La clef du labyrinthe hermétique




i
ntroduction aux études de symbolisme alchimique et de philosophie hermétique



revu le 15 juin 2012





Theatrum Chemicum Britannicum, Ordinall of Alchimy, Thomas Norton, p. 13
 

Dans les pages que vous verrez ci-dessous, nous tentons de donner une interprétation raisonnable de l'alchimie fondée sur l'étude des textes modernes et classiques. Notre parcours commence avec les gravures et emblèmes alchimiques qui pourront aider l'impétrant à s'orienter dans un processus de pensée assez particulier, basé non pas sur le raisonnement cartésien, mais plutôt d'ordre métalogique, et qui doit être adopté dans l'appropriation critique des traités anciens. Ces gravures donneront au lecteur une ambiance propre à lui faire voir, du moins l'espérons-nous, en quoi consiste l'idée alchimique qui sert d'introduction aux grandes sections ; elles couvrent les ouvrages suivants et certaines sections :

Atalanta fugiens - Philosophia Reformata - Triomphe Hermétique - Douze Clefs de Philosophie - Livre des Figures Hiéroglyphiques - Livre d'Abraham Juif - Mutus Liber - Splendor Solis [Toyson d'Or] - De Lapide Philosophorum - Donum Dei - L'Escalier des Sages - Typus Mundi - Vices et Vertus de Notre-Dame de Paris - signes du zodiaque - Tarot alchimique - Jardinet récréatif hermetico-spagyrique - emblèmes du Philosophe Solidonius - Aurora Consurgens - Alchemia [Libavius]
- Orthelius [Commentarius in Novum Lumen Chymicum] - Nazari [Della tramutatione metallica] - Salmon [Medicina practica] - Maier [Symbola Aureae Mensae] - poêle de Winterthur - Das Buch der heyligen Dreyfaltigkeit -

Les gravures et aquarelles peuvent être visionnées grâce à un
visionneur - diaporama (slide-show) adapté à chaque recueil : Atalanta fugiens - Philosophia Reformata - Triomphe Hermétique - Douze Clefs de Philosophie - Livre des Figures Hiéroglyphiques - Livre d'Abraham Juif - Mutus Liber - Toyson d'Or - De Lapide Philosophorum - Donum Dei - L'Escalier des Sages - Typus Mundi - Vices et les Vertus de Notre-Dame de Paris - signes du zodiaque - Tarot alchimique - Jardinet récréatif hermetico- spagyrique - emblèmes du Philosophe Solidonius - Aurora consurgens - Livre de la sainte Trinité - Ripley's Scrowle - Alchemia [Libavius] avec quatre planches commentées -


Dans la même optique, nous donnons progressivement une section consacrée aux
symboles de l'Art [partie I et II].

Mais d'abord, et à titre personnel, je présenterai aux lecteurs ce texte de M. Philippe Litzler, avec qui j'ai collaboré à plusieurs reprises dans l'élaboration de certaines sections, dont la moindre n'est pas la voie humide, et que j'aurai pu aussi intituler : à la recherche de l'or potable. Je dois aussi à M. Litzler un texte rare et très riche d'enseignement, le Livre de Crates dont j'ai lieu de croire qu'il se rattache aux écrits dits hermétiques, tels la Table d'Emeraude ou encore le Dialogue entre Marie et Horus. C'est le lieu de rappeler ici le lien quasi « hermétique » qui me lie à deux amis : Ph. L. et Alain Mauranne dont les belles photographies et de nombreuses reproductions font, à coup sûr, une partie de l'intérêt de ce travail, donné librement aux internautes et aux disciples d'Hermès. 

Le secret alchimique

Si vous êtes un fidèle du site Alchimie, c est que le problème du secret alchimique vous intéresse. Vous vous demandez même, au fond de votre conscience, s il y a vraiment un secret. Je peux vous rassurer : il y a vraiment un secret alchimique, avec l élaboration à la clé d un produit « merveilleux ». Mais restons prudent. L Alchimie est née en Égypte à l époque des Ptolémée (bien qu il y ait là aussi contestation entre les « experts »). Or, à cette époque, beaucoup de « choses » qui nous paraissent complètement banales passaient pour être « merveilleuses ». Entre autre la fabrication du verre. Cette matière a toujours fasciné les alchimistes. C est pourquoi il est intéressant de comprendre sa fabrication et sa coloration. Avec ces deux thèmes de recherche nous entrons déjà dans l antre des pré-chimistes. Fulcanelli nous signale qu au Moyen Âge les verriers étaient des chevaliers qui allaient « au travail » avec l épée sur le côté. Ceci n est peut-être qu anecdotique, du moins il fallait être un chevalier, dans le sens noble du terme, pour travailler le verre. Je vous conseille donc de lire tous les chapitres écrits sur le verre et & sur les pierres précieuses. Et oui, fabriquer des gemmes artificielles est une activité qui se rapproche énormément du travail du verre. Un autre conseil - d importance  étudiez également bien le processus du Pourpre de Cassius (connu bien avant lui) et que vous trouverez également sur ce site. Le Pourpre de Cassius n est pas la Pierre, non, mais il ressemble bougrement à un Ferment de la Pierre au rouge, même s il n a rien d alchimique en lui.

Revenons à l Antiquité qui a vu la naissance de l Alchimie. Les gens de ces époques étaient persuadés qu il était nécessaire de se purifier pour survivre dans l autre vie. On pouvait se purifier moralement, en suivant les préceptes de Socrate et de Platon (par la discrimination philosophique), en participant aux Mystères (ce qui était moins fatigant), en suivant les règles de la nouvelle religion (le Christianisme), etc. L Alchimie proposait une autre voie : une purification de l esprit par la recherche théorique dans les livres, une glorification des ou du Dieu(x) dans un isolement assez complet (l alchimiste est tellement occupé par sa recherche qu il n est plus complètement de ce monde) et, surtout, par l absorption de son élixir final, la purification de son corps humain à la façon d un Christ (corps de Lumière) ou d un Fulcanelli qui transcende les deux univers (le visible et l autre) & Ceci faisait donc parti des préoccupations des Anciens, de la même façon que nous nous intéressons aujourd hui à l Internet, aux vacances payées ou à la retraite après 37 années de cotisation !

La Pierre philosophale n était donc pas uniquement un produit pour se purifier : son mode de fabrication montrait le chemin & Effectivement, la Pierre  à partir de la matière préparée  devenait noire, puis blanche et enfin rouge, couleur de la royauté ! De plus, la cendre morte renaissait grâce à l apport de l Air et de l Eau, ainsi qu on imaginait que cela pouvait se réaliser lors de la résurrection des corps. [...]

Pour les travaux pratiques alchimiques on comprendra donc beaucoup mieux l intérêt qu il y a à connaître la préparation du verre et sa coloration, la fabrication des gemmes artificielles et la connaissance de toutes les substances capables de changer de « propriétés » physiques, sans pour autant faire entrer la radioactivité dans notre vieille philosophie de la nature, tentation particulièrement vivace chez ceux qui ont mal lu (et mal compris) les textes anciens. Quant à la fabrication de l or & il serait peut-être utile de rappeler que les alchimistes parlaient par métaphores ! Aussi l Or alchimique n est-il rien d autre que la dénomination de la Matière lorsque celle-ci devient blanche. On pourrait tout aussi bien  parler de Magnésie blanche ou de Terre blanche. Est-il possible d utiliser de l or vulgaire dans la préparation de la Pierre ? Oui, bien sûr. On prépare un Ferment avec de la chaux d or que l on peut incorporer à la Pierre pour obtenir la Pierre métallique, mais cela n est plus le but principal de l alchimiste. Y a-t-il possibilité de transmutation avec ce nouveau produit ? Parler de transmutation relève à nouveau du jargon des alchimistes. Nous dirions aujourd hui plutôt permutation ! On aura dans ce cas également intérêt à relire la préparation du Pourpre de Cassius et à étudier les phénomènes physico-chimiques relatifs aux produits colloïdaux.

Une dernière précision. Ceux qui utilisent la stibine (sulfure d antimoine) ignorent certainement qu ils ne travaillent pas avec l Antimoine des alchimistes. La stibine est fort intéressante pour toutes ses réactions chimiques qui permettent d avoir une connaissance presque complète des réactions en chimie minérale. Mais la substance elle-même, autre que purifier l or métallique ou servir de purgatif, n entre pas du tout dans le travail de laboratoire de l alchimiste. J ai bien parlé de travail de laboratoire : travailler et prier sont effectivement les deux piliers de notre science. Mais ce serait omettre une information des plus bénéfiques que d oublier l outil principal de nos philosophes de la nature. En effet, pour se purifier soi-même, nos infatigables chercheurs utilisaient une méthode vieille comme le monde : ils chantaient, à l image des moines qui utilisent les chants grégoriens (Saint Grégoire avait vraisemblablement des connaissances alchimiques). Aujourd hui s offre une autre méthode plus aisée pour ceux dont l organe n a pas été gâté par la nature. Il suffit simplement d écouter de la musique. Mais attention, de même que les chants grégoriens respectent certaines règles, il convient de choisir sa musique avec une grande attention : les chants grégoriens d abord, Monteverdi sans mesure, la musique baroque dans son ensemble et quelques morceaux de Mozart.

Encore un dernier mot. La préparation de la Pierre philosophale, avec les vraies substances, est extrêmement dangereuse. Les poumons, le foie etc. peuvent subir des atteintes irréversibles. Alors, la lecture d un bon vieux Fulcanelli est tout aussi enrichissante, surtout avec un fond musical adapté &

[...] ne jugez pas à la légère : dans ces quelques lignes il y a plus de vingt années de recherches et de travail & Écrivez-moi pour me dire ce que vous en pensez. Bonne route.
Hermétiquement vôtre.

Philippe Litzler


Voici à présent un extrait tiré de William Thomas Brande : a Manuel of Chemistry [containing the principal facts of the science, arranged in the order in which they are discussed and illustrated in the lectures at the Royal Institution of Great Britain. Vol. I, London, John Murray, 1821] dont voici les § II - III [on trouvera le §I dans la bibliographie].

Introduction : §II - THERE are many points in alchymical history which have been purposely passed over, as affording nothing worthy of remark, and as suggesting nothing that throws light upon the brighter ages of chemistry. It has been too common to load the alchymists with honours which they ill deserve; the picture of their proceedings, already given, is as correct and faithful as the materials that compose it admit of; and it presents nothing that the mind rests upon with satisfaction; nothing that it reverts to with interest or profit But there were contemporaries with the alchymists, whose pursuits were, conducted upon more rational principles, and whose writings, though often overshadowed by the clouds of magic and astrology, are, in many instances, illumined by rays of sober experimental investigation ; they often indulge in the insane caprices of the mere searchers for the philosopher's stone, but their madness has method in it, and their wanderings are not without a plan. Of these persons, the first that I shall select as worthy notice, is BASIL VALENTINE, of Erfurth, who wrote


frontispice du Currus Triomphalis, etc. du pseudo Basile Valentin (édition tardive)

 about the middle of the fifteenth century, and who may justly be considered as one of the founders of modem chemistry: his experiments always had an object, and he details them with intelligible perspicuity; it is true that he often launches into the sea of alchymy, but he returns unpolluted by its follies: where he speaks as an adept, he is as absurd as need be; but, as the narrator of experiments, he abounds in shrewd remarks, and was uncommonly successful in his pursuits. The extant works of BASIL VALENTINE are not very numerous, and they have mostly become extremely scarce. In 1671, his Triumphant Chariot of Antimony was republished at Amsterdam, from the original edition of 1624, with copious notes, by Dr. THEODORE KIRKRINGIUS; and a few years after, an English translation of that celebrated production was printed at London. In 1644, his Haliographia, appeared at Bologna [on notera qu'au cartouche inférieur apparaît une esquisse de la Clef XI des Douze Clefs de Philosophie]. This work treats of the preparation, uses, and virtues of mineral, animal, and vegetable salts, and is a curious and well-digested body of information upon a variety of chemical subjects. These are the only works of BASIL VALENTINE that I have been able to meet with, and I believe they contain the pith of his chemical knowledge. In both these works, he appears in the double capacity of chemist and physician. In physic he was a brave champion for the chemical sect, and his Triumphant Chariot of Antimony, especially, abounds in reflections, not of the mildest description, upon the practice and theories of his adversaries, whom he despises, because, unable to prepare their own medicines;

" they know not: whether they be hot or dry; black or white; they only know them as written in their books, and seek after nothing but money. Labour is tedious to them, and they commit all to chance ; they have no conscience, and coals are outlandish wares with them; they write long scrolls of prescriptions, and the apothecary thumps their medicine in his mortar, and health out of the patient."

But when we find many most important facts recorded in the pages of this writer, we shall readily excuse the irrelevant matter by which they are accompanied; and, in this view, his writings deserve the attentive perusal of those who would trace modern improvements to their parent inventions and discoveries, and these to their more remote and recondite sources. To say nothing of the numerous and truly important preparations of antimony with which BASIL VALENTINE enriched the Materia Medica, and of which he has given an intelligible and copious account in the Currus Triumphalis, we find in his works the first accurate mention of, and intelligible directions for the preparation of nitric, muriatic, and sulphuric acids; and were these his only contributions to the laboratory, I need hardly say how richly he merits the eulogies of the moderns, when we reflect upon the numerous uses to which those acids are now applied, upon their importance in several of the most refined and extensive branches of art, and upon the advances in technical and scientific chemistry which have been attained by their aid.In order to obtain the water of nitre, for by that name he designates the acid, VALENTINE directs us to distil three parts of powdered earthen-ware with one of nitre. The mixture is to be subjected in a proper earthen alembic to a red heat, and a capacious receiver annexed. How, this process is, in many countries, still practised, and, although neither convenient, nor, generally speaking, economical, the acid it affords is sufficiently pure. The opinion of the old chemists, respecting this production of nitric acid, was, that the clay held down the nitre so as to expose it to the searching influence of the fire; but the decomposition depends upon the attraction of the potassa of the nitre for the ingredients of the clay, a kind of red slag remaining in the retort. [cf. arcanum duplicatum] Another mode of procuring nitric acid mentioaed by this writer, though probably of more ancient date, since RAYMOND LULLY seems to have known it, comes much nearer to the process now in common use, and may, in many situations, be conveniently and economically practised. It consists in distilling equal parts of nitre and dried green vitriol: The residue consists of sulphate of potassa and oxide of iron [par cabale, le filet de Vulcain : l'arcanum est du côté d'Aphrodite et le fer du côté d'Arès, cf. symboles]; the former may be separated by washing with hot water, and an oxide of iron, of a deep red colour, remains, used by the polishers of plate-glass, under the name of colcothar. Under the directions for preparing the salt of gold in the Haliographia, I find a third mode suggested for the production of acid from nitre, which consists in distilling saltpetre with finely-pounded flints. [il s'agit donc de distiller des silex fins avec du salpêtre] It depends upon the attraction of siliceous earth for potash, which combine to form a glassy slag.


frontispice de l'Haliographia, Bononiae, 1644

Such are the facts which are recorded by BASIL VALENTINE, respecting the preparation of nitric acid; he termed it water, or acid spirit of nitre. It was afterwards called aquafortis, and its property of dissolving gold, with the addition of sal ammoniac, or of muriatic acid, is often adverted to and descanted upon by the same author. For nearly two hundred years after the discovery of aquafortis, its chemical history was but little advanced; nor, indeed, were any facts of importance respecting its true nature made out, until Dr. PRIESTLEY and Mr. CAVENDISH commenced their researches, about the middle of the last century. [cf. Chevreul, critique de Hoefer] The method which, in this country, is now universally resorted to for the production of aquafortis consists in the decomposition of nitre by sulphuric acid; the results are liquid nitric acid, and sulphate of potassa. Dr. PRIESTLEY [on Air, Vol. IV., p. 3], between 1774 and 1778, made a variety of curious experiments to ascertain the effects of heat on nitric acid; he passed it through a red-hot tube, and found it resolved into oxygen, nitrous gas, nitrous vapour, and water: and thus the composition of this acid was analytically demonstrated. About the same time, Mr. CAVENDISH [Phil. Trans. Vols. LXXV.and LXXVIII] produced this acid, by passing repeated electrical explosions through common air, and through mixtures of oxygen and nitrogen, over solution of potassa. Thus the nature of nitric acid was synthetically and analytically demonstrated; and from the result of the most accurate and recent experiments upon this subject, it appears to consist, in its dry and .combined state, of 13 nitrogen + 37,6 oxygen; and in the liquid state, of 50,5 dry acid, + 17 water. But the discovery of nitric acid is certainly second in importance to that of oil of vitriol, or, as it is now called, sulphuric acid, the honour of which is also due to BASIL VALENTINE ; for it is not, as far as my information goes, described in any earlier writer; he frequently mentions it, and the mode of its preparation; and PARACELSUS, and the authors who immediately followed, talk of it as well known, and in common use, though it is probable that it bore a high price, and wag but scantily supplied by a few awkward and unintelligent operators. In the Currus Triumphalis, the spirit afforded by the distillation of vitriol is not unfrequently adverted to, and its action upon certain antimonial cornpounds so fully described, as to leave no doubt respecting its nature. In the Haliographia, however, oil of vitriol is distinctly mentioned; and, what is curious, we find in the chapter of that tract relating to the extraction of the salts of iron, particular directions for the preparation of sulphat of iron, by dissolving iron-filings in a mixture of one part of oil of vitriol, and two of water; this solution, he says, " when put aside in a cool place, soon forms beautiful crystals" and in another section we are told, that " this salt is an excellent tonic; that it comforts weak stomachs; and that externally applied, it is an admirable styptic." And this, in fact, is nearly all that we can say of the preparation and medical uses of this salt of iron at the present day. [on utilise les sels de fer dans les carences martiales avérées dues en général à une spoliation sanguine] The mode of obtaining sulphuric acid, by the distillation of sulphate of iron, or green vitriol, is still extensively practised upon the Continent, in Germany, Sweden, and more especially at Bleyl, in Bohemia [AIKIN's Dictionary. Art. Sulphuric Acid]. The vitriol is first deprived of water of crystallization, and then submitted, in glass retorts coated with clay, to a red heat; white fumes pass over into the receivers, which become very hot during the condensation of these fumes into an unctuous reddish-brown fluid, which, from its viscidity and appearance, acquired the name of oil of vitriol: there remains in the vessels a substance of a fine red colour, which, when washed and levigated, furnishes what has been termed colcothar, or caput mortuum of vitriol; for the old chemists were in the habit of representing the dregs and last products of substances by the symbol of a death's head and cross bones.


