie's - of which the centerpiece will be the Hines piano.
By D. Lyn Hunter, Public Affairs
le piano Steinway de 1904, offert par Scott Newhall à Earl Hines
THE EARL "FATHA" HINES PIANOOne of the highlights and thrills of Hines’ life was being presented with a magnificent antique Steinway grand piano by the San Francisco Chronicle Managing Editor Scott Newhall at a gala event in Hines’ honor held at the Sheraton Palace Hotel in San Francisco in 1969. He featured the piano in one of his most private recordings, Earl Hines at Home, and it held a place of honor in his Oakland home until his death on April 23, 1983. This exquisite instrument was custom built in 1904 for Mrs. Leander S. Sherman, the wife of the co-founder of Sherman Clay & Co. It embodies a distinctive interpretation of the Regency style, with three sets of fluted quadruple legs, hand-carved and gilded trim, pedal lyre, and a glowing mahogany finish. The Earl "Fatha" Hines piano will be on view at Sherman Clay & Company, 647 Mission Street in San Francisco until mid-October.
Earl "Fatha" Hines piano auction to benefit UC Berkeley's Young Musicians Program
BERKELEY
MEDIA ADVISORY: ATTENTION FEATURE, MUSIC, AND ENTERTAINMENT EDITORS
WHAT:The unveiling of a recently restored, one-of-a-kind 1904 Steinway grand piano belonging to the late jazz legend Earl "Fatha" Hines and the announcement of a star-studded gala and Christie's live auction this fall, of which the centerpiece will be the Hines piano.
The gala and auction benefits the University of California, Berkeley's Young Musicians Program, an outreach program for musically-gifted, low-income junior high and high school students. A wine reception will follow.
WHEN: 4 p.m., Tuesday, July 13
WHERE: Sherman and Clay Pianos, 647 Mission Street, San Francisco
SPEAKERS: Olly Wilson, UC Berkeley music professor, personal friend of Hines and co-administrator of his estate; Marsha Jaeger, director of the Young Musicians Program; Anthony Thomas, district manager, Sherman and Clay Pianos.
PERFORMERS:The Hines piano will be played by Bill Bell, a UC Berkeley adjunct professor of music and nationally -known jazz pianist and by Hitomi Oba, a Berkeley High School freshman and fourth year Young Musicians Program student.
BACKGROUND: Hines, who died in 1983 at age 78, helped pioneer modern jazz in the 1920s. His music influenced some of the 20th century's greatest artists, including Charlie Parker, Sarah Vaughn and Dizzy Gillespie. Hines had a profound interest in nurturing young talent and specified in his will that a portion of his assets be used for music education.
The Regency-style piano, custom-built for Leander Clay, co-founder of Sherman and Clay Pianos, features a unique structural design, intricate baroque-style wood carvings inlaid with gold, lyre-shaped pedals and a sculpted music holder.
The piano was a gift to Hines from Scott Newhall, former managing editor of the San Francisco Chronicle, to honor his life-long musical contributions. Hines used the piano, which he kept in his Oakland apartment, on several recordings, including "Earl 'Fatha' Hines at Home." [rappelons que nous n'avons point trouvé trace d'autres enregistrements sur cette pièce de collection]
The 95-year-old piano, in storage for the last 12 years, has been restored to mint condition, courtesy of Sherman and Clay Pianos, one of several auction sponsors. The piano will be on display at Sherman and Clay Pianos' San Francisco store until the auction this fall.
It is believed the piano could fetch up to $1 million at the tribute and gala auction. Proceeds will help secure the future of the Young Musicians Program, which has spawned such musical greats as Joshua Redman, Benny Green and Yellowjackets drummer Will Kennedy.By Caryl Levine, Young Musicians Program
A présent, quelques lignes sur Scott Newhall, le généreux donateur :
Scott Newhall (1914 - 1992)
Executive editor of the San Francisco Chronicle from 1952 to 1971. He provided the leadership and creative spark that enlivened and strengthened the paper, attracted thousands of new readers, and gained for the Chronicle its dominance as the largest circulation daily in Northern California. Scott Newhall, great-grandson of town founder Henry Mayo Newhall, and Ruth Waldo, an art major at UC Berkeley, married Nov. 30, 1933 in Reno. They would have four children: Skip, born April 15, 1938; twins Tony and John, born March 18, 1941; and daughter Penny, who died in a car crash in 1955. The couple lived in the San Francisco Bay Area until 1968, when they moved into the Piru Mansion. Ruth and Scott Newhall, both veterans of the San Francisco Chronicle, purchased their namesake newspaper, The Newhall Signal, in 1963. For the next 25 years they recorded — and influenced — the goings-on in the Santa Clarita Valley as the area grew from a sleepy L.A. backwater into a self-sustaining family community.A présent, voici les morceaux, enregistrés au format midi à partir du CD original. Notez que l'album vinyl a paru initialement en 1969 [Delmark DS 212] puis en 1974, toujours sous le label Delmark 900.240 [avec une autre pochette, cf. infra] et a connu deux éditions, dont l'une ornée d'une photo de Paul Garabed, manifestement d'époque et prise chez le pianiste.