Anatomia Auri, sine Tyrocinium, Mylius

The oil of vitriol, thus prepared, exhales fumes when exposed to a moist atmosphere, and occasionally congeals or crystallizes; circumstances which led to its name of glacial oil of wtriol, and which show that it differs from the acid as ordinarily prepared. That sulphur during combustion produces a portion of add water, seems to have been known at a very early period; but the method of obtaining sulphuric acid by burning a mixture of sulphur and nitre is, I believe, first described by VALENTIME, in his Chariot of Antimony, under the name of Oil of antimony, for he employed sulphuret of antimony for its production. The original recipe runs thus:

" Take of antimony, sulphur, saltnitre, of each equal parts, fulminate them under a bell, as oil of sulphur per campanam is made, which, way of preparing hath long since been known to the ancients ; but you will have a better way, if instead of a bell you take an alembic, and apply to it a recipient; so you will obtain more oil, which will indeed be of the same colour as that made of common sulphur, but in powers and virtues not a little more excellent."

Dr. WARD, the inventor of many celebrated nostrums, was the first person who brought this preparation into notice in England; and he obtained a patent for his invention, and for a considerable time monopolized the manufacture of the acid. At length Dr. ROEBUCK, an eminent physician of Birmingham, substituted an apparatus of lead for the glass vessels previously used. This was in 1746, since which the price of sulphuric acid has been greatly reduced, and the manufacturer consequently enabled to employ it for a variety of purposes, to which it was previously inapplicable, from its scarcity and high price. In 1772, the first manufactory of sulphuric acid near the metropolis, was established by Messrs. KINGSCOTE and WALKER, at Battersea [PARKES, Chemical Essays, Vol. II. p. 388]. I have mentioned that the necessity and advantages of nitre, as an addition to sulphur in increasing the acid product, was known to VALENTINE; but the manner in which it operates is a later discovery. As the expense of the operation is materially increased by it, many attempts have been made to supersede its use by the employment of other materials, under the impression that it merely furnished oxygen; but a little reflection easily proves the fallacy of such a notion; for, even if we burn sulphur in pure oxygen, sulphurous, and not sulphuric acid, is the result. The solution of this chemical problem has been chiefly effected by the researches of Sir H. DAVY, who has proved that the products of the nitre are concerned in transferring oxygen to the sulphur. A patent has however lately been taken out for a mode of preparing sulphuric acid by the combustion of pyrites, without the intervention of nitre, which promises perfect success. The numerous antimonial preparations described in the Chariot of Antimony, deserve more notice than they have generally received from the chemical historian; and the perusal of that work affords some insight into the celebrated disputes between the galenical and chemical physicians, which were afterwards pushed so far by PARACELSUS. [cf. les premiers écrits R+C ainsi que les précurseurs dont furent, assurément, Hadrien Mynsicht, Michel Maier et Johann Grasshoff : Aureum Seculum Redivivum ; Tractatus Aureus ; Atalanta fugiens] BASIL VALENTINE, adverting to the notion that antimony was poisonous, tells us, that its noxious qualities may not only be subdued by art, but that various properties may be communicated to its different preparations 

" As a blacksmith," he says, " with one sort of fire, and iron only is his matter, of which he forms divers instruments. Sometimes he makes a spit, at another time horse-shoes, another time a saw, and at length innumerable other things, every of which serves for that use for which the smith intended it. So of antimony various works may be made for different uses,  in which the artist is the smith that forms, Vulcan is the key which opens, and operation and utility give experience and knowledge of the use. Oh, if foolish and vain men would hear and understand what I write, they would not suck their turbid and insalubrious potions, but hasten to these limpid fountains, and drink of the well of life."

In pursuing his defence of antimony, the author allows its venemous nature, but then tells us, that upon that circumstance its value in medicine depends, upon the principle that venom draws venom to itself; and adduces as proof of this position, the well-known fact, as he terms it, that a dried toad reduced to powder, and sprinkled upon the wound occasioned by a viper's bite, cures it. ;
PARACELSUS comes next in chronological order to his predecessor, BASIL VALENTINE, but as a chemist he falls far short of that master; his original discoveries are few and unimportant, and his great merit lies in the boldness and assiduity which he displayed in introducing chemical preparations into the Materia Medica, and in subduing the prejudices of the galenical physicians against the productions of the laboratory. The principal events of his life are the following: His real name was PHILIP HOCHENER, which he changed on commencing his professional career into THEOPHRASTUS BOMBASTUS PARACELSUS. At an early age he visited the most renowned towns in Europe, and returning to his native country, was made professor of medicine and chemistry at Basle; he availed himself of this public situation, not to instruct the unlearned, but to vilify his contemporaries and predecessors. It is generally said, that his dissolute manners and intractable temper obliged him to quit his occupation. But others have told a more plausible story: a rich Canon fell sick; and getting frightened, offered 100 florins to any one who would cure him. PARACELSUS administered three pills, and the Canon got well; but being so soon restored, and by such simple means, he refused to fulfil his promise. The matter was brought before a magistrate, who decreed that the doctor should only recover the customary fee. Irritated at the flimsy excuses, and unpardonable ingratitude of the priest, and at the magistrate's partial decision, PARACELSUS declared that he would leave the inhabitants of Basle to the eternal destruction which they deserved; he then retired to Strasburgh, and thence into Hungary, where he took to drinking, and died in great poverty at Saltzburgh, in 1541, and in the forty-third year of his age. Though we can fix upon no particular discovery on which to found his merits as a chemist; and though his writings are deficient in the acumen and knowledge displayed by several of his contemporaries and immediate successors, especially by THEODORE DE MAYERNE, and DU CHESNE, [cf. Aureum Seculum Redivivum] or as he was generally called, QUERCITANUS; it is undeniable that he gave a most important turn to pharmaceutical chemistry; and calomel, first described by CROLLIUS, in 1609, with a variety of mercurial and antimonial preparations, as likewise opium, came into general use. Although the chemical physicians, however, were very successful, they were aware of the unpopularity of their means; people were frightened at the idea of mercury and antimony, which were accordingly exhibited under fantastic and assumed names. Towards the end of the fifteenth century, the use of antimony was prohibited at Paris; and BESNIER expelled the faculty for having persevered in administering it. In England, chemical medicines began to be employed in the reign of CHARLES I. In 1644, SCHRÖDER published his Chemico-Medical Pharmacopaeia; and shortly after that of the London College made its appearance; but although the history of pharmaceutical chemistry must not. be blended with the abstract progress of the science, yet should it not be forgotten, that the great modem improvements in chemistry have sprung from its applications to medicine, and that the foundations of chemical science are to be found in the medical and pharmaceutical writers of the sixteenth century; who rescued it from the hands of the alchemical pretenders, and gave it a place and character of its own. The enthusiastic ravings of PARACELSUS tended to awaken the more solid talents of VAN HELMONT of Brussels, who flourished in the early part of the seventeenth century, and who studied and admired the works of his less modest predecessor. VAN HELMONT has left a curious memoir containing a sketch of his own life, and exhibiting the various circumstances that gave an impulse to his proceedings, and the different causes that suggested his pursuits. In this biographical relic, there is a vein of sound and unaffected argument, which displays a very amiable turn of mind in the writer. It would, however, be irrelevant to my present subject to give more than a very brief abstract, illustrative of the style and pursuits of the author.

 
 A ternary of paradoxes : the magnetick cure of wounds, nativity of tartar in wine, image of God in man.
London : Printed by James Flesher for William Lee, 1650

" In 1694, being then seventeen years of age, I finished my courses of philosophy, but upon seeing none admitted to examinations at Louvain who were not in a gown and hood, as though the garment made the man, I was struck with the mockery of taking degrees in arts. I therefore thought it more profitable seriously and conscientiously to examine myself; and then I perceived that I really knew nothing, or, at least, nothing that was worth knowing. I had, in fact, merely learned to talk and to wrangle, and therefore refused the title of Master of Arts, finding that nothing was sound, nothing true, and unwilling to be declared master of the seven arts, when my conscience told me I knew not one. The Jesuits, who then taught philosophy at Louvain expounded to me the disquisitions and secrets of magic; but these were empty and unprofitable conceits; and, instead of grain, I reaped stubble. In moral philosophy, when I expected to grasp the quintessence of truth, the empty and swollen bubble snapped in my hands. I then turned my thoughts to medicine, and having seriously read GALEN and HIPPOCRATES, noted all that seemed certain and incontrovertible; but was dismayed upon revising my notes, when I found that the pains I had bestowed, and the years I had spent, were altogether fruitless; but I learned at least the emptiness of books and formal discourses and promises of the schools. I went abroad, and there I found the same sluggishness in.study, the same blind obedience to the doctrines of their forefathers, the same deep-rooted ignorance." [JOHANNIS BAPTISTAE VAN HELMONT Opera omnia. Hafn. 1707. The above extract is from the Studia Authoris. p. 16.]

VAN HELMONT was called by his contemporaries an insane enthusiast; but there is, even in the very imperfectly- translated and brief quotation that I have taken from the history of his studies, a propitious gleam of that dawn of improvement which was diffused over science by the genius of Lord BACON. The doctrine of the chemical elements was in full vogue during the time. of VAN HELMONT, PARACELSUS, and VALENTINE, and salt, sulphur, and mercury, are unequivocally mentioned as the ultimate component parts of almost all the, forms of matter. In the writings of VAN HELMONT, there are sundry allusions to the existence of aeriform bodies, and the word gas now in common use, and applied to all aeriform matters differing from atmospheric air, first occurs in his pages: he also distinguishes between condensible gases or vapours, and incondensible or permanently elastic fluids; and, under the term gas silvestre, he seems to comprehend what was afterwards called fixed air. As to the general tenour of his writings, it is difficult to separate the chemistry from the miscellaneous matters, and, more especially, from the medical commentaries with which it is blended; but they abound in hints and observations, which, if not original, are at least ingenious and acute. In his experiments on air, he seems to have argued very plausibly on its weight and elasticity; and has detailed with much precision, the effect of temperature and pressure, in his description of the air thermometer. We have now arrived at the middle of the seventeenth century, a period which was extremely fertile in chemical productions. In taking, however, a comprehensive view of the writers of this age, there are a few only whose labours deserve to be recorded as connected with the advancement of chemical knowledge; that is, as having contributed by new views and discoveries to the progress of what may be termed the philosophy of the science. They were generally mere recorders of insulated facts, or publishers of ill-digested and imperfectly arranged catalogues of the various preparations that were used in the arts, and in medicine; for the dread, in which chemical preparations were viewed by physicians began now to decline; the Materia Medica was filled with new and more convenient forms, and the Pharmacopaeiae published under the authority of different governments, were allowed to divulge the preparation of calomel, emetic tartar, and several other highly important and useful compounds. Among the writers of this period there is no one more rich in facts, and original in invention, than GLAUBER of Amsterdam. KUNCKEL was a successful promoter of chemistry applied to the arts; he wrote on the production of phosphorus, and on the art of glass-making, and was a favourite at many courts of Europe, more especially with CHARLES XI of Sweden, who, in 1693, granted him letters of nobility. In 1673, LEMERY, the elder, conferred much service on chemistry by his dexterity as an experimentalist, and by the plain perspicuous style in which he publicly taught the rudiments of the science. The discovery of phosphorus belongs also to this period, and although of little interest perhaps in the abstract, it drew a host of inquirers into the precincts of the laboratory, and was productive of more extensive and important consequences than have generally been attributed to it. But, having perused such of these writers as I have been able to procure, there is no one for whom I can so confidently ask attention, as GLAUBER; he was not a mere maker of experiments, but he reasoned sensibly and even acutely upon their results; he occasionally oversteps the bounds of modest argument, deprecates the views of his contemporaries, and praises himself beyond all measure; but this vitiated style was then in fashion, and unlike most of his contemporaries, he has very sufficient claims to originality of invention. His works were translated into English, and published, as the title runs, "for public good, by the labour, care, and charge of CHRISTOPHER PACKE, Phylo-Chemico-Medicus, in I689."


Johann Kunckel, Laboratorium Chymicum, Leipzig, 1716

GLAUBER was so laborious an experimentalist, and in his experiments there is so much originality, that it is difficult to select those which can strictly be called discoveries, and upon which bis scientific character deserves chiefly to be founded. The distillation of volatile alcali from bones, and its conversion into sal ammoniac by the affusion of spirit of salt; the preparation of sulphate of ammonia, which he calls secret sal ammoniac, and its conversion into common sal ammoniac by distillation with common salt; the production of blue vitriol by the action of acid of vitriol upon the green rust of copper; the distillation of vinegar from wood, and the formation of a variety of salts useful in medicine and the arts, by its action upon alcaline, earthy, and metallic substances; the distillation of muriatic acid, or spirit of salt, from a mixture of common salt and acid of vitriol; and the extraction of sulphate of soda, or sal mirabile from the residue of this experiment, are a few, and only a very few, of the truly important inventions and discoveries that crowd upon us in the perusal of the verbose pages of GLAUBER. Of these the production of vinegar of wood, and of muriatic acid, may perhaps be regarded as of the greatest interest and importance. The acid liquor produced during the destructive distillation of wood has lately become a manufacture of much importance, and is largely prepared by the makers of gunpowder, who obtain it as a result of their process for procuring charcoal. GLAUBER describes the distillatory apparatus, which he calls " a press for extracting the juice of wood;" he shews its condensation into an acid liquor; and directs the method of burning lime, by ranging layers of chalk, alternately with those of the wood. He also says, that by rectifying this spirit,

" a sharp hot oil, of a dark reddish colour remains, and the vinegar passes over, fit for tile preparation of medicines, and all other uses to which common vinegar is applicable."

The oil, he adds, is an admirable preservative of wood, and when saponified with alkali, forms a most valuable manure;

" a hogshead of which may be carried into fields and vineyards far remote, more easily than ten loads of common manure, which is carried to vineyards in rocky places with great difficulty. As to the spirit, physicians may use this noble and efficacious juice with great honour and profit in the cure of many diseases hitherto incurable;"

and he highly extols an acid bath, made by due ad mixture of the vinegar of wood with warm water: he also shows the mode of concentrating it by exposure to cold, when

" the phlegm only freezeth, but the sharp spirit remaineth in the middle of the hogshead, so sharp that it corrodeth metals like aqua-fortis."

After many other shrewd and clever remarks respecting the tar of wood and its acid, GLAUBER closes his discourse fearing that it will not be believed by many, which, he says, he cannot help;

" it contenteth me that I have written the truth, and lighted a candle to my neighbours."

The preparation of muriatic acid, as now commonly conducted, was first devised by GLAUBER; he obtained it by distilling common salt with acid of vitriol, and gives a sufficiently clear account of the nature of the chemical change that ensues. The residue of this operation retains to this day the name of GLAUBER'S salt; or, as he termed it, sal mirabile [rappelons qu'il s'agit du sulfate de soude ou sel admirable de Glauber ; pour le vrai disciple d'Hermès, il est congénère de l'arcanum duplicatum]. Upon its virtues he has descanted at great length, and though in his history of this salt, its value and uses are preposterously exaggerated, his observations serve to shew the diligence and acuteness with which he investigated its applications, and offer proofs of the- extensive information which he possessed relative to many processes of agriculture and the arts. Salt, in short, was GLAUBER's favourite element;

" It is," says he, " the beginning and end of all things, and it increaseth and exalteth their powers and virtues: it is the true universal medicine; not that I would have any man persuade himself, that in these words I would assert immortality, for my purpose tendeth not thither, seeing that I am not ignorant there is no medicine against death." [on ne saurait, en effet, trouver paroles plus prophétiques, et singulièrement dans la médecine actuelle où les anti oxydants jouent un rôle des plus importants. Or, quel effet possèdent ces substances si ce n'est celui des super-oxydes dismutases consistant, précisément, dans la création de sels et la prévention d'agressions de la part de radicaux libres ? Ces radicaux libres - H2O2 ; O3- ; OH - exercent une action délétère sur les phospholipides membranaires et détériorent la chaîne ADN. On a pu montrer que le sport ou un repas copieux augmentent la production des radicaux libres : c'est ainsi que le stress oxydatif endogène représente l'une des composantes du vieillissement de l'organisme. Certains vieux chimistes comme Glauber ou des praticiens comme Bernard Palissy avaient bien compris l'intérêt des SELS, c'est-à-dire de la neutralisation. Il est d'autant plus intéressant de comprendre cela que les anciens médecins, qui en bref se répartissaient en deux groupes : Galiens et Hippocratiques, pronaient - pour les Galiens - les prescriptions dites « chémiatriques » où intervenaient les métaux. La médecine métallique est donc ancienne mais son intérêt n'a été reconnu à sa juste valeur que depuis que les progrès de la chimie moléculaire ont pu faire voir l'intérêt de certains oligo-éléments ou d'enzymes : l'intervention de métaux comme le zinc, le manganèse ou le cuivre, etc. est fondamentale dans le mode d'action de ces enzymes. ]

And then, adverting to the opposition to chemical medicines  by contemporary physicians, he advises them not to envy those

" who have received such divine gifts as his wonderful salt, nor to provoke the innocent with their filthy calumnies and slanders, but to leave those things which exceed their capacities. Nothing," he says, " can extinguish truth; it may be prest, but cannot be overcome; like the sun's light it may be hidden, but not extinguished."