Je ne saurai trop recommander aux amateurs d'essayer d'acquérir le CD [il a fallu attendre 1997, soit 23 ans après sa première sortie sous forme de LP, pour que l'album soit réédité en CD ! ] malgré son minutage peu généreux. Il offre la quintessence des talents du pianiste, même si d'autres merveilles, surtout pour l'année 1971, nous attendent.
At Home - LP de 1974 ( la photo date de 1969)
On a parfois reproché, de façon absolument inconsistante, une certaine retenue, dans ces morceaux. Alors que c'est précisément ici que se dévoile réellement l'art consommé d'Earl en matière de forme. Nous sommes donc loin des bouillonnements volcaniques que le pianiste a pu produire auparavant ou qu'il produira encore, surtout en 1974, dans ses prestations françaises, notamment à Nice et à Orange. Ici, comme l'écrivait avec délicatesse Philippe Baudoin, rien que pudeur, lyrisme et discrétion. C'est assez dire qu'Earl avait en lui deux personnalités, tel Janus, avec une face jupitérienne, extravertie, et une autre saturnienne, introvertie. Mais au contraire de Bill Evans, la marque de Mars est omniprésente dans ce caractère trempé dans le chêne et rien n'est jamais venu abattre cette machine à swinguer.
- You Are Too Beautiful [Rodgers - Hart]
- Love At Night Is Out Of Sight [Hines - Pierce - Dance]
- It Happens To Be Me [Hines] [le morceau ne peut malheureusement pas être transcrit au format midi à cause de la voix]
- Minor Nothing [Hines]
- Moon Mare [Hines]
- You'll Never Know [Warren]
- The Cannery Walk [Hines]
1970
Cette année est marquée par le début d'une collaboration remarquable du pianiste avec la firme Chiaroscuro, dirigée par Hank O' Neal, qui nous a valu presque une dizaine de titres dont certains des plus beaux et des plus aboutis disques en solo. Cette collaboration prendra fin en 1977. Pour des raisons qui me sont restées obscures, alors qu'Earl a continué d'enregistrer en 1978 et au moins en début de 1979, on ne le verra plus arpenter les studios de New York où trônaient les Steinway et les Bechstein... Pour l'heure, l'album que nous évoquons n'a pas de date référencée mais le texte de la pochette va nous permettre de rattraper cet oubli malheureux. Stanley Dance écrit que la veille de cet enregistrement, Earl avait terminé un engagement à la Colonial Tavern à Toronto. Un regard sur la Chronologie établie par S. Dance nous permet donc de dater avec certitude le nouvel album de mars, à la fin du mois probablement. Du reste, le disque LP marque le n°1 de la marque Chiaroscuro [CR 101]... le dernier devait être le n°100 ! Earl Hines renouait avec ses débuts en enregistrant 8 titres qui firent sa gloire pour la firme Q.R.S. en 1928. Gloire d'ailleurs toute relative, puisque de son propre aveu, il y eut là beaucoup plus « succès d'estime que succès d'argent ! » Evidemment la musique actuelle - qui mérite sans doute tous les qualificatifs sauf celui de « moderne » - n'a pas suivi ce sage précepte !
- par l'enregistrement de solos isolés. On en trouve 3 dans un disque qui fait la part belle au groupe d'Earl, avec lequel il se produisait habituellement en club et dont la composition a varié pas mal de fois entre 1967 et 1982, année où manifestement Earl dut se résoudre, pour raison de santé, à limiter de façon drastique ses concerts.1977
Année miraculeuse pour E.H. qui va signer peut-être ses plus beaux enregistrements. Il s'agit d'une série de 3 LP en solo, où le pianiste joue sur l'un des plus beaux pianos qui soient. Cette série est suivie d'un autre enregistrement, l'avant dernier que le pianiste ait joué en solo - à moins que des enregistrements live ne viennent nous démentir... Cette année 1977 est en outre marquée par un disque en petite formation avec la collaboration du vibraphoniste Lionel Hampton - qui rappelle bien sûr les deux LP que Hampton enregistra en 1955 avec Art Tatum (plus un autre disque en moyenne formation). Ce LP fut capté le 26 septembre 1977 [Who'sWho In Jazz, WWLP 21004] ; y jouaient : Milt Hinton [bass], Gradey Tate [drums], Sam Turner [conga drums]. Un morceau s'y distingue : Earl's Pearl où Earl développe le thème de
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la photo doit dater de 1975 ; on reconnaît de part et d'autre, Charlie Mingus à gauche et Lionel Hampton à droite
façon dramatique en y insufflant une verve lyrique remarquable. Les autres titres sont moins originaux. A noter une version de St Louis Blues sans le boogie-woogie [on en connaît une autre version, enregistrée en solo, en 1971]. Deux ou trois autres morceaux ont été repiqués sur d'autres LP, en particulier dans le volume Giants Of Jazz, vol. 2, Philips, avec un thème original : Fatha Meets Gates. Ces morceaux étant joués à plusieurs, ils ne sont malheureusement pas repiquables en fichiers midi. Un autre LP de cette année date du mois mai 77, publié chez Catalyst : Jazz Is His Old Lady...And My Old Man, en compagnie de sa formation habituelle et de sa chanteuse Marva Josie.
la photo date de 1977![]()
Dans ce disque, E.H. reprend des thèmes à la mode mais rien de vraiment nouveau ou original : Jazz Is His Old Lady And My Old Man - Just Squeeze Me - Yellow Days - There'll Be Some Changes Made - Blue Skies - Hey Love - Make It Easy On Yourself - Feelings - Candy.
Nous en venons maintenant à la pièce de résistance. Les trois LP suivants ont été enregistrés à Chicago, les 9, 22 septembre 1977 et le 17 octobre 1977. Voici les notes de Stanley Dance sur les trois volumes :
Earl Hines, piano Chicago, 22 September 1977- If I Had You (7'35)This is the first of three albums Earl Hines made in Chicago in 1977 on a piano that truly delighted him. It was a Schiedmeyer [sic] grand1, the proud product of a Stuttgart firm that makes very few instruments, but all with the kind of care unlikely to survive the twentieth century. Bernard Fox of M. F. Productions had discovered an almost new one in the studio of The Chicago Recording Company on North Michigan. Whether there are others in other Amencan studios, l do not know, but if there are, pianists will surely beat their way to their doors. Hines, Iike Art Tatum, has an astonishing ability to make a poor piano sound good, but he is naturally happier on a good piano, and on a superb piano Ilke the Schiedmeyer he radiates euphoria of a most infectious kind. Since he was in the middie of a six-week engagement at the Ritz-Carlton Hotel, it was a fairly logical idea for me to walk him a few blocks and confront him with the glittering instrument. He sat down and ran his fingers up and down the keyboard Then he grinned widely, lit his pipe, and asked for some coffee. Three hours later, an album-and-a-half had been completed. The six selections here are all standards that evoked memories for him of other days and other artists in Chicago. The One l Love Belongs to Somebody EIse, for example, was the first number he ever played with Louis Armstrong. Written respectively in 1928, 1924, 1931, 1930,1935 and 1933, the songs belong to the period when Hines first emerged as a brilliant and original soloist, and then as a bandleader of the top class. By the time he recorded these versions, he had undoubtediy played all of them many, many times, but, we may be sure, always differently in a band context, the arrangements would dictate the length of his solo and to some degree its shape but by himself (as here) anything can happen, and does. He has a notous imagination that carnes him into extraordinarly perilous situations, from which an intuitive sixth sense always extricates him comfortably. There are no records of the "cutting contests" at which the great legends of the Harlem "stride" school fought to artistic death or glory, but in the descriptions of them that exist masters Iike James P Johnson and Willie "The Lion" Smith are always pulling out fresh tricks, so that each and every chorus of their long performances was entirely different. Three-minute records could not encompass that sort of thing, but in his extended interpretations today Earl Hines gives a very good impression of the kind of transitions his predecessors put their numbers through His is true improvisation, too, because all of these performances were made in one take. No splicing, that is, and no editing.