The directions he gives for the preparation of the sal mirabile, and the account of its properties, are in general very correct

" Its colour ought to be white and transparent; its figure is in long striae or crystals; its taste is like ice melting upon the tongue, and yields some bitterishness. Being dried in the fire, and all the moisture gone off, it will lose about three parts of its own body, and retain a fourth part only; being dissolved in water, it will recover those three parts again. But, on the contrary, if it shoot into a square figure, and hath as yet a saltish taste, and being dried, loseth but little of its weight, it is not worth a rush, and shows that either the oil of vitriol was not good, or not enough of it used in the operation. These things we would not bury in silence, that so we might well advise young beginners, and withdraw them from their errors."


Jean-Rodolphe Glauber (1604-1670)

The present mode of preparing muriatic acid is almost exactly that devised by GLAUBER. In its pure state it was first obtained and examined by Dr. PRIESTLEY. The composition of this acid is a discovery of more modem date. The investigation which led to it was commenced by SCHEELE, and perfected by our contemporaries, GAY-LUSSAC, and DAVY. GLAUBER has great merit as an inventor and improver of chemical apparatus, much of which is depicted in the plates attached to his works. The form of distillatory vessels, commonly called WOULFE'S apparatus, is found in GLAUBER'S Chemical furnaces; and he contrived a very ingenious mode of heating large vessels of water by steam, and with great economy of fuel, a method now often resorted to. He published a pamphlet, entitled, The Consolation of Navigators, in which is taught how they who travel by Sea may preserve themselves from Hunger and Thirst; and also from those Diseases which are wont to happen in long Voyages. Written for the Health, Comfort, and Solace of all those who travel by Water for the good of their Country. The very sensible plan of employing extract of malt as a portable vegetable diet, and dilute muriatic acid to quench thirst, is here recommended; and many of the medicinal uses of the muriatic acid are dwelt upon at length, which have been claimed as recent discoveries. On the whole, there is no author contemporary with GLAUBER, who has written so much to the purpose, and in whom we find such abundant anticipations of modern scientific improvements. He was cast in the true mould, of an experimental chemist, and had he lived in a more propitious age, would doubtless have rivalled the eminence of SCHEELE and of PRIESTLEY. [...]




Voici à présent quelques lignes de Francis Bacon sur les principes de l'oeuvre :



THE HISTORY OF SULPHUR,  MERCURY, AND SALT. INTRODUCTION.

This triad of principles has been introduced by chemists, and as a speculative doctrine it is the best discovery that they have made. The deepest philosophers amongst them maintain the elements to be earth, water, air, and ether. [cf. Platon et Aristote in Chevreul] But these they regard not as the matter of things, but as wombs, wherein specific seeds of things are generated, in the same manner as in the womb. But instead of the First Matter (which the schoolmen call matter spoiled and indifferent), they substitute these three things, sulphur, mercury, and salt; whereof all bodies are compounded and mixed. Their terms I accept, but not their opinions, which do not appear sound. It seems however not to sort ill with their opinion, that two of these, namely, sulphur and mercury (in the sense in which I take them), I judge to be the most primasval natures, the most original configurations of matter, and among the forms of the first class almost the principal. But these terms of sulphur and mercury may be varied, and receive different denominations; as, the oily, the watery, the fat, the crude, the inflammable, the non-inflammable, and the like. For they appear to be those two enormous tribes of things which occupy and penetrate the universe. In the subterranean world we find sulphur and mercury, as they are called; in the animal and vegetable world we find oil and water; in pneumatical bodies of the lower order we find air and flame ; in the celestial regions we find starry body and pure ether. But of this last pair I do not as yet pronounce decisively, though the concordance appears probable. With regard to salt, the case is different. For if by salt they mean the fixed part of a body, which does not turn either into flame or smoke, this belongs to the inquiry of matter fluid and matter determinate, whereof I am not now speaking. But if they mean salt to be taken in its plain and literal signification, it cannot be regarded as a thing different from sulphur and mercury, seeing it is a formation compounded from them both, by means of a strong spirit. For all salt has some inflammable parts; and some parts which not only do not conceive flame, but strenuously shrink from and avoid it. However, since the inquiry concerning salt has some connection with the inquiry into the other two things, and moreover is of great use, seeing that salt comprises in itself the nature of sulphur and mercury, and is a rudiment of life itself,  I have thought good to admit it likewise into this history and inquiry. But meanwhile I give notice that I reserve the inquiries into those pneumatical bodies, air, flame, the stars, and ether, for titles of their own (as they certainly merit); and that here I only institute a history of sulphur and mercury tangible, that is, either mineral, vegetable, or animal.

The works of Francis Bacon. Fünfter Band, [Translations of the philosophical works, vol. II], The history of sulphur, mercury and salt, Stuttgart : Frommann : Holzboog, 1991. Fac-sim. de l'éd. de, London, 1861
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Que pensait-on de l'alchimie et de la pierre philosophale au XIXe siècle ? Il nous a semblé utile, en préambule à l'idée alchimique, de donner quelques lignes de Jacques Auguste Simon Collin de Plancy (1794-1881) : Dictionnaire des sciences occultes... ou Répertoire universel des êtres, des personnages, des livres... qui tiennent aux apparitions, aux divinations à la magie [Ateliers catholiques du Petit-Montrouge, 1846-1848]

On regarde la pierre philosophale comme une chimère. Un mépris si mal raisonné, disent les philosophes hermétiques, est un effet du juste jugement de Dieu, qui ne permet pas qu'un secret si précieux soit connu des méchants et des ignorants. La science de la pierre philosophale bu la philosophie hermétique fait partie de la cabale, et ne s'enseigne que de bouche à bouche. Les alchimistes donnent une foule de noms à la pierre philosophale : c'est la fille du grand secret, le soleil est son père, la lune est sa mère, le vent l'a portée dans son ventre, etc. [citations de la Tabula Smaragdina] Le secret plus ou moins chimérique de faire de l'or a été en vogue parmi les Chinois longtemps ayant qu'on en eût les premières notions en Europe. Ils parlent dans leurs livres, en termes magiques, de la semence d'or et de la poudre de projection. lia promettent, de  tirer de leurs creusets, non seulement de l'or, mais encore un remède spécifique et universel qui procure à ceux qui le prennent une espèce d'immortalité.
Zosime, qui vivait au commencement du Ve siècle, est un des premiers parmi nous qui aient écrit sur l'art de faire de l'or et de l'argent, ou la manière de fabriquer la pierre philosophale. Celle pierre est une poudre ou une liqueur formée de divers métaux en fusion sous une constellation favorable. Gibbon remarque que les anciens ne connaissaient pas l'alchimie. Cependant on voit dans Pline que l'empereur Caligula entreprit de faire de l'or avec une préparation d'arsenic, et qu'il abandonna son projet, parce que les dépenses l'emportaient sur le profit [cf. prima materia]. Des partisans de cette science prétendent que les Egyptiens en connaissaient tous les mystères. Cette précieuse pierre philosophale, qu'on appelle aussi élixir universel, eau du soleil [heureuse formulation de l'aqua permanens ou Mercure], poudre de projection, qu'on a tant cherchée, et que sans doute on n'a jamais pu découvrir (Voyez pourtant Raymond Lulle, quant à ce qui concerne l'or.), procurerait à celui qui aurait le bonheur de la posséder des richesses incompréhensibles, une santé toujours florissante, une vie exempte de toutes sortes de maladies, et même, au sentiment de plus d'un cabaliste, l'immorlalité... Il ne trouverait rien qui pût lui résister, et serait sur la terre le plus glorieux, le plus puissant, le plus riche, et le plus heureux des mortels ; il convertirait à son gré tout en or, et jouirait de tous les agréments. L'empereur Rodolphe [il s'agit de Rodolphe II, cf. Atalanta fugiens] n'avait rien plus a cSur que cette recherche. Le roi d'Espagne Philippe II employa, dit-on, de grandes sommes à faire travailler les chimistes aux conversions des métaux. Tous ceux qui ont marché sur leurs traces n'ont pas eu de grands succès. Quelques-uns donnent cette recette comme le véritable secret de faire l'Suvre hermétique : Mettez dans une fiole de verre fort, au feu de sable, de l'élixir d'aristée [auteur alchimique qui a écrit une Epitre à la suite de la Turba philosophorum, cf. bibliographie], avec du baume de mercure et une pareille pesanteur du plus pur or de vie ou précipité d'or, et la calcination qui restera au fond de la fiole se multipliera cent mille fois. Que si l'on ne sait comment se procurer de l'élixir d'aristée et du baume de mercure, on peut implorer les esprits cabalistiques, ou même, si on l'aime mieux, le démon barbu [il doit s'agir du Mercurius senex que l'on voit sur la première figure du Livre d'Abraham Juif ; il pourrait encore s'agir du prêtre blanc dont parle Zosime dans ses Visions. Comparez avec Jung, les Racines de la conscience], dont nous avons parlé.


première figure d'Abraham Juif, in Alchimie de Nicolas Flamel [Denis Molinier]

On a dit aussi que saint Jean l'évangéliste avait enseigné le secret de faire de l'or; et en effet, on chantait autrefois, dans quelques églises, une hymne en son honneur, où se trouve une allégorie que les alchimistes s'appliquent :

lnexhaustum fert thesaurum
Qui de virgis facit aurum,
Gemmas de lapidibus.

D'autres disent que, pour faire le grand Suvre, il faut de l'or, du plomb, du fer, de l'antimoine, du vitriol, du sublimé, de l'arsenic, du tartre, du mercure, de l'eau, de la terre et de l'air, auxquels on joint un Suf de coq, du crachat, de l'urine et des excréments humains

[l'auteur n'entend rien à la cuisine hermétique : c'est ainsi qu'on fait accroire aux gens que l'alchimiste a le sens égaré... Car il cite, sans le savoir, de grands principes de l'Art sacré : l'oeuf philosophal est le vase de nature où l'Artiste fait cuire les natures minérale et métallique ; le coq annonce l'Aurora consurgens ou plutôt l'anima consurgens  ; le crachat de lune, que les envieux confondent avec le nostoc, est un mot qui désigne le Sel des des Sages, cf. en recherche. Enfin, les alchimistes disent dans leurs traités que l'impétrant ira chercher sa pierre jusque dans le fumier ; quant aux « fèces » du mercure - faex, trux -, elles sont assimilées à la lie du vin ; aussi les Adeptes conviennent- ils souvent d'adopter le mot vin pour désigner leur Mercure puisque son but désigné est la captation d'un rayon igné solaire vivant].

Aussi un philosophe a dit avec raison que la pierre philosophale était une salade, et qu'il y fallait du sel, de l'huile et du vinaigre.

 [le mot salade est mis pour laitue : c'est ainsi que s'exprime Michel Maier, dans l'un des emblèmes de l'Atalanta fugiens, où il emploie le terme d'euphorbe. Ce mot ne désigne rien d'autre que le Compost, i.e. le Mixte Rebis - Mercure. Le Sel à présent : il en existe de deux sortes ; celui qui exprime l'un des composants du Mercure et que l'on représente par l'idéogramme ; quant à l'autre, il s'agit rien moins que du suc de la Lunaire qui désigne le Soufre blanc  . L'huile est d'habitude le symbole du sulphur ; enfin le vinaigre est le serpent ou dragon, premier état du Mercure, cf. Artephius et les vieux auteurs comme Senior - cf. Azoth -  où ceux que l'on fait participer à cette compilation qui s'appelle la Turba]

Nous donnerons une plus ample idée de la matière et du raisonnement des adeptes, en présentant au lecteur quelques passages du Traité de chimie philosophique et hermétique publié à Paris en 1725 (Traité de chimie philosophique et hermétique, enrichi des opérations les plus curieuses de l'art, sans nom d'auteur. Paris, 1725, in-12, avec approbation signée Audry, docteur en médecine, et privilège du roi.). [il s'agit peut-être du traité dont parle Chevreul comme étant celui de Marie Pompée Colonna alias Le Crom, cf. Cambriel]

« Au commencement, dit l'auteur, les sages, ayant bien considéré, ont reconnu que l'or engendre l'or et l'argent, et qu'ils peuvent se multiplier dans leurs espèces. Les anciens philosophes, travaillant par la voie sèche, ont rendu une partie de leur or volatil, et l'ont réduit en sublimé blanc comme neige et luisant comme cristal ; ils ont converti l'autre partie en sel fixe ; et de la conjonction du volatil avec le fixe, ils ont fait leur élixir [dans cette opération, le sel fixe est assimilable au CORPS de la pierre ou au SEL que l'on peut représenter par l'idéogramme ; le volatil est l'ÂME ou sulphur, sublimée dans le Mercure qui joue le rôle d'ESPRIT, cf. symboles]. Les philosophes modernes ont extrait de l'intérieur du mercure un esprit igné, minéral, végétal et multiplicatif, dans la concavité humide duquel est caché le mercure primitif ou quintessence universelle [cet esprit est désigné comme l'AIMANT : il correspond à la résine de l'or ou toyson d'or]. Par le moyen de cet esprit, ils ont attiré la semence spirituelle contenue en l'or [il s'agit de la teinture ou sulphur , or alchimique qui n'est nullement l'or vulgaire]; et par cette voie, qu'ils ont appelée voie humide, leur soufre et leur mercure ont été faits : c'est le mercure des philosophes, qui n'est plus solide, comme le métal, ni mou comme le vif-argent, mais entre les deux [c'est-à-dire pâteux ou filant : aussi ce Mercure est-il souvent représenté par un animal insaisissable comme le lièvre ou le cerf ; il est encore représenté par le travail de la fileuse et les Adeptes disent que cuire leur Mercure est un jeu d'enfants, par référence au ludus puerorum]. Ils ont tenu longtemps ce secret caché, parce que c'est le commencement, le milieu et la fin de l'Suvre ; nous l'allons découvrir pour le bien de tous. Il faut donc, pour faire l'Suvre : 1° purger le mercure avec du sel et du vinaigre (salade) , 2° le sublimer avec du vitriol et du salpêtre; 3° le dissoudre dans l'eau-forte ; 4° le sublimer derechef ; 5° le calciner et le fixer; 6° en dissoudre une partie par défaillance à la cave, où il se résoudra en liqueur ou huile (salade) ; 7° distiller cette liqueur pour en séparer l'eau spirituelle, l'air et le feu ; 8° mettre de ce corps mercuriel calciné et fixé dans l'eau spirituelle ou esprit liquide mercuriel distillé; 9° les putréfier ensemble jusqu'à la noirceur; puis il s'élèvera en superficie de l'esprit un soufre blanc non odorant, qui est aussi appelé sel ammoniac; 10° dissoudre ce sel ammoniac dans l'esprit mercuriel liquide, puis le distiller jusqu'à ce que tout passe en liqueur, et alors sera fait le vinaigre des sages ; 11° cela parachevé, il faudra passer de l'or à l'antimoine par trois fois, et après le réduire en chaux ; 12° mettre cette chaux d'or dans ce vinaigre très-aigre, les laisser putréfier ; et en superficie du vinaigre, il s'élèvera une terre feuillée de la couleur des perles orientales ; il faut sublimer de nouveau jusqu'à ce que cette terre soit très-pure; alors vous aurez fait la première opération du grand Suvre. [ce n'est pas la peine d'insister ici sur les détails des opérations, qui sont de pure cabale ; retenons toutefois l'allusion à la terre feuillée dont l'importance symbolique en fait un haut point de science ; voyons encore que le salpêtre et le vitriol doivent être apprêtés d'une certaine manière si l'on veut qu'ils servent à préparer convenablement le Mercure ou dissolvant]

« Pour le second travail, prenez, au nom de Dieu, une part de cette chaux d'or et deux parts de l'eau spirituelle chargée de son sel ammoniac; mettez celle noble confection dans un vase de cristal de la forme d'un Suf, scellez le tout du sceau d'Hermès [il s'agit du vase de nature fermé par le sceau vitreux d'Hermès]; entretenez un feu doux et continuel, l'eau ignée [l'aqua permanens] dissoudra peu à peu la chaux d'or; il se formera une liqueur qui est l'eau des sages et leur vrai chaos, contenant les qualités élémentaires, chaud, sec, froid et humide.Laissez putréfier cette composition jusqu'à ce qu'elle devienne noire: cette noirceur, qui est appelée la tête de corbeau [le début des opérations, cf. Donum Dei] et le saturne des sages [l'antimoine saturnin d'Artephius et de Tollius], fait connaître à l'artiste qu'il est en bon chemin. Mais pour ôter cette noirceur, puante, qu'on appelle aussi terre noire, il faut faire bouillir de nouveau, jusqu'à ce que le vase ne présente plus qu'une substance blanche comme la neige. Ce degré de l'Suvre s'appelle le cygne [le cygne est la représentation du Mercure à cette époque de l'oeuvre ; il faut citer ici les couleurs de la queue de paon qui précèdent ce stade de l'albification. Sur la volière de l'oeuvre, cf. le Jocus Severus de Michel Maier]. Il faut enfin fixer par le feu cette liqueur blanche qui se calcine et se divise en deux parts, l'une blanche pour l'argent, l'autre rouge pour l'or ; alors vous aurez accompli les travaux et vous posséderez la pierre philosophale.