SD.
Notes
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piano Schiedmayer Voici quelques mots sur la firme Schiedmayer :
Founded in 1809 by Johann Lorenz Schiedmayer (1786-1860) using the brand mark
Besides: Always his father Johann David Schiedmeyer was producer of music instruments in Erlangen (b. 1753 zu Erlangen, changed in 1797 to Nürnberg , d. in Nürnberg 3/20/1805).
Two sons of Johann Lorenz Schiedmayer, Adolf (d. 10/16/1890 in Stuttgart) and Hermann, followed their father in managing the company.
They had two brothers too, Julius (b. 2/17/1822 in Stuttgart, d. Februar 1878) and Paul (b.1829, d. 6/18/1890 in Kissingen), who founded a harmonium factory in 1853 under their own brand mark »Julius & Paul Schiedmayer«, which later changed to a great piano factory.
Georg Schiedmayer was the last of his family, who built upright an grand pianos in this 1809 established firm. His interest changed and he started building "celeste" and "glockenspiel" and in 1980 he sold the traditional pianocompany
SCHIEDMAYER (est. 1809)
to his friend Mr. IBACH.Books:
A. Eisenmann: Vorgeschichte, Gründung und fernere Entwicklung der Firma Schiedmayer und Söhne, Stuttgart 1909
M. Rupprecht: Die Klavierbauerfamilie Schiedmayer, Dissertation Erlangen 1954
- The One I Love Belongs To Somebody Else (8'30)
- Just Friends (8'35)
- Can't We Talk It Over (10'30)
- East Of The Sun (8'30)
- I Cover The Waterfront (4'30)Tous ces morceaux sont inspirés d'une façon absolument unique. Earl transcende la notion même de Jazz, qui laisse place à de la musique intemporelle, au même titre que les sonates de Schubert ou de Beethoven. A cet égard, une mention spéciale doit être réservée à plusieurs joyaux de ce premier LP.
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la photo date de 1978, avant mai.
If I Had You est pris dans un tempo seigneurial. Les brisures rythmiques et les renversements d'accords y sont omni-présents et l'on est fasciné immédiatement par la beauté du chant du piano, malheureusement chose qu'il n'est pas possible de faire passer à travers un fichier midi. Voici un passage transitionnel, typique de la dernière manière d'Earl.
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If Y Had You (4'18)The One I Love... est un véritable tour de force. Voici l'un de ses passages transitionnels :
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The One I Love (1'14)Et la réexposition du thème, totalement pulvérisé :
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The One I Love (1' 27)Et d'un autre où le thème, en forme de motif fugué, réapparaît transfiguré :
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The One I Love (1'43)Il faudrait multiplier par 100 la longueur de cette page, ce qui semble difficile. Aussi passerons-nous au second album, non sans avoir rappelé qu'il suffit au lecteur de faire lire les fichiers midi par le logiciel Noteworthy Composer pour avoir accès à une partition sommaire...
Chicago, 22 September and 17 October, 1977Dans ce second album, Earl renoue avec la grande tradition new orléannaise.