« Dans les diverses opérations, on peut tirer divers produits : d'abord le lion vert, qui est un liquide épais, qu'on nomme aussi l'azot [premier état du Mercure, on le nomme AZOTH, cf. Libavius et recherche], et qui fait sortir l'or caché dans les matières ignobles ; le lion rouge, qui convertit les métaux en or: c'est une poudre d'un rouge vif; la tête de corbeau dite encore la voile noire du navire de Thésée, dépôt noir qui précède le lion vert et dont l'apparition, au bout de quarante jours, promet le succès de l'Suvre: il sert à la décomposition et putréfaction des objets dont on veut tirer l'or: la poudre blanche qui transmue les métaux blancs en argent fin; l'élixir au rouge, avec lequel on fait de l'or et on guérit toutes les plaies; l'élixir au blanc, avec lequel on fait de l'argent et on se procure une vie extrêmement longue : on l'appelle aussi la fille blanche des philosophes. Toutes ces variétés de la pierre pilosophale végètent et se multiplient... »

Le reste du livre est sur le même ton. Il contient tous les secrets de l'alchimie. Voy. BAUME UNIVERSEL, ELIXIR DE VIE, OR POTABLE, etc. Les adeptes prétendent que Dieu enseigna l'alchimie à Adam, qui en apprit le secret à Enoch, duquel il descendit par degrés à Abraham, à Moïse, à Job, qui multiplia ses biens au septuple par le moyen de la pierre philosophale, à Paracelse, et surtout à Nicolas Flamel. Ils citent avec respect des livres de philosophie hermétique qu'ils attribuent à Marie, sSur de Moïse [Marie la Prophétesse ou Marie la Juive], à Hermès Trismégiste, à Démocrite [pseudo Démocrite, voir Idée alchimique, II], à Aristote [voir IVe Livre des Météorologiques], à saint Thomas d'Aquin, etc. La boîte de Pandore, la toison d'or de Jason, le caillou de Sisyphe, la cuisse d'or de Pythagore, ne sont, selon eux, que le grand Suvre (Naudé, Apologie pour les grands personnages, etc.). Ils trouvent tous leurs mystères dans la Genèse, dans l'Apocalypse surtout, dont ils font un poème à la louange de l'alchimie ; dans l'Odyssée, dans les Métamorphoses d'Ovide. Les dragons qui veillent, les taureaux [l'un des symboles de la matière portée au creuset] qui soufflent du feu, sont des emblèmes des travaux hermétiques. Gobineau de Montluisant, gentilhomme chartrain, a même donné une explication extravagante des figures bizarres qui ornent la façade de Notre-Dame de Paris [Fulcanelli s'en est inspiré dans le Mystère des Cathédrales ; faisons remarquer le style semblable et des passages identiques entre ce texte et l'Hypotypose de Magophon, alias Pierre Dujols, cf. Mutus Liber] ; il y voyait une histoire complète de la pierre philosophale. Le Père éternel étendant les bras, et tenant, un ange dans chacune de ses mains, annonce assez, dit-il, la perfection de l'Suvre achevée. D'autres assurent qu'on ne peut posséder le grand secret que par le secours de la magie ; ils nomment démon barbu le démon qui se charge de l'enseigner; c'est, disent-ils, un très-vieux démon.

[thématique reprise en substance par Jung lorsqu'il traite de la transformation de la Trinité en Quaternité par assimilation du quatrième au Diabolus, cf. Essais sur la Symbolique de l'Esprit, Aïon et les Racines de la Conscience ; cf. encore Réponse à Job. Voyez là-dessus nos trois volets de l'Aurora consurgens, le Ripley Scrowle et le 1er volet de notre commentaire des gravures de l'Hypnerotomachie ]

On trouve à l'appui de cette opinion, dans plusieurs livres de conjurations magiques, des formules qui évoquent les démons hermétiques. Cédrénus, qui donnait dans cette croyance, raconte qu'un alchimiste présenta à l'empereur Anastase, comme l'ouvrage de son art, un frein d'or et de pierreries pour son cheval. L'empereur accepta le présent et fit mettre l'alchimiste dans une prison où il mourut ; après quoi le frein devint d'or, et on reconnut que l'or des alchimistes n'était qu'un prestige du diable. Beaucoup d'anecdotes prouvent que ce n'est qu'une friponnerie ordinaire. Un rose-croix, passant à Sedan, donna à Henri ler, prince de Bouillon, le secret de faire de l'or, qui consistait à faire fondre dans un creuset un grain d'une poudre rouge qu'il lui remit, avec quelques onces de litharge. Le prince fit l'opération devant le charlatan, et tira trois onces d'or pour trois grains de cette poudre ; il fut encore plus ravi qu'étonné ; et l'adepte, pour achever de le séduire, lui fit présent de toute sa poudre transmutante. Il y en avait trois cent mille grains. Le prince crut posséder trois cent mille onces d'or. Le philosophe était pressé de partir; il allait à Venise tenir la grande assemblée des philosophes hermétiques [allusion à la Turba]; il ne lui restait plus rien, mais il ne demandait que vingt mille écus [il est déjà assez étonnant que l'alchimiste ait demandé de l'or...] ; le duc de Bouillon les lui donna et le renvoya avec honneur.Comme en arrivant à Sedan le charlatan avait fait acheter toute la litharge qui se trouvait chez les apothicaires de cette ville, et l'avait fait revendre ensuite chargée de quelques onces d'or, quand cette litharge fut épuisée, le prince ne fit plus d'or, ne vit plus le rose-croix et en fut pour ses vingt mille écus. Jérémie Médérus, cité par Delrio (Disquisit. mag., lib. i, cap. 5, quaest. 3), raconte un tour absolument semblable qu'un autre adepte joua au marquis Ernest de Bade. Tous les souverains s'occupaient autrefois de la pierre philosophale ; la fameuse Elisabeth la chercha longtemps. Jean Gauthier, baron de Plumerolles, se vantait de savoir faire de l'or ; Charles IX, trompé par ses promesses, lui fit donner cent vingt mille livres, et l'adepte se mit à l'ouvrage. Mais après avoir travaillé huit jours, il se sauva avec l'argent du monarque. On courut à sa poursuite, on l'attrapa et il fut pendu : mauvaise fin, même pour un alchimiste. En 1616 , la reine Marie de Médicis donna à Gui de Crusembourg vingt mille écus pour travailler dans la Bastille à faire de l'or. Il s'évada au bout de trois mois avec les vingt mille écus, et ne reparut plus en France. Le pape Léon X fut moins dupe. Un homme qui se vantait de posséder le secret de la pierre philosophale lui demandait une récompense. Le protecteur des arts le pria de revenir le lendemain, et il lui fit donner un grand sac, en lui disant que puisqu'il savait faire de l'or il lui offrait de quoi le contenir (Le comte d'Oxenstiern attribue ce trait au pape Urbain VIII, à qui un adepte dédiait un traité d'alchimie-Pensées, l. 1er, p. 172.). Mais il y eut des alchimistes plus fiers. L'empereur Rodolphe II, ayant entendu parler d'un chimiste franc-comtois qui passait pour être certainement un adepte lui envoya un homme du confiance pour l'engager à venir le trouver à Prague. Le commissionnaire n'épargna ni persuasion, ni promesse pour s'acquitter de sa commission ; mais le Franc-Comtois fut inébranlable, et se tint constamment à cette réponse : ou je suis adepte ou je ne le suis pas ; si je le suis, je n'ai pas besoin de l'empereur, et si je ne le suis pas, l'empereur n'a que faire de moi. Un alchimiste anglais vint un jour rendre visite au peintre Rubens, auquel il proposa de partager avec lui les trésors du grand Suvre, s'il voulait construire un laboratoire et payer quelques petits frais. Rubens, après avoir écouté patiemment les extravagances du souffleur, le


Un alchimiste dans son atelier, David Teniers le Jeune (1610-1690) [Teniers fut un disciple de Rubens et on lui doit plusieurs tableaux sur le thème de l'alchimie]

mena dans son atelier : Vous êtes venu, lui dil-il, vingt ans trop tard, car depuis ce temps j'ai trouvé la pierre philosophaie avec cette palette et ces pinceaux. Le roi d'Angleterre, Henri VI, fut réduit à un tel degré de besoin, qu'au rapport. d'Evelyn (dans ses Numismata) il chercha à remplir ses coffres avec le secours de l'alchimie. L'enregistrement de ce singulier projet contient les protestations les plus solennelles et les plus sérieuses de l'existence et des vertus de la pierre philosophaie, avec des encouragements a ceux qui s'en occuperont.Il annule et condamne toutes les prohibitions antérieures. Aussitôt que cette patente royale fut publiée, il y eut tant de gens qui s'engagèrent à faire de l'or, selon l'attente du roi, que l'année suivante Henri VI publia un autre édit dans lequel il annonçait que l'heure était prochaine où, par le moyen de la pierre philosophale, il allait payer les dettes de l'Etat en or et en argent monnayés. Charles II d'Angleterre s'occupait aussi de l'alchimie. Les personnes qu'il choisit pour opérer le grand Suvre formaient un assemblage aussi singulier que leur patente était ridicule. C'était une réunion d'épiciers, de merciers, et de marchands de poissons. Leur patente fut accordée authoritate parliamenti.

Voilà, pour terminer, quelques mots de Svante Arrhenius, l'inventeur du concept d'ion :


Svante August Arrhenius (1859-1927)

LE TROISIÈME  PRINCIPE.

La combustion avec développement de feu et de chaleur est la plus vieille des réactions chimiques. En conséquence, les alchimistes regardaient le feu ou la chaleur comme la caractéristique des réactions chimiques. Cette idée dominait la doctrine d'après laquelle toute réaction chimique est nécessairement, accompagnée d'un dégagement de chaleur, thèse que les vieux thermochimistes considéraient comme aussi certaine que le sont pour nous les deux principes de la Thermodynamique. Pour cette raison, le grand Berthelot l'appelait « Le troisième principe ». Lui et l'autre grand thermochimiste, le Danois Jules Thomson, se servirent de cette thèse comme principe fondamental de leurs vastes travaux. Pourtant il y avait des exceptions, car les équilibres chimiques étaient expliqués par l'intervention d'énergies perturbatrices d'ordre physique.

Conférences sur quelques problèmes actuels de la chimie physique et cosmique faites à l'université de Paris en avril et mai 1922 par M. Svante Arrhénius, Gauthier-Villars, 1922



Bonne introduction à l'idée alchimique.




1-
L'idée alchimique -

Quelle est la raison qui a poussé les hommes à vouloir percer les secrets de la matière, au point qu'ils ont cru pouvoir démembrer les métaux en principes particuliers, qui n'étaient, après tout que des « synthèses mentales », pour reprendre une expression du chimiste Eugène Chevreul ? Pourquoi ces idées ont-elles duré si longtemps, au point qu'à l'aube du XIXe siècle, on en était encore au phlogistique de Stahl, qui, après tout, n'avait fait que reprendre les idées de Joachim Becher, inventeur - pour sa part - de la 2ème théorie alchimique ? Pour répondre à ces questions, nous avons fait appel aux talents conjugués de Chevreul [Résumé de l'histoire de la Matière, Journal des Savants et critique de l'histoire de la chimie de F. Hoefer, parus en plusieurs livraisons au Journal des Savants], et de Marcellin Berthelot [Origines de l'alchimie, Introduction à la Chimie des Anciens et du Moyen Âge, études diverses parues dans le Journal des Savants]. Nous y avons ajouté l'une de nos sections, qui traite de la materia prima à travers les âges. Nous espérons ainsi avoir contribué à mieux définir l'Art sacré, à mieux cerner cette antique croyance, à démystifier cette légende tenace de la transmutation métallique ; tout autant  nous espérons avoir contribué à démythifier le but que poursuivaient les alchimistes. Nous avons ajouté des Éloges sur de grands minéralogistes et chimistes français où plusieurs alchimistes ont cru déceler des rapports entre certaines facettes de leurs travaux et l'Art sacré. Une section leur est consacrée.

I. Introduction

Les Portiques du FEU : L'alchimiste a besoin d'un feu particulier qui brûle sans flamme, qui doit se comporter comme une eau ; mais il s'agit d'une eau qui doit aussi avoir certains caractères  : elle doit être permanente, avoir tantôt la fluidité qui lui est propre, tantôt celle d'une matière qui s'apparente à de la lave [ruax]. Cette parabole explique d'ailleurs une partie de l'allégorie du massacre des Innocents remployée par Nicolas Flamel. Ce préambule à une exposition plus soutenue du FEU passe par le commentaire d'un poème que l'on attribue à Lactance, le De Ave Phoenice [poème du Phénix], oiseau consacré à Osiris, au soufre rouge et à la réincrudation. C'est une occasion inespérée de s'attarder sur la conjonction produite par le choc d'éléments platoniciens, aristotéliciens et stoïciens et d'examiner les rapports, plus ou moins immédiats, avec ce qu'il est convenu de nommer le Grand Oeuvre.

Les lapidaires chinois et grecs : la métamorphose lapidaire, tel est ce qu'enseigne le Wa-Kan-San-Tsaî-Dzou-Ye . C'est l'occasion d'étudier les prolégomènes de l'alchimie et de s'étonner des étranges points de convergence - à mettre sans doute sur la base d'archétypes - entre les civilisations chinoise et gréco-romaine. Berthelot et Fernand de Mély illustrent de leurs textes érudits ces variations sur les métamorphoses. Les lapidaires constituent, par ailleurs, une clef permettant d'accéder au contenu symbolique des pierres brutes ou travaillées.

partie I : après avoir resitué l'alchimie (historique, conditions de sa genèse, précautions à prendre dans l'exégèse des premiers textes, etc.), nous continuons la section par des considérations sur les pierres précieuses en faisant voir que leur préparation constitue la grande partie des tout premiers textes, ainsi du reste que des travaux de teinture ou même des étoffes qui sont congénères. Nous indiquons que, non seulement les chimistes, mais aussi les poètes, dont Remi Belleau, se sont intéressés à l'Art sacré et ont parfois prophétisé, en anticipant sur les découvertes des minéralogistes français [émanations volcaniques, voie humide de la Nature, etc.]. Nous étudions ensuite neuf articles de Marcellin Berthelot, parus dans le Journal des Savants, qui, à des titres divers, ont à voir avec les origines de l'alchimie par des considérations sur la matière des traités, les techniques chimiques, etc.


Marcellin Berthelot [1827-1907]

Michel-Eugène Chevreul [1786-1889]

[on ne pouvait guère avoir deux personnalités aussi opposées. il n'en est pas moins remarquable d'observer que tous deux se sont passionnés pour l'Art sacré.]

Partie II : c'est l'occasion de l'examen de l'un des textes les plus connus du corpus alchimique : la Tourbe, autrement dit l'Assemblée des Philosophes, point de jonction entre l'alchimie grecque et l'alchimie arabe ; mais aussi, passage obligé vers les textes, à peine plus tardifs d'Artephius, tant étudiés par E. Chevreul et Fulcanelli... C'est encore l'occasion de prendre l'avis d'un égyptologue distingué, Gaston Maspero, sur les relations entre Ostanès le Mède et Démocrite d'Abdère. Façon de parler d'Isis, d'Osiris et d'Horus... Puis, nous abordons l'alchimie de Theoctonicos avant de prendre congé de Berthelot. Car voici qu'apparaît un Résumé de l'Histoire de la Matière, dernier ouvrage de Chevreul [Mémoires de l'Académie de sciences, t. XXXIX, 1876]. Ce texte permet au chimiste de revenir sur les philosophes grecs, qu'il aime tant, et de citer un passage prophétique du Timée. Et de voir la liaison entre les Quatre Éléments et l'alchimie primitive.

Partie III : Nous poursuivons l'étude du Résumé de l'Histoire de la Matière de Chevreul. Le chimiste discute de manière approfondie de Geber, de Van Helmont (à propos des concepts si originaux de magnale - archée -leffas - blas, etc. ), ce qui nous permet de rebondir en proposant des explications guidées par la cabale hermétique. Chevreul propose ainsi pas moins de trois époques à l'histoire de la Matière. Les périodes qui intéressent le plus l'Amoureux de science sont assurément celles où  Lulle, Rupescissa, Paracelse, Van Helmont, Glauber, Jean Rey puis Joachim Becher ont, alternativement, proposés des hypothèses qui voulaient rendre compte de leurs observations expérimentales. Mettons à part le cas de Paracelse, singulier à de nombreux points de vue... Peut-on dire, de façon générale, que les alchimistes ou les chimistes que l'on reconnaît actuellement pour Adeptes, soient parvenus à leur but ? Certes non, si nous les considérons indépendamment de leur époque. Heureusement, la critique historique, par la notion de relativisme, rend justice du jugement péremptoire des positivistes du XIXe siècle et permet de montrer, que, dans leur domaine de validité, les théories des principaux « proto-chimistes » étaient exactes ; à peu près autant que celles que soutenait encore Berthelot contre l'hypothèse atomique.

partie IV : cette section traite des idées de Stahl, relativement à celles de Becher. Chevreul fait voir que l'idée du phlogistique était toute entière contenue dans celle de la terre inflammable de Becher. Suit une partie des plus intéressantes sur les notions de ferment et de fermentation, relativement à celle de combustion. Nous sommes très prêts des Soufres de la Pierre [si l'on admet, comme nous, une hypothèse réformée de l'alchimie]. Chevreul traite ensuite presque directement notre sujet, puisqu'il admet trois périodes à l'histoire de la matière, d'abord envisagée avant l'alchimie, puis dans la période alchimique proprement dite et enfin dans la période qui va du phlogistique de Stahl aux travaux de Scheele et de Lavoisier. La période précédant l'alchimie nous avait fait ajouter une section consacrée aux Lapidaires chinois et grecs pour laquelle des compléments d'investigation sont nécessaires. A la 5ème époque définie par Chevreul, on peut distinguer les noms de Margraff - qui entrevit la nature précise du Soufre blanc -, de Macquer à qui l'on vint dire qu'il existait des terrains près de Limoges, propices à préparer la porcelaine de Saxe. Quant à Newton, il nécessite un développement séparé. [cf. mss alchimiques de Newton et la méthode a posteriori de Newton, discutée par Chevreul]

partie V : clôture de ce premier volet, Chevreul termine son Résumé de l'Histoire de la Matière en évoquant la figure de Lavoisier. Nous donnons ensuite son Atlas des Connaissances humaines, avec quatorze tableaux commentés et annotés. Signalons l'intérêt tout particulier des tableaux n°1 [les Quatre Éléments de Platon], n°2 [les rapports entre les Éléments et les matières de l'oeuvre] et n°3 [l'alchimie selon Artéphius]. Cette partie s'achève par une étude de la thérapeutique selon Paracelse [Archidoxia], J.B. Porta [Phytognomonia] et Van Helmont.

partie VI : une apostille à la pensée de Chevreul, qui fait la part belle à son fameux raisonnement A POSTERIORI, gage de la raison et de la rationalité. Occasion pour le chimiste de revenir pour la dernière fois sur Newton et Leibniz. Trois articles consacrés par Berthelot aux traductions latines des ouvrages alchimiques attribués aux Arabes ont permis de relativiser la part attribuée exactement à Geber ; seul Avicenne semble émerger en tant qu'auteur ayant réellement rédigé certains des ouvrages qui lui sont attribués. La Somme de Perfection de Geber doit dater du XIIIe siècle et ne saurait, par conséquent, être de sa main. Elle est attribuée à Paul de Tarente. Nous analysons ensuite un article de Rozières, faisant le point sur les mystérieux vases murrhins. On sait que la matière murrhine joue sans doute un grand rôle : elle fait partie de l'une des voies du Mercure, dans sa forme la plus philosophique et, si l'on peut dire, la plus subtile ; on lira dans notre réincrudation les beaux travaux de Sainte Claire Deville sur le sujet. Mais la matière même des vases murrhins reste à la fin du XIXe siècle, l'objet de débats qui ne sont peut-être pas encore terminés... Le murrhin serait-il aussi insaisissable que le Mercure des vieux alchimistes ou que la pierre philosophale ? Nous donnons ensuite les leçons 10 et 11 de l'Histoire Naturelle de Cuvier avec de nombreuses considérations sur : 
Basile Valentin - Cardan - Croll - Kenelm Digby - Libavius - Paracelse - Quercetanus (Duschene) -  Reuchlein - Jean Rey - Tritheim - Van Helmont - d'où il ressort que, même d'un mauvais livre si l'on en croit Pline, on peut toujours tirer une idée originale.

partie VII : nous donnons des articles intégrés dans la seconde partie de l'Introduction à la Chimie des Anciens, où Berthelot parle de Stephanus, du Philosophe Chrétien et de l'Anonyme. Nous développons ensuite deux des Nouvelles Lettres sur la Chimie de Justus von Liebig dont le sentiment sur l'alchimie est particulièrement positif. Il s'agit des Lettres XXXVI et XXXVII. Puis un article de Hallopeau et d'Albert Poisson consacré à Jean Rey, précurseur de Lavoisier, et à ses Essays sur le poids de l'air.

partie VIII : détail de quelques figures d'appareils chimiques, syriaques et latins au Moyen-Âge, par M. Berthelot. L'agencement de ces appareils permet d'expliquer quelques allégories dont parlent les traités alchimiques.

Cristallogénie : ses rapports entre la religion et la science. Pour des raisons que nous n'avons cessées d'évoquer dans ce site, tout laisse à croire que la Pierre philosophale se présente sous la forme d'un corps cristallisé, corps que Fulcanelli a comparé au Sundial du Palais Holyrood à Edimburgh. Il est évident que ce corps cristallin n'a aucune capacité tinctoriale, envisagée du point de vue des alchimistes. En revanche, ce corps, issu du Mercure philosophique, n'en a pas moins été capable de croître et, littéralement parlant, de se multiplier. Voilà, selon nous, l'explication de cette Pierre et la raison pour laquelle nous avons inclus une section où l'on compare la croissance des cristaux à une véritable vie.

Sur la piste du Lion vert : le Lion vert des alchimistes, c'est leur dissolvant, le bain dans lequel ils mixent leurs astres, celui dans lequel viennent se baigner, après qu'ils se soient dépouillés de leurs vêtements, le Soleil et la Lune. Cet Essai sur l'Art de la Verrerie est une leçon dans laquelle Loysel, membre étranger de l'Académie des Sciences, professe en l'An VIII, un état de l'art du verre. Et tous les étudiants en alchimie, savent que le travail du verre, aussi bien d'ailleurs que celui de la poterie - et les deux sont congénères - est important. Ils apprendront ici comment construire un four avec les meilleures argiles, comment manipuler le calorique, etc. Ils verront aussi certains rapports qui unissent le Mercure philosophique au fiel de verre [cette partie a été ajoutée après une lecture critique de l'un des chapitres de l'Atalanta fugiens]. L'essai de Loysel est suivi des Douze Leçons sur l'art de la verrerie, que nous devons à Melchior Péligot. Ces essais complètent, notamment par de riches illustrations, les enseignements de Loysel et de Bosc d'Antic.

Protée: partie I et II - Études sur le métamorphisme des roches de Gabriel-Auguste Daubrée. Par ses expériences en vue d'expliquer les modifications des roches survenues au contact de masses calcaires et de roches trappéennes, Daubrée fait voir toute l'importance de la voie humide dans les synthèses cristallines, et, surtout, la présence de certains agents minéralisateurs, dont les sels d'étain, les sels fluorés, et de manière plus générale, les sulfures et les chlorures. Daubrée passe en revue un grand nombre d'expériences analogues aux siennes, conduites tant par la voie humide que par la voie sèche, d'ailleurs, et que nous avons rapportées dans plusieurs sections [Soufre, réincrudation, Mercure de nature, etc.]
- partie III et IV : Études sur le métamorphisme des roches d'Achille Delesse. Delesse fait voir dans ses Études tous les rapports de voisinage, de cousinage, entre les roches encaissantes et les formations cristallisées qui leur ont donné, à proprement parler, naissance. Delesse en arrive même à dire de certaines roches qu'elles possèdent un caractère hermaphrodite [à propos du gneiss]. Il n'y a pas moins de cinq entrées sur l'origine géologique du corindon [4 entrées sur le spinelle, 3 sur la topaze, 4 sur la tourmaline, 22 sur le grenat].

II. les Origines de l'Alchimie [Marcellin Berthelot]


frontispice d'une édition des Origines de l'Alchimie,

ouvrage incomplet disponible sur le serveur Gallica de la bnf en mode texte ; ouvrage complet disponible sur le site hermétisme et alchimie

III. Introduction à la chimie des Anciens [Marcellin Berthelot]  -
partie I - II - III - IV - V - VI - VII -

IV. L'histoire de l'alchimie et de ses doctrines

1)- la materia prima à travers les âges ;

2)- les études historiques de Ferdinand Hoefer, relues par Eugène Chevreul [15 articles] ;

3)- La Monade Hiéroglyphique [John Dee]

Ce texte traite de la doctrine alchimique, sous le couvert d'une figure hiéroglyphique qui s'avère être un compendium de la série mercurielle, par opposition à la série soufrée. John Dee fait voir que les pierres précieuses ne seraient peut-être pas étrangères au sujet de l'oeuvre.

4)-La Légende de Seyfried à la peau de corne [anonyme]

Ce poème épique traite de la légende de Siegfried et de son combat contre le dragon qui garde un trésor dans une montagne où vivent des nains et des gnomes. C'est la légende des Nibelungen dont Richard Wagner a tiré la substance de son Ring. Nous montrons que plusieurs traits de ces vieilles légendes, par le truchement du mythe, renvoient à de structures qui rappellent, en maints endroits, celles développées par les hermétistes et les alchimistes grecs du IIIe siècle ap. J.-C., c'est-à-dire à l'époque où s'est constitué le Corpus hermétique attribué au fabuleux Hermès Trismégiste.

V. L'affaire de l'argentaurum, et un épisode alchimique en Lorraine -
August Strindberg et l'alchimie - Clovis Hesteau de Nuysement -

Nous faisons voir que les alchimistes ont peut-être entrevu la préparation d'une variété d'argent allotropique qu'ils prenaient pour de l'or alchimique. Nous analysons les principales investigations déterminées en ce sens, en privilégiant les travaux de Carey Lea, qui nous semblent être les plus rationnels et les mieux décrits. Les matières premières employées par Carey Lea offrent de curieuses similitudes avec celles que nous avons déterminées comme étant essentielles à l'oeuvre : nous avons ainsi la pierre infernale [nitrate d'argent], le sel de La Rochelle [sel de Seignette, obtenu à partir du tartre vitriolé], le vitriol vert et l'eau forte. Nous donnons aussi un aperçu de la notion d'allotropie et d'isomérie [travaux de Naquet] et une hypothèse originale de J.B. Dumas sur la matière première des éléments simples, où le chimiste a peut-être entrevu ce que Mendeleiev devait organiser dans sa classification périodique. Un article original termine la section sur l'argentaurum et met à contribution les acquisitions récentes de Gallica sur les archives de Lorraine et d'Aquitaine. Nous avons ajouté à cette sous-section un exposé sur les expériences alchimiques d'August Strindberg, qui, dans un certain sens, sont uniques et peuvent servir d'exemple à tous ceux qui ne savent pas ce qu'ils font. Strindberg était un esprit génial mais en chimie, il a commis la bévue de confondre les poids atomiques et les poids moléculaires, ce qui l'a conduit à écrire des énormités... qui n'ont point fait sourciller Jollivet-Castelot.  Quelques notes biographiques concernant le poète alchimique Clovis Hesteau de Nuysement, dont nous avons déjà parlé dans le Traité du Sel de Sendivogius et dans l'étude sur Alexandre Sethon.
 

VI. Introduction à l'oeuvre de Roger Bacon

Roger Bacon [à ne pas confondre avec Francis Bacon, né trois siècles plus tard] fait figure de météore ou plutôt de comète dans le ciel intellectuel du XIIIe siècle. Il a anticipé sur les avancées du XXe siècle en matière de locomotion ; il a signalé une erreur du calendrier au pape Clément IV ; il a encore fait oeuvre de mathématicien, de physicien, de chimiste et d'alchimiste. Plusieurs traités lui sont attribués et il semble que le Miroir d'alchimie ne soit pas un texte apocryphe puisqu'on en trouve le têtes de chapitre dans l'Opus tertium. L'importance tout à fait remarquable de Roger Bacon nous a conduit à approfondir l'étude des sources sur ce moine franciscain et grâce à Gallica [serveur de la bnf], nous avons pu collationner tout un ensemble de textes sur Bacon qui forment un ensemble unique. Par delà l'alchimie, qui n'intervient plus que comme prétexte, c'est à une introduction de l'oeuvre que nous convions le lecteur. L'importance des textes nous a conduit à scinder en deux la section correspondante : Roger Bacon, une introduction et le Speculum alchimiae qui contient notamment les fameux articles de Victor Cousin parus au Journal des Savants, en 1848, en quatre livraisons.
 
 
VII. L'Aurora Consurgens [ I - II - III ]

Il s'agit d'un écrit attribué à saint Thomas d'Aquin mais qui est beaucoup plus généralement considéré comme pseudo aquinate. Il se compose de deux parties dont la première - la plus intéressante pour l'alchimiste - n'a pas été publiée à l'origine compte tenu de son contenu parfois sacrilège. Il existe plusieurs versions de cet ouvrage, orné de 38 superbes miniatures qui sont à ranger auprès des aquarelles du Livre de la Sainte Trinité.  Au XXe siècle, Carl Gustav Jung s'est attelé à l'étude de l'alchimie à partir de 1928 et c'est son élève, Marie-Louise von Franz qui a publié l'Aurora Consurgens [traduction et commentaires] comme 3ème partie du Mysterium Conjunctionis dont les deux premiers volumes ont été écrits par Jung et traduits par les soins d'Etienne Perrot [trad. Albin Michel, 1980 et 1982]. Notre commentaire est original et distribué en trois sous-sections.

a)- La première partie couvre le commentaire des 21 premières aquarelles [Zurich, Zentralbibliothek, MS. Rhenoviensis 172] ; il est précédé d'une introduction en plusieurs points où nous discutons de Jung, des rapports qu'entretiennent l'animus et l'anima ainsi que du Mercurius Redivivus avec des notes sur un texte de Gerhard Dorneus.

b)- La deuxième partie présente les aquarelles du MS. Rhenoviensis de 22 à 38, avec quelques redondances selon qu'il y ait une ou deux versions du XVe ou du XVIe siècle. Nous analysons également des aquarelles du Codex Vossianus F 29 de Leiden qui, semble- t-il, ne font pas partie de la version de l'Aurora consurgens qui y est annexée : en effet, Jung dans son Psychologie et Alchimie, présente plusieurs de ces aquarelles en les commentant par l'indication De Alchimia, pseudo d'Aquin, mais elles apparaissent en fait après les folios du De Alchymia et sont à rapprocher du Buch der Heiligen Dreifaltigkeit, qui occupe une place de premier choix dans l'iconographie alchimique, comme Barbara Obrist l'a montré dans son ouvrage [les débuts de l'imagerie alchimique au XIVe et XVe siècle : Aurora consurgens - Livre de la Sainte Trinité, le Sycomore, 1982]. Dans cette deuxième partie, nous poursuivons notre commentaire de la recension alchimique dans l'oeuvre du magicien de Küsnacht [expression bienvenue de Giles Guispel].


Carl-Gustav Jung (1875-1961)
Mysterium Conjunctionis vol. I et II


Marie-Louise von Franz (1915-1998)
Mysterium Conjunctionis vol. III : AC


c)-
La troisième partie
: nous commentons un article très important sur les rapports entre le culte de Cybèle et Attis, afin de dégager que l'hermaphrodite des alchimistes était en fait déjà bien présent dans les cultes antiques, sous l'épithète d'Agdistis. Par ailleurs, on dégage des points dans les cultes d'Attis, d'Agdistis, d'Ishtar [Nanâ, Astarté, Vénus] ayant des analogies avec ce que rapportent les Évangiles. On discute des rapports [plus que douteux] entre Thomas d'Aquin et l'alchimie. Nous commentons aussi un ouvrage traitant de forme et matière chez Thomas d'Aquin, quand bien même nous sommes persuadés que l'Aurora consurgens n'est pas de Thomas [il n'a jamais lu les écrits hermétiques...].