Schiedmayer and son's The second of three albums of piano solos recorded on the Schiedmeyer [sic] grand in Chicago, this contains two numbers by Jelly Roll Morton, an established, loud-talking and somewhat awesome pianist from New Orleans who seemed to dominate Chicago when Earl Hines first arrived there Unlike the stride pianists in the East, Hines always evinced considerable respect for him. "Music wasn't his only source of income, because he was very well thought of as a gambler," he said in The World of Earl Hines "As a
pianist, he had good tempo, and he used to write things that went well with a nice, slow, easy tempo". Hines also understood the reason for Morton's braggadocio, which the New Yorkers found so offensive. It was necessary in a tough town like Chicago, where musicians carried guns and had to act bad. Musically, Morton's boasts were in any case amply supported by his excellent compositions such as Wolverine Blues, King Porter Stomp, Don't You Leave Me Here and The Pearls. They have an inimitable New Orleans flavor which time does not diminish. Another Hines memory is of Louis Armstrong's mentor, King Oliver, playing The Pearls at the Plantation. Oliver 'Let me hear those feet,' he would say "I want to hear the shuffle of feet". The Pearls was something Hines wanted to play on this session. He needed no prompting, but since he does interpretations rather than imitations, the lacy character of the composition is soon transformed. He plays it with a stronger, more resolute beat than the composer did,
perhaps because he was recalling the way Oliver's band treated it. The shuffling feet are certainly very well simulated. Wolverine Blues, the other Morton tune, is one Hines was even more familiar with, for he had a big-band arrangement on it in the '30s and was accustomed to frequent requests for it during the '50s when he led a Dixieland group at the Hangover Club in San Francisco. Indian Summer is a serene song that Victor Herbert wrote in 1919. It is in the regular 32-bar form of Tin Pan Alley and is quite untypical of him Hines likes its melodic character and often returns to it, but if you think he is
dipping rather far back in time, you may care to be reminded that You Made Me Love You was written in 1913' Age doesn't wither its charm for jazz veterans.- I Wish I Knew (8'30)
- Indian Summer (4'48)
- You Made Me Love You (5'30)
- The Pearls (7'20)
- Wolverine Blues (6'45)
- Mandy, Make Up Your Mind (7'20)I Wish I Knew est un véritable feu d'artifice qui poursuit les effets d'astérisme du premier LP. A partir de Indian Summer, l'atmosphère est différente et rejoint, par delà les décennies, l'esprit du Blues et surtout du Ragtime, mais transmuté par la magie du pianiste. A signaler le rarissime The Pearls et Wolverine Blues qu'Earl rejouera deux mois plus tard dans l'enregistrement mythique de New Orleans. Mandy, Make up... est un thème des plus poignants qui soient. Earl en avait déjà donné deux autres interprétations, l'une en 1973 dans un album enregistré à New York [Jazz Makers] et l'autre en 1974, à Orange [Black and Blue] lors d'une tournée mémorable où il était venu deux fois en France [en juillet pour la Grande Parade du Jazz à Nice Cimiez d'une part et en octobre, pour un concert à Paris, en hommage à Charlie Parker]. Mais celle-ci est absolument grandiose. Les photos précédentes d'un Schiedmayer quart de queue montrent ce que devait être l'instrument que touchait Earl, en ce mois de septembre 1977.
Chicago, 9 September and 17 October 1977.
Schiedmayer continued... This, the third album Earl Hines recorded on the Schiedmeyer [sic] grand in Chicago, finds him on his own territory with four of his own compositions, a number written by his one-time bassist, and W.C. Handy's St. Louis Blues. Through repeated performances and the individuality of his interpretation, the last is now so strongly identified with Hines that many peopte are no doubt under the impression that he wrote it, too ! Blues in Thirds is a very durable piano piece, having been recorded for the first time in 1928. Another famous version was made in 1940 when Sidney Bechet insisted on recording "Hines's tune". In this case, Hines gives it the full treatment, the performance lasting over ten minutes. Through the years he has recorded it several times, but never like this, nor at this length. When he finishes such a performance in the studio, he is always genuinely surprised to learn how long it is, so totally absorbed has he been in his playing. A Monday Date was written during his first association with Louis Armstrong, and something of their joie de vivre was definitely captured in it. The world was young and so were they ! As Hines always maintains, they had no idea they were making history when they together recorded what have become permanent classics of jazz. His memories of the sessions themselves are now vague— telescoped within those of hundreds of others since— but to most jazz musicians a record session has little more signiticance than the gig tonight or tomorrow. It helps pay the rent and sometimes furthers the reputation. Blue Because of You and I Can't Trust Myself Alone are both quiet, ruminative solos of a kind that suggests Hines was overheard at home, playing for himself rather than for an audience. It is the reverse side of his art, the other being represented in this set by Boogie Woogie on the St. Louis Blues, the traditional, flagwaving doser at his public appearances. Even here he presents a version that differs from any of the others he has recorded. Some of the normal devices are discarded, some retained. The tempo is modified to suit his mood of the day, but it has an intoxicating momentum. In fact, it is safe to say, in a paraphrase of an old Latin tag: Out of Hines always something new. "Earl Hines," Lennie Tristano once said, "is the only one capable of creating real jazz and real swing when playing all alone. That is why it is so much easier to play with a rhythm section than without. With a rhythmic background, it is enough to outline a little phrase simply and incisively and you get to swinging immediately. But, when you play alone, you have to sweat blood and tears to swing, believe me. And Earl Hines has always given everything to obtain the maximum swing."
S.D.
A suivre