VIII. Dyas Chymica Tripartita

Ouvrage publié en 1625 par les soins de Lucas Jennis, il s'agit d'un livre absolument somptueux dont on doit la numérisation à la Herzog August Bibliothek sous la côte nd-779 :

Walch, Johannes (Hrsg.): Dyas Chymica Tripartita, Das ist: Sechs Herrliche Teutsche Philosophische Tractätlein ... / Nunmehr aber Allen Filiis Doctrinæ zu Nutz an Tag geben/ vnd mit schönen Figuren gezieret. Durch H. C. D.. - Franckfurt am Mayn : Jennis, 1625. - 87, 150 S., [1] Bl., 24 S., [1] Bl. : Ill. (Kupferst.). ; 4­ Bibliogr. Nachweis: Bircher B 14341-14348. - Vorlageform des Erscheinungsvermerks: Franckfurt am Mayn bey Lvca Jennis zu finden. Anno M. DC. XXV.. - Die Vorlage enth. insgesamt 7 Werke
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Johann GRASSHOF [Hermannus Condeesyanus].
Dyas chymica tripartita, Das ist: Sechs Herrliche Teutsche Philosophische Tractätlein, Deren II. von an jtzo noch im leben: II. von mitlern alters: und II. von ältern philosophis beschrieben worden. Nunmehr aber Allen Filiis Doctrinæ zu Nutz an Tag geben, und mit schönen Figuren gezieret. Durch H[ermannus] C[ondeesyanus] D.
4° Franckfurt am Mayn bey Luca Jennis zu finden 1625
Ferguson Wolfenbuttel NU.Cat. British Lib. Wisconsin

1. Ein güldener tractat vom philosophischen steine. p. 11-66
2. Aureum seculum redivivum das ist: Die ulralte entwichene güldene zeit, so nunmehr... offenbahret: Hinricus Madathanus.
p. 67-81
3. Vier tractätlein fr. Basilii Valentinii... von dem grossen stäin der uralten weysen maister. p. 3-87
4. Lambspring, das ist: Ein herrlicher teutscher tractat vom philosophischen steine welchen... Lampert Spring... beschrieben hat. p. 87-117
5. Vom philosophischen steine, ein schöner tractat vom einem teutschen philosopho im jahre 1423 beschrieben. p. 121-137
6. Vom philosophischen steine ein kurtzes tractätlein so... Liber alze genennet worden. p. 139-156
7. Hermetico-spagyrisches lustgärtlein: darinnen hundert und sechtzig unterschiedliche, schöne, kunstreiche, chymico-sophische emblematat [von Johann Daniel Mylius]. 1-25

Il se compose de trois parties [1-2 ; 3-6 ; 7]. On y trouve un Traité d'Or sur la pierre des philosophes [attribué à Mynsicht] ; puis l'Aureum Seculum Redivivum de Mynsicht ainsi que le Livre d'Alze [anonyme]. Ces trois ouvrages ont été publiés dans le Musaeum Hermeticum à Francfort d'abord en 1625 puis en 1678. On trouve encore les Douze Clefs de Philosophie du pseudo Basile Valentin et quatre traités attribués au même, dans la collection intitulée Vier Tractätlein Fr. Bas. Valentini, etc. jetzo den filiis doctrinae zum besten in Truck gegeben durch H.C.D.; Francof., 1625, in-4° [cf. F. Hoefer, Histoire de la chimie, deuxième époque, p. 459]. Vient ensuite le traité De Lapide Philosophico du mystérieux Lambsprinck dont nous avons si souvent parlé dans nos pages : il se compose de douze poèmes avec légendes, ornés de douze figures. Un autre Traité anonyme sur la Pierre des Sages composé vers 1423, encore appelé Tractatus de Generatione Metallorum, également publié dans le Musaeum Hermeticum. Enfin, la 3ème partie offre un feu d'artifices éblouissant : elle se compose d'un ensemble de planches dans lesquelles on retrouve les cent soixante médaillons du Jardinet Hermético-spagyrique de Stolcius von Stolzenberg [on connaît une version antérieure, le Jardinet Chymique qui comporte cent sept gravures provenant de divers ouvrages, comme les Douze Clefs, le Symbola aureae mensae ou le Rosarium philosophorum, chacune accompagnée d'un sizain, Francoforti, 1624, rééd., Darmstadt 1964] édité à Francfort en 1625. Chaque médaillon se rapporte à un alchimiste et à une citation tirée de ses oeuvres. Ces planches sont précédées du Janitor Pansophus [seu Figura Ænea quadripartita cunctis Museum hoc introeuntibus, superiorum ac inferiorum scientiam Mosaico- Hermeticam, analytice exhibens].

IX. Ripley Scrowle


Ripley Scrowle, Welcome Library, XVIe siècle

On compte une vingtaine d'exemplaires de ces rouleaux peints sur lesquels figurent, outre de très belles pièces de symbolisme alchimique, des versets appelés Verses belonging to an emblematic Scrowle et qui se trouvent, par ailleurs, dans le recueil d'Elias Ashmole, le Theatrum Chemicum Britannicum. Nous avons choisi pour notre analyse l'exemplaire de la Huntington Library, très bien conservé. Point de départ de nos commentaires sur les quatre panneaux qui s'étagent sur le Ripley Scrowle [RS]. Le panneau inférieur offre une occasion unique de s'attarder sur les connexions analogiques entre alchimie et psychologie ; des extraits commentés de Jung nous permettent de faire rebondir nos réflexions.

X. Le Songe de Poliphile [Hypnerotomachia Poliphili, Francesco Colonna]

Chef d'oeuvre d'impression du libraire Alde Manuce, le Songe de Poliphile, au travers de ses nombreux bois gravés, véhicule une thématique symbolique des plus riches qui n'a pas manqué d'être exploitée par les hermétistes [Jacques Gohory, Béroalde de Verville, etc.]. Il nous a paru utile de donner un aperçu des possibilités de ce que Jung appelle « imagination active » dans le domaine réservé des songes allégoriques. Cette section constitue ce qu'il est convenu d'appeler un « work in progress » dont l'époque d'achèvement ne nous est pas connue.


Poliphile et Polia, livre second, f° 145 v°, 1545

XI. alchimie et philosophie - I - II -

Orthelius est un alchimiste peu connu qui a commenté assidûment la Novum Lumen Chymicum de Sethon - Sendivogius. Plusieurs gravures fort intéressantes ornent son traité. L'occasion nous est donnée d'un essai sur les rapports que peuvent entretenir alchimie et philosophie kantienne, concernant notamment les concepts d'objet et de sujet, mis en parallèle avec ceux d'agent et de patient. Cette section est composée d'un premier essai consacré à la possibilité formelle d'un rapport entre alchimie et philosophie critique. Puis d'un deuxième essai, sur les relations catégorielles des symboles alchimiques mis en perspective avec l'évolution d'une pensée : celle de Jean- Jacques Rousseau. L'articulation entre les Essais tient à un symbole essentiellement protéiforme, qu'en alchimie on nomme la nigredo et qui exprime la dissolution [sur le sens à donner à ce mot, en alchimie, voir mes études de symbolisme]. Un troisième essai permet de médiatiser le noumène via la dynamique à partir d'un donné, pris en tant que sujet, progressivement saisi comme objet. L'intégration est assurée par l'intuition dont le moteur est ce que Kant appelle la grandeur intrinsèque.


* Dans le 1er essai, je tente une approche permettant de lier le symbole alchimique et la forme, par l'apport conceptuel d'Ernst Cassirer.

** Dans le 2ème essai, les résultats de cette approche sont projetés sur une figure emblématique de la pensée française, Rousseau ou Jean-Jacques selon que lui-même s'est présenté tel, au fil des moments de son oeuvre.

*** Un 3ème essai est consacré aux rapports entre Rousseau, Kant et Tolstoï. Le concept d'inversion y tient la plus grande part, dans ses rapports avec la révolution, et amplifie ce que j'ai dit, dans le 2ème essai, du symbole de la nigredo. Il tient compte, notamment des rapports du cercle de la nigredo avec l'oeuvre de Fichte et renvoie à la figure de la spirale.

2- Précis de symbolisme alchimique Ø

Nous dégageons d'abord des « relevés d'apprenti », entamés depuis juillet 1999.

I. Les Principes

Après une courte introduction, qui situe le cadre de notre interprétation, nous débutons en resituant l'alchimie dans un contexte historique d'époques successives et en montrant que, bien loin d'être un objet irrationnel livré aux seuls théosophes, elle fut au contraire un lieu de réflexion et de rassemblement d'un cénacle de philosophes et de savants, parmi lesquels on comptait Robert Boyle et Isaac Newton. Nous essayons ensuite de cerner l'un des trois principes de l'alchimie, que depuis Paracelse, on nomme le Sel des philosophes. Des gravures de Lambsprinck sont commentées avant que nous n'abordions l'athanor secret, c'est-à-dire le fourneau hermétique : Cybèle nous sert de référence et de transition pour aborder le feu secret, occasion de nous pencher sur quelques gravures des Figures Hiéroglyphiques et des planches du Mutus Liber. Nous examinons ce qui se cache sous l'expression « laton non net » ou « merle de Jean » avant d'aborder la balance, arcane essentiel. Puis, le concept de réincrudation qui cache des procédés de technique mettant en jeu des réactions chimiques parfois réversibles. Le chêne, autre arcane admirable, est ensuite commenté. De nombreux renvois en notes constituent alors un texte caché, ou, par des liens alternés, nous tissons la toile de notre propre labyrinthe. C'est ici que les Argonautes entamèrent leur périple... Nous analysons des extraits du Mystère des Cathédrales et des Demeures Philosophales.
 

Eyrénée Philalèthe

Sous ce pseudonyme se dissimule l'un des plus grands Adeptes de tous les temps. Son Entrée Ouverte au Palais Fermé du Roi est analysée en cinquième partie. Pour l'instant, seuls sept chapitres sont commentés ; s'il est le plus complet sur l'oeuvre, ce traité est aussi celui qui est le plus truffé de pièges et de chausse-trappes...


frontispice de l'Entrée ouverte au palais fermé du Roi, édition de 1667

2. Les Vertus

Nous analysons ici un chapitre entier des Demeures Philosophales : le tombeau de François II, duc de Bretagne et de ses gardes du corps. Cette section continue la première et complète l'étude du symbolisme hermétique par l'examen des quatre Vertus qui nous amène à des développements touchant en particulier la signification du nombre 37, des lettres C, G, R et X. Nous donnons une tentative d'interprétation symbolique - conforme à la doctrine alchimique - des douze travaux d'Hercule. Plusieurs « objets hermétiques » sont en outre analysés, tels l'île de Délos, l'antimoine et les réitérations et imbibitions. Nous terminons en évoquant un métalloïde qui pourrait bien être celui que décrit Fulcanelli dans ses ouvrages et que les Anciens nommaient « étain de glace ».

3. St Grégoire-du-Vièvre

Oasis de fraîcheur dans un domaine où l'aridité menace, ce logis alchimique nous permet de renvoyer à un site consacré à l'étude de l'Ésotérisme dans l'histoire de France. Ce site présente de nombreux forums et est des plus actifs. Le nom de Fulcanelli y est probablement dévoilé. Qu'il nous suffise de donner ses coordonnées de naissance pour autant qu'il s'agisse du « bon » Fulcanelli : 16 novembre 1841, à 1 heure du matin, à Langres (Haute-Marne). L'église de St Grégoire -  du - Vièvre recèle un rébus hermétique que nous analysons en détail.
 

4. Blasons alchimiques

Moins tenu au texte, plus proche de l'Esprit que du Verbe, les blasons et écus armoriés permettent de faire ressortir plus librement et d'exposer des symboles et des points de science encore trop peu connus ou pas encore dévoilés. Outre la richesse iconographique, le lecteur en saura plus sur le Mercure pétré, la Rosée de Mai et les manteaux cosmiques.
 

5. La Réincrudation

Sous ce terme de technique hermétique sont cachés de « hauts secrets » qui concernent en particulier le symbolisme de l'antimoine, celui du principe Soufre et sans doute aussi d'une partie du feu secret. C'est l'occasion d'étudier la « vie et la mort » des métaux et leur indifférence aux réactions chimiques lorsque leurs oxydes ont été trop chauffés ; cette remarque n'émane pas d'un alchimiste mais d'un chimiste de grand renom à son époque, Pierre Berthier. A cheval entre le XVIIIe et le XIXe siècle, il constitue le trait d'union entre la chimie de Lavoisier et celle de Gay-Lussac. Le médiateur salin est l'occasion d'étudier l'un des Mercures possibles, en l'occurrence le spath-fluor [myrrhe, fluorine, fluorite]. Dans une 2ème partie, on étudie l'Eau Divine de Zosime et ses rapports avec le Mercure philosophique, puis on détaille l'examen de la porte alchimique de la villa Palombara [analyse originale par rapport à l'étude qu'en a donnée E. Canseliet].
 

6. Eugène Chevreul

Le célèbre chimiste, mort centenaire, fut un passionné d'alchimie qui collectionna les manuscrits les plus rares jusqu'à la fin de sa vie. Il a notamment publié deux séries de longs articles dans le Journal des Savants que nous analysons dans ces deux chapitres :
 

a)- critique d'Artéfius ;

Dans cette section, nous avons établi le texte d'Eugène Chevreul, à partir des documents numérisés de la bnf. Chevreul défend le fait qu'un traité d'alchimie - Clavis Majoris Sapientiae, d'habitude attribué à Alphonse X, est en réalité l'oeuvre du mythique Artéphius (ou Artéfius). Chevreul développe son argumentation d'abord dans un Mémoire de l'Académie des sciences, puis dans trois articles du Journal des Savants. Il parle également de trois Adeptes de Normandie, qui comptent parmi les plus curieux qui soient : Grosparmy, De Valois et Vicot. La section se termine par l'exposé du Livre secret d'Artéphius, annoté et commenté.

b)- critique de Cambriel

Voici une histoire de l'alchimie qui ne dit pas son nom et dans laquelle, Chevreul, avec son érudition extraordinaire, qui n'a d'égale que celle de C.G. Jung, brosse un tableau complet de l'histoire des principaux alchimistes et de leurs doctrines. Nous avons complété certains détails biographiques grâce à l'Histoire de la Chimie de F. Hoefer.

Il est nécessaire de rattacher à cette étude une autre que le chimiste a consacré à Isidore Geoffroy Saint Hilaire : HISTOIRE NATURELLE générale des règnes organiques, principalement étudiée chez l'homme et les animaux, par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. En effet, dans sa critique - formant le 5e article sur cet ouvrage -, Chevreul donne des vues pénétrantes sur la Philosophie Naturelle Restituée [Enchiridion] de Jean D'Espagnet ainsi que sur les Aphorismes Basiliens de Nicolaus Niger Hapelius, anagramme de Raphael Eglinus Iconius. Chevreul donne de surcroît une belle leçon de philosophie hermétique à sa façon.

c)- biographie d'Eugène Chevreul

La vie, le personnage, l'homme en un mot, tout fascine chez Michel-Eugène Chevreul. Son caractère, son oeuvre, sa destinée, son extrême longévité, tout semble spécial chez cet homme singulier. Ce qui nous touche particulièrement, c'est qu'il ait consacré de son temps et de son oeuvre à analyser des traités d'alchimie, à en faire l'exégèse, pour certains, et à montrer l'étonnante perspective que prend l'alchimie, quand on la considère sous le point de vue conceptuel. Est-elle une protochimie, fait-elle partie de l'Art sacré ? Est-elle une technique métallique, une projection spirituelle ? Voilà des questions auxquelles s'est attelé celui qui se faisait appeler le « doyen des étudiants de France ». Il n'est que justice que nous citions la notice historique de Marcellin Berthelot qui rendait hommage, devant ses pairs de l'Académie, à son illustre collègue. Nous donnons aussi quelques pages sur Chevreul, écrites par Charles Moureu [la Revue de Paris] et par Louis Mangin [5ème Congrès de Chimie industrielle]. Le texte est complété de nombreuses photographies dont certaines font partir du célèbre reportage illustré par Félix Nadar en 1886 à l'occasion du centième anniversaire du grand chimiste.

d)- critique du Dr. Hoefer, auteur d'une Histoire de la chimie - [I - II - III - IV]

Voici une nouvelle occasion pour le Doyen des étudiants de France d'écrire un autre traité d'alchimie qui ne dit pas son nom. Certes, il faut modérer notre propos, car Chevreul n'était pas un alchimiste. C'était avant tout un scientifique de la plus grande valeur, un esprit droit et ordonné, mais c'était surtout, peut-être, un curieux de nature. Sous ce rapport, c'est objectivement et sous l'angle de vue historique qu'il remet en ordre les connaissances chimiques qu'avaient les Anciens, et, notamment les alchimistes. Chevreul, à travers l'examen [15 articles du Journal des Savants, 1843, 1844, 1845, 1849, 1850] de la somme historique du Dr. Hoefer, évoque les  trois natures alchimiques : le sel, le soufre et le mercure. Il montre en particulier que Paracelse - qui s'avère un personnage assez peu recommandable, en dépit d'éclairs de génie - n'est nullement l'inventeur du Sel des philosophes, et qu'on en trouve trace jusque dans les écrits de Geber [sous le nom d'Arsenic]. Lorsque Chevreul évoque Becher et Stahl, il examine avec soin les néo principes alchimiques, qui avaient été retrouvés sous les dehors de la terre inflammable, de la terre mercurielle et de la terre vitrifiable. Nous avons eu l'occasion d'insister, dans un contexte il est vrai différent, sur ces néo principes dans la section sur Fontenay-Le- Comte. Le 2ème article - la livraison 1844 du Journal des Savants n'a pas été numérisée par la bnf - a pu être ajouté grâce au fonds de la bibliothèque municipale de La Rochelle [bibliothèque Crepeau].  Par ailleurs, un exposé de Chevreul sur l'Histoire de la matière, depuis les temps les plus reculés jusqu'à Lavoisier, permettait déjà de rattraper la teneur de l'article manquant, afin d'exposer les vues du chimiste sur la pensée des alchimistes grecs, de Platon, d'Aristote, etc.

e)- critique des Mémoires de Jacques-Joseph Ebelmen


Jacques-Joseph Ebelmen (1814-1852)

Est-ce un hasard, si les Mémoires d'Ebelmen ont été réunis dans un ouvrage préfacé par Chevreul ? Un hasard encore si Ebelmen succède à Pierre Berthier, l'un des premiers à avoir obtenu de véritables pierres artificielles, comme le péridot ? Il ne nous semble pas possible de croire que Chevreul n'avait pas son idée des travaux de synthèse minéralogique d'Ebelmen, alors même qu'il édifiait une des plus belles collections de manuscrits alchimiques du XIXe siècle, peut-être la plus grande, à mettre en parallèle avec celle que constitua, plus tard, Carl-Gustav Jung. Mais, si dans le chapitre 89 de son Résumé de l'histoire de la Matière, il donne les deux versions de l'alchimie, la première, chimérique, traitant de la transmutation des métaux, et la seconde, positive, traitant de la maturation des pierres communes en pierres précieuses, il n'est jamais allé au-delà et ne s'est pas décidé à y voir un travail réel.

f)- écrits divers sur l'histoire des sciences et la philosophie des sciences

- Résumé d'une histoire de la Matière - Atlas - Tableau des connaissances humaines - la médecine selon Paracelse -
- critique d'une histoire de la magie -
- méthode a posteriori de Newton et méthode a priori de Leibniz -
- distributions des connaissances humaines du ressort de la philosophie naturelle -
- De l'Abstraction considérée relativement aux Beaux-Art et à la Littérature -
- La Vérité sur l'Invention de la Photographie - Considérations sur la Reproduction, par les procédés de M. Niépce de Saint-Victor, des images gravées, dessinées ou imprimées -

7. De la nature de la Pierre

Nous montrons dans cette section que, aussi insensé que cela puisse paraître de prime abord, le Mercure philosophique a dû exister à un moment donné dans la genèse des gemmes fines et précieuses. Cette genèse a procédé obligatoirement du métamorphisme de contact entre des roches trappéennes et calcaires, à proximité d'argiles ou de schistes argileux ou alunifères. La transformation du calcaire en dolomie est évoquée en détail et nous citons de nombreux extraits des Comptes rendus de l'Académie des sciences, allant dans le sens de notre hypothèse. Nous terminons la section en évoquant le poids de nature, comparé au poids de l'art ; une analyse multi-variée permet de dégager trois axes : le couple Jupiter-Terre ; Jupiter-Lune et soleil-Lune.
 

8. L'Olympe hermétique

Dans cette section, nous partons à la chasse aux planètes hermétiques, discutons des rapports entre astres et zodiaque, des époques propices à l'oeuvre, des raccourcis inattendus que l'on découvre à travers les révolutions sidérales dont la connaissance doit tant à quelqu'un qui fut lui-même alchimiste : Isaac Newton. Mais cette chasse est aussi une quête qui nous permet de mieux saisir les rapports de proximité entre couleurs, métaux et planètes. A partir de là, nous tâchons d'analyser le symbolisme de « l'humide radical métallique » qui se dégage de ce que les Artistes nomment l'agriculture céleste.

[A partir de là, nous signalons au lecteur, dans la section symbolisme les textes particulièrement importants qui sous tendent l'ensemble du formalisme allégorique]
 

9. Huginus à Barma et la Toyson d'or

Il s'agit de textes exceptionnels qui sont de véritables traités d'alchimie ; ils évoquent surtout de la voie humide et évoquent le dragon rouge des anciens alchimistes. Une iconographie unique s'attache à la Toyson d'or, par relation avec un autre traité, le Splendor solis, bien antérieur.
 
 

10. L'Oeuvre secret de la Philosophie d'Hermès

S'agit-il d'un traité entièrement spéculatif ou bien Jean d'Espagnet a-t-il oeuvré au fourneau, c'est ce qu'il est difficile d'affirmer au vu de ce traité. Trois choses sont sûres, cependant : c'est un traité complet sur l'Art sacré - raison pour laquelle nous l'avons inclus dans la partie traitant expressément du symbolisme ; c'est un traité sur la voie humide ; il a toujours été lu depuis sa parution, de Newton à Jung, en passant par Dom Pernety et Fulcanelli. L'auteur des Fables Égyptiennes et Grecques s'y réfère très souvent, à égalité avec le pseudo-Flamel. C'est un écrit, enfin, qui présente un étrange cousinage avec l'Introïtus de Philalèthe.
 
 

11. La Matière des alchimistes

Tous les minéraux et les métaux défilent sous la plume des alchimistes pour qualifier cette matière qui s'avère protéiforme et aussi peu saisissable que le Mercure des philosophes ou le vif-argent vulgaire... Quelle est donc cette matière ? D'où tire-t-elle son origine et à quoi servait-elle ? Autant de questions que nous essayons de résoudre en analysant la Matière, paragraphe extrait du Dictionnaire Mytho-Hermétique de Dom Pernety. [merci à Alain Mauranne pour le texte de Pernety]

12. Le vrai Cosmopolite : Alexandre Sethon

C'est une figure mythique, et pourtant bien réelle, que nous abordons dans cette section. Sethon a pourtant, pendant un temps, été occulté par la figure de Michael Sendivogius qui a trafiqué son Traité de la Nature [les Douze Traités], l'a plagié dans le Traité du Soufre qui n'est donc qu'un ouvrage supposé. Seul le Traité du Sel est reconnu pour être d'un autre Artiste, le sieur Clovis Hesteau de Nuysement. Nous avons essayé dans cette section de regrouper le maximum de renseignements sur le personnage d'Alexandre Sethon par plusieurs sources et nous en avons profité pour développer certains points de symbolisme. Pour cela, nous avons utilisé certains articles du Dictionnaire mytho- hermétique de Dom Pernety [disponible sur deux sites, l'un en version html, l'autre en version Acrobat]. enfin, nous avons largement commenté le Traité du Sel, de Nuysement, qui révèle des choses bien intéressantes même si, bien sûr, il reste aussi sibyllin que les autres, et ne dévoile, sauf à un moment, aucune des qualités réelles des matières premières de l'oeuvre.
 
 

13. Mutus Liber

L'un des ouvrages les plus attachants de la littérature alchimique, chef-d'oeuvre iconographique, tant dans la pratique de l'oratoire que du laboratoire, la théorie rejoignant souvent la pratique et ce, aussi bien dans les travaux d'agriculture céleste que terrestre. C'est un livre qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre, en faisant un peu d'esprit. Mais que le lecteur sache que la cabale hermétique y est omniprésente. Nos commentaires sont enrichis de l'Hypotypose de Magophon [alias Pierre Dujols] dont nous montrons assez la parenté évidente de maints passages avec le Mystère des Cathédrales, pour qu'il ne soit pas besoin de chercher midi à quatorze heures, si l'on nous suit bien. Des commentaires d'Armand Barbault [l'Or du Millième matin, Paris, 1969] complètent des données de symbolisme pour quelques planches. Nous donnons, dans la section des gravures, les planches dans leur version de la Bibliotheca Chemica Curiosa  de Manget.

14. Fontenay-Le-Comte

Avec Fontenay, c'est la quintessence que nous abordons. Ce n'est pas moins de quatre monuments qui sont analysés dans cette section : la fontaine des quatre Tias, la tour Rivalland, des éléments du château de Terre-Neuve, le portail olympique du Château- Gaillard et l'arbre de vie de l'Eglise Notre-Dame. A partir de ces éléments, nous dégageons les notions de Sel, Mercure et Soufre qui nous permettent d'en isoler les vertus les plus cachées. Plusieurs arcanes de l'oeuvre sont examinés, comme la licorne, la flèche, des symboles maçonniques. Nous devons l'ensemble de la section à M. Alain Mauranne et de substantiels renseignements à M. Philippe Litzler. Enfin, M. Marc-Gérald Cibard est allé visiter la tour Rivalland et nous a donné des informations complémentaires, touchant en particulier à l'orientation des façades.
 

15. Philosophia Reformata [Mylius]

Avec cette série de 28 gravures, c'est à un autre texte muet que nous sommes confrontés. Moins original que le Mutus Liber, la Philosophia reformata expose 28 gravures, dont certaines sont très visiblement empruntées à Basile Valentin et ses Douze Clefs de Philosophie. On remarquera le symbole du puits, qui livre la clef de l'origine du dissolvant. D'autres symboles sont commentés mais ils n'apportent rien de vraiment nouveau. Si ce n'est la beauté, bien sûr, de nombreuses reproductions.
 

16. Le Zodiaque alchimique


Nous proposons ici une apostille au commentaire de l'Atalanta fugiens qui étend ce que nous avons dit, touchant aux signes du zodiaque. Nous espérons ainsi faire voir, par l'image autant que par le texte, la richesse conceptuelle de l'alchimie qui dépasse les textes purs et permet de pouvoir penser, d'une manière quasi totale, le monde comme objet hermétique, ainsi que l'ont vu les plus grands alchimistes et hermétistes. Ce n'est pas autrement qu'a procédé Michel Maier, qui a montré par l'image, le son et le verbe, qu'un symbolisme immense surgissait de l'ensemble dont on avait qu'à puiser la substance, pour peu que l'on y attache quelque intérêt.
 
 

17. Les Fleurs minérales

Avec cette courte section, nous essayons d'orienter le lecteur vers les liens en rapport avec chacune des pierres précieuses, des pierres fines ou communes qui présentent un rapport important avec le magistère. Chaque pierre est illustrée par une vignette.

18. Le Tarot alchimique.

Le Tarot est l'un des plus vieux jeux de cartes connu. Plusieurs érudits se sont penchés sur le Tarot et la possibilité d'une interprétation allégorique, basée sur l'hermétisme. Court de Gébelin a ainsi fait pour le Tarot ce que Dom Pernety a fait pour les mythes égyptiens et grecs. Plus près de nous, Georges Le Breton a montré que des poèmes de Gérard de Nerval ne pouvaient se comprendre que si l'on croisait Du Jeu du Tarot [Court de Gébelin] et les ouvrages de Pernety [Fables Égyptiennes et Grecques en 2 volumes ; Dictionnaire Mytho-hermétique]. Vers la fin du XIXe siècle, des hermétistes comme Gérard Encausse, dit Papus et Jollivet-Castelot, alchimiste qui échangeait une correspondance alchimique avec le grand dramaturge Auguste Strindberg, ont montré l'importance conceptuelle des lames de Tarot sous l'espèce de l'interprétation alchimique des arcanes. Après une introduction et un extrait du très intéressant Miroir de la Magie de Kurt Seligman, nous essayons à notre tour de dévoiler l'hermétisme alchimique voilé par les figures allégoriques.

La section est complétée avec 
Du Jeu des Tarots (Court de Gébelin) - extrait du Monde primitif, analysé et comparé avec le monde moderne, vol. 8, tome 1, Paris 1781.

19. Les vitraux de Bourges.

Le vitrail est l'irruption de la lumière colorée dans une enceinte de pierre, dédiée au culte. Cette lumière possède donc des caractères spirituels qui se rapportent à l'architecture par le biais de la polychromie. Au travers - au sens littéral - des vitraux de Bourges, nous tentons de dégager un formalisme hermétique, là encore appliqué à l'alchimie. Loin qu'ils constituent des objets hermétiques en soi, nous interprétons les vitraux de la cathédrale et de l'Église Notre-Dame de Bourges comme des « prétextes » à aller plus loin dans un symbolisme de façade qu'on voudrait lier exclusivement au « cultuel ».

20. Le Manoir de la salamandre [Lisieux] et la galerie boisée du saint-Esprit [Besançon]

En un riche contrepoint, nous brodons des variations sur des sculptures sur bois, l'une répondant à l'autre de manière quasi-automatique. Nous montrons que le symbolisme entrevu par Fulcanelli au manoir de la salamandre est non seulement intégré mais expliqué de façon exotérique dans des sculptures d'une galerie boisée, sise au saint- Esprit, à Besançon. Nous devons une fois encore toute l'iconographie à M. Alain Mauranne. Qu'il soit remercié de sa patience et de sa persévérance.

21. Une maison à colombages, sise à Tours.


Tous les arcanes de l'oeuvre se donnent rendez-vous dans cette riche maison : nous trouvons successivement l'homme à l'écot, le prêtre ou l'ermite ; puis les natures soufrées et un sujet rare : la mère folle. Ensuite, le chien, animal indispensable pour la compréhension d'un des artifices du Mercure. Enfin, nous terminons avec le Lion Rouge. Merci à Alain Mauranne.
 

22. le retable d'Issenheim.


Vu en perspective alchimique, l'oeuvre grandiose de Grünewald semble s'accroître en magie et se nourrir d'éléments que l'on l'aurait cru, de prime abord, absents. C'était un devoir d'hermétiste de terminer nos travaux d'études symboliques de l'alchimie par ces toiles qui permettent d'apposer un sceau liant l'alchimie à ce qui fait le fonds de toute la symbolique chrétienne et sacrée.

23. Saint Jean Baptiste

La vie de Jean le Baptiste, les circonstances tragiques de sa disparition, son rapport à Jésus, tels sont les ancrages que l'on peut utiliser pour servir à nouveau la cause de l'hermétisme rattaché à l'alchimie. Nous développons nos idées en sept points là-dessus, espérant avoir apporté un peu de lumière sur le Précurseur du Sauveur. Dans ces points, nous insistons sur plusieurs emblèmes de l'Art, parfois perdus de vue : l'agneau qui renvoie au Bélier par Phryxos ; la peau de chameau qui nous renvoie au manteau de palmier de saint Paul ; la tête tranchée sur un plateau qui, par delà les siècles, nous permet d'insister sur un épisode de sauvetage artistique à l'époque de la Terreur ; enfin, les jeunes pousses, transition idéale vers le bain des astres.

24. Le Palais de Charles de Lorraine

Ce palais est pourvu d'un escalier hermétique, qui permet de reprendre l'examen des Quatre Éléments. La TERRE, l'EAU, l'AIR et le FEU se trouvent ainsi revisités, avec une note sur la MATERIA PRIMA et des annexes où nous donnons des extraits du tome II des Fables Égyptiennes et Grecques de Joseph Antoine Pernety.


25. L'Hôtel Lallemant

La ville de Bourges est décidément très riche en demeures philosophales : les vitraux de la cathédrale nous ont inspiré quelques réflexions. D'autres logis avaient été examinés par Fulcanelli et Eugène Canseliet : le Palais Jacques Coeur et quelques caissons d'un très curieux oratoire ou chapelle, exigu, mais d'une richesse hermétique tout à fait notable. Aussi, inspiré par les belles photographies de notre ami Alain Mauranne, avons- nous décidé de consacrer à la chapelle quelques pages. Outre la chapelle, la cour intérieure et quelques motifs d'intérieur sont examinés. Un dernier chapitre, en manière d'essai, est consacré aux rapports entre Fulcanelli et Bourges [Hôtel Lallemant et Palais Jacques Coeur].

26. Le symbolisme alchimique de l'héliographie

Nicéphore Niépce ! Littéralement, « celui qui porte la victoire. » Et de la victoire à la lumière, il n'y a qu'un pas, que l'on peut facilement franchir sans être versé dans l'hermétisme ou l'alchimie. Plusieurs siècles séparent Fabricius - qui décrit pour la première fois officiellement la lune cornée - de Niépce. Pourtant, c'est la même substance qu'il va utiliser pour IMPRESSIONNER la lumière. Mais l'IMPRESSION autant que l'EXPRESSION vont s'avérer tâches ardues à résoudre et il appartiendra à d'autres que Nicéphore de trouver un compromis acceptable, entre durée d'exposition, possibilités de fixation, etc., etc. Toute cette histoire nous est contée par Eugène Chevreul dans deux articles, publiés en 1873 au Journal des Savants. Nous avons complété ces articles de considérations d'histoire et d'un essai ayant trait aux possibilités allégoriques permettant une tentative d'interprétation alchimique de l'héliographie.

27. Les marqueteries de Lorenzo Lotto à Santa Maria Maggiore, Bergame

Lorenzo Lotto réalise à partir de 1524 des dessins pour des marqueteries du choeur de la basilique de Santa Maria Maggiore, à Bergame. Des panneaux de protection doivent protéger les marqueteries. On relève la présence de l'alchimie dans les symboles auxquels Lotto a recours ; du moins dans certains des panneaux parce que dans d'autres, et ils sont nombreux, on relève surtout la présence d'un ésotérisme qui ne correspond pas vraiment à la définition des symboles selon les canons de la cabale hermétique. En revanche, de nombreux éléments maçonniques sont décelables. Ce courant ésotérique va d'ailleurs perdurer au-delà des siècles, puisque le maître de chapelle Simon Mayr a sa stèle funéraire dans la basilique : son portrait est entouré du serpent Ouroboros de la Chrysopée de Cléopâtre... Nous invitons donc le lecteur à un autre voyage qui le mènera à des explorations renouvelées sur certains symboles.

28. le four de Winterthur

L'un des poêles conçus par les Pfau. Contient des faïences dont certains détails se retrouvent dans des traités d'alchimie comme les Douze Clefs de Basile Valentin. Deux de ces peintures sont citées par Fulcanelli dans le Mystère des Cathédrales : la ruche et le pêcheur à la ligne.


3- L'arsenal hermétique Ø

Cette section traite des procédés techniques et des réactions chimiques qui opèrent au fourneau, au bain de sable, que ce soit dans un creuset brasqué ou une cornue bien lutée. Dans les deux premières sections, c'est surtout l'aspect historique qui est évoqué ; les autres sections ont un caractère plus spéculatif.
 
 

1. Prima materia

Dans cette section, nous étudions les alchimistes anciens et les fondateurs de la doctrine ; il ne s'agit pas à proprement parler d'une histoire de l'alchimie mais plutôt d'une recension des possibilités de nature dont disposaient les Anciens, qui nous éclaire sur le but de l'alchimie ; on discute donc avant tout des matières premières qui se sont distinguées au fil des siècles.
 
 

2. la voie humide

Autant la voie sèche paraît claire et comme coulant de source, autant la voie humide apparaît comme semée d'embûches. Nous montrons ici que la voie humide est inséparable de l'or : or potable, dissolutions auriques, pourpre de Cassius, strass colorés, préparation du sceptre de Jupiter [3 couronnes]. Cette voie humide exige le concours de l'esprit de vin et de l'oleum vini. Basile Valentin connaissait probablement l'éther sulfurique. [merci à Philippe Litzler pour ses notes sur le pourpre de Cassius]
 

3. Le Dragon écailleux

Dans un premier temps, on se penche sur les métaux qui peuvent se prêter à l'Oeuvre, en signalant en particulier le cas du zinc. On aura garde d'oublier, ici, que les Anciens confondaient le plomb, l'antimoine et le zinc, et que si l'antimoine et des parties de Saturne, c'est encore plus vrai du zinc, la blende côtoyant souvent la galène. Il faudra alors méditer cette phrase de Fulcanelli (Le Mystère des Cathédrales, p. 201) quand l'Adepte commente la chapelle de l'hôtel Lallemant, à Bourges :
 

"Le fond du caisson qui porte cette image répète quinze fois le symbole graphique permettant l'identification exacte du contenu de la coquille."

Le lecteur sagace qui aura fait le rapprochement entre le zinc et la mérelle n'aura aucune peine à identifier cette Magnésie des Sages, cette Terre damnée, avant le renversement des pôles...Je me permets d'attirer expressément l'attention de ceux qui voudraient oeuvrer au creuset sans discernement ou précipitamment sur ce caisson du château de Dampierre-sur-Boutonne, que commente Fulcanelli :il figure une pièce d'artillerie du XVIe siècle
 

Le phylactère porte la phrase : .SI. NON. PERCVSSERO. TERREBO. : Si je n'atteins personne, du moins j'épouvanterai. Le commentaire de Fulcanelli attire l'attention d'un oeil averti sur la cabale hermétique :

"...leurs descriptions ne sont au fond qu'un bruit de paroles confuses, vaines et sans portée..."

et permet sans problème l'identification de ce sel dont les Adeptes nous disent qu'on ira le retirer « même du fumier », tellement il est commun ; l'absence de contrôle du processus d'obtention de ce sel pourrait conduire à une déflagration catastrophique...
 
 

4. Le Mercure philosophique

Énigme désespérante, ce Mercure a épuisé plus d'un apprenti...Il nous rappelle ce que Fulcanelli dit de l'alchimiste (DM, I, p.107) :

"... Un vieillard méditatif, au front grave et couronné de cheveux blancs, silhouette pâle et ravagée, personnage original d'une humanité disparue et d'un monde oublié...Tel est le philosophe que l'imagination du poète et le pinceau de l'artiste se sont plu à nous représenter."

Plus loin, cependant, un rayon d'espoir :
 

"Azoth et ignis tibi sufficiunt..."

C'est assez dire que, philosophe par le feu, l'alchimiste n'aura de cesse qu'il ait « blanchi Latone ». Nous trouverons des pistes de ce Mercure auprès des minéralogistes français du XIXe siècle, et singulièrement, de ceux qui ont pratiqué les synthèses minéralogiques ; deux noms émergent : Gabriel Daubrée [qui a compris l'intérêt du mythe de Cybèle] et Henri de Sainte-Claire Deville qui a réussi, littéralement parlant, à lier Al à K. Nous envisageons successivement, et conformément à la tradition alchimique, la voie sèche et la voie humide. Nous donnons les résultats de Berthier qui a réussi la synthèse du pyroxène, du péridot et a ouvert la voie aux futurs académiciens des Sciences que furent G. Daubrée, H. De Sénarmont, G. Friedel, J. Pelouze... la liste n'est pas limitative... Est-il possible que Fulcanelli ait été l'un des leurs ? Nous résumons aussi les travaux de Jacques-Joseph Ebelmen, qui s'avèrent être d'authentiques oeuvres alchimiques. De ce travail, plusieurs hypothèses peuvent être posées : 

- le Mercure philosophique correspond à une association de substances ;
- la préparation de ces substances nécessite de la chaux, du tartre et du salpêtre (d'autres ingrédients sont absolument nécessaires, notamment des éléments réducteurs comme le charbon, etc.) ;
- l'association la plus préconisée semble être : carbonate de soude + silice + chaux ;
- la silice tempère la volatilité des carbonates et entre dans la constitution de la plupart des gemmes orientales ;
- le sceau vitreux d'Hermès [autre interprétation : le scel vitreux d'Hermès, c'est-à-dire l'oeuf vitriolique] doit ensuite être brisé, pour accéder aux cristaux : cela nécessite une attaque par de l'esprit de sel (ou de l'aqua sicca selon la nature du Soufre), suivie d'une attaque par la potasse pour dissoudre la silice ; ces attaques se nomment « digestion » ;
- la production de cristaux de taille notable doit nécessiter 1 kg de matières premières et au moins 10 jours de chauffage des matières dans un moufle de fourneau à feu continu [tel qu'un four utilisé pour cuire des boutons de pâte céramique]
 
 

5- Le Sel de pierre

Corollaire de la magnésie, le sel de Pierre - si l'on veut faire référence aux Figures Hiéroglyphiques - permet de produire l'Oeuvre au blanc et ce sel admirable, d'une blancheur éclatante : c'est l'album astrum des Anciens ou l'albâtre des Sages ; c'est encore le véritable antimoine saturnin d'Artephius et le stibium de Tollius.

Fulcanelli dit de cette étoile à six branches :

"Par cette étoile marine... l'auteur... ne prétend pas figurer l'astérie commune dite étoile de mer...Nous devons donc voir ici l'indication d'une eau étoilée, laquelle n'est autre que notre mercure préparé, notre Vierge mère et son symbole, Stella maris, mercure obtenu sous forme d'eau métallique blanche et brillante, que les philosophes dénomment encore astre."

C'est cette « Stella maris » ou plutôt cette « alba stella », cette blanche étoile, qui annonce un ciel serein, annonciateur de la rosée de mai. Nous détaillons la préparation du sel de pierre en nous appuyant sur le Cours de Chymie de N. Lémery et en essayant de relever des points de convergence entre certains tours de main et les Aigles volantes de Philalèthe ; nous disons aussi un mot de l'alkaest de Glauber.

6)- le tartre vitriolé

C'est la voie du tartre vitriolé qui a dû être employée par beaucoup d'alchimistes. Cette voie utilise aussi de la chaux et des sulfates métalliques ; ces sulfates sont transformés en oxydes par le tartre vitriolé et cristallisent à ce moment-là. è tartre vitriolé.
 
 

7)- l' Alcali fixe

Ce point est en étroite association avec le précédent, puisque la pierre est issue de son « bain » dans le dissolvant. Ce bain n'est pas sans rapport, peut-être avec les salicorna soda et autres varechs...


salicornia

Il ne sera pas sans intérêt de savoir que les « kali » des Arabes désignaient, outre la soude et la potasse, la magnésie, la chaux et aussi l'ammoniaque. Nous avons montré aussi ailleurs que sous le terme de magnésie, les Anciens nommaient la craie (creta = craie, argile et cretatus = blanchi, vêtu de blanc), qui correspondait à ce que nous appelons le calcaire : ce terme s'appliquait à des terres argileuses et magnésiennes. Nous discutons en détail du borith et surtout du natron.
 
 

8). Le Soufre

C'est ensuite le principe fixe qui nous occupe ; nous dirions volontiers qu'en alchimie, le problème n'est pas le Mercure mais celui du Soufre ; en clair, il se pose un problème historique dans la mesure où les alchimistes ont forcément employé des métaux qui n'avaient pas encore été reconnus comme particuliers...et ce n'est pas un hasard si E. Canseliet insiste tant sur l'ionosphère... L'étude de la céramique islamique ou chinoise prend ici un intérêt certain :

Nous partons d'abord  à la recherche des alchimistes de Bagdad, en passant par le legs égyptien, avant d'aborder l'étude des glaçures, des différentes rouilles connues par les Anciens ainsi que des procédés modernes d'obtention de ces ioV ; conclusion, le manganèse, le chrome et le magnésium étaient présents et permettent d'envisager que certains Adeptes aient pu approcher le spinelle, la chrysolithe, l'hyacinthe, la pierre- de-lune, etc. Nous donnons ensuite une interprétation originale de la structure cristalline de la Pierre, dont la charpente ou squelette silicato- alumineux est conditionné par la « chaux » utilisée qui oriente définitivement le cristal ; à cet effet, nous examinons l'oeuvre de Marc-Antoine Gaudin et nous passons en revue tous les types possibles de principe Soufrés et des Pierres.
 

9). Le mystère de l'antimoine

Nous touchons là au plus haut secret de l'oeuvre. Nous révélons le nom commun de l'antimoine saturnin d'Artephius. Ce symbole offre la même signification que la lettre G, dont Fulcanelli signale que, figurée au milieu d'une étoile radiante, elle donne la clef de l'initiale du nom vulgaire du Sujet de Sages : c'est, au vrai, «le régule d'antimoine de Tollius, le véritable stibium de Michel Maier et de tous les Adeptes ». Pour bien dénouer la difficulté, sachez que G, 7ème lettre de l'alphabet, renvoie à C inversé - 3ème lettre - et qu'ainsi retourné, il signifie Gaïa ; cela, par parenthèse, explique que tant d'Adeptes aient certifié avoir réalisé l'Oeuvre vers l'âge de 33 ou 37 ans... 
 

10. Teinture, couleurs, blanchiment, etc.

Le travail du teinturier a plus de rapport qu'on ne croit avec celui de l'alchimiste ; tout comme lui, notre artiste doit savoir choisir ses étoffes célestes, les laver, les blanchir, les apprêter, les soufrer et les mordancer. On fera bien de se pencher avec soin sur les substances utilisées car elles sont souvent identiques dans les mêmes moments de l'oeuvre, ce qui n'est pas moins curieux...

4- Le Laboratoire légendaire Ø


1)- les instruments de l'art

Nous proposons aux lecteurs deux labyrinthes qui, en fait, se recoupent pour partie. Dans le 1er, nous faisons jouer à l'antimoine un rôle qui, sans doute, n'est pas le sien ; il est du moins peu probable que les Anciens aient pu l'utiliser de cette manière ; c'est donc le second labyrinthe sur lequel nous reportons actuellement nos efforts. Les correspondances avec les mythes sont faciles à trouver ; Gaïa apparaît d'abord, tirée de Chaos ; encore faut-il s'entendre sur notre Chaos qui peut aussi s'apparenter à notre Terre non feuillée... Notre second chaos fournit l'un des composés, Azothil s'agit d'un mot dérivé de l'arabe alzawuk, qui a donné azoc ; assimilé au vin des Sages, c'est-à-dire non pas vraiment au premier Mercure mais plutôt au second Mercure qui contient le soufre corrompu [cf. Julius Ruska, Arabische Alchemisten]. Azoth n'a aucun lien avec ce qu'en ont rapporté certains commentateurs au sujet de l'alpha et de l'omega de l'oeuvre... ; Thémis est l'autre composé qui nourrit le jeune Apollon (dont la soeur - jumelle - est Diane aux cornes lunaires) ; c'est l'occasion de citer cette partie du texte des Figures Hiéroglyphiques qui, précisément, traite de l'athanor secret :

"Il te faut donc faire deux parts et portions de ce Corps coagulé, l'une desquelles servira d'Azoth120pour laver et mondifier l'autre, qui s'appelle Laiton121, qu'il faut blanchir. Celui qui est lavé, c'est le Serpent Python, qui, ayant pris son être de la corruption du limon de la Terre, assemblé par les Eaux du Déluge, quand toutes les Confections étoient Eau, doit être mis à mort, et vaincu par les flèches du Dieu Apollon122, par le blond Soleil, c'est-à-dire par notre Feu, égal à celui du Soleil."

C'est ici que réside l'articulation entre Apollon et Thémis, ou si l'on préfère entre Arès et Ariès dont nous parle Isaac Newton :

"Sulphures nostri quod latet in Antimonio. Antimonium enim apud Veteres dicebatur Aries quioniam Aries est primumu Zodiaci in quo Sol incipit exaltari & Aurum maxime exaltature in Antimonio."

que l'on peut traduire par :

"... par le pouvoir de notre soufre qui gît caché dans l antimoine, car l antimoine était dénommé Ariès par les Anciens. Parce que Ariès est le premier signe du zodiaque dans lequel le Soleil commence à être exalté et que l or est surtout exalté dans l antimoine".

C'est aussi ce moment de l'oeuvre où Philalèthe nous parle de ses colombes. C'est l'une des grandes inconnues du problème, de cet X dont Fulcanelli nous rappelle que cette lettre est une consonne complexe formée de k et s, qui, par cabale, renvoient au potassium et au soufre. Nous arrêterons ici, de peur de lasser le lecteur, en lui confiant, tout de même, que le laiton doit non seulement être blanchi mais aussi nourri. Cela doit impliquer un changement de forme...il est alors imaginable -par cabale- d'envisager que le corps tant convoité soit « isotope » à l'huile de vitriol,  pour reprendre une formule d'Eugène Canseliet [qu'il appliquait au sesqui-oxyde de fer] ; il suffit de considérer à nouveau notre inconnue X, et d'imaginer qu'elle est -par cabale- « isotope » à c. Ce serait alors, par un dernier effort, l'occasion de nous rappeler ce que Fulcanelli nous disait à propos du dissolvant universel et de sa ressemblance à la galette des rois :

 

dissolvant universel, idéalisé par Fulcanelli
 

2)- les chemins du ciel chymique

a)- la voie des sulfures: c'est le 1er schéma de préparation de la pierre ;

b)- la voie des carbonates : plus réaliste par rapport aux possibilités de nature des anciens alchimistes, il permet d'individualiser nettement l'oeuvre au noir et l'oeuvre au blanc ;

c)- la voie du tartre vitriolé : c'est selon nous la « voie royale » des Anciens. Appelé encore sel polychreste, Arcanum duplicatum, sel duobus, le sulfate de potasse ou tartre vitriolé ne fond qu'au-delà de la chaleur rouge et possède des propriétés minéralisantes qui en font un candidat de choix pour le principal composant du Mercure philosophique ;

d)- la saturnie végétale : l'oxyde de plomb s'avère aussi être un candidat important et permet - par hasard- presque de rappeler l'adage selon lequel les alchimistes arrivaient à transformer « du plomb en or » ;

e)- l'aventurine: silicate de cuivre dont la fabrication a longtemps été tenue secrète, l'aventurine permet d'aborder le problème du « tour de main » dont parle Fulcanelli et jette une lumière singulière sur la projection qui fait la substance des récits de transmutation métallique ; le cas de l'aventurine doit être rapproché de celui de certains strass colorés par le pourpre de Cassius.

f)-l'argentaurum : ce « Loch Ness » de la chimie est une préparation archimique [spagyrique] basée sur l'emploi de la pierre infernale, du sel de La Rochelle et d'eau de rosée. Il s'agit d'une variété particulière d'argent allotropique, de couleur or.

3)- planches du dictionnaire mytho-hermétique de Dom Pernety

Il s'agit de 18 planches figurant sans doute à la fin du Dictionnaire d'Antoine Joseph Pernety ; elles permettent de se faire une idée du laboratoire dont pouvait s'équiper le chimiste du XVIIe siècle. Ces planches sont précédées d'une analyse de la Préface du Dictionnaire.  
 

5- Les Textes Classiques Ø

Nous essayons ensuite de mettre à la disposition des lecteurs les textes les plus importants du Corpus alchimique avec des commentaires annotés. Tout comme pour nos notes de « relevés d'apprentis », chaque commentaire possède un texte caché qui dévoile un arcane majeur. Tous les textes sont répertoriés dans une page spéciale, par ordre chronologique d'étude 
 

1). Les Douze Clefs de Basile Valentin

Chaque clef a son système de codage et renvoie à une partie chronologique précise de l'oeuvre. Nous nous permettrons d'attirer spécialement l'attention sur la Clef VII qui, en liaison avec le mythe de Zethos et d'Amphion, révèle le nom vulgaire de l'antimoine saturnin. Jacques Van Lennep prétend que Fulcanelli lui-même n'a pu donner d'interprétation solide de la Clef X ; nous avons essayé de donner une interprétation du mot IAMSUPH qui, jusqu'à présent, se révélait, d'après Van Lennep, une énigme. 


Clef X des Douze Clefs de Philosophie



2). Le Livre des Figures Hiéroglyphiques

Après une introduction où nous dévoilons la véritable personnalité de Nicolas Flamel -en vérité peu reluisante- nous précisons que l'auteur des Figures Hiéroglyphiques est vraisemblablement Arnauld, sieur de la Chevalerie. Là encore, l'arche du cimetière des Innocents est le lieu de rencontre des principaux arcanes de l'Oeuvre. Au chapitre Ier, le massacre des innocents est abordé, à la Ière figure, le canon [qui donne le nom vulgaire du Sujet des Sages] et le cornet [ou Merle de Jean] ; puis : les deux dragons, l'Homme et la Femme, St Paul à l'épée, la scène du Sépulcre et du sauveur, les Deux Anges, St Pierre à la clef, l'Homme rouge-vermillon et le Lion, enfin, donnent lieu à d'amples commentaires. Signalons, entre autre, aux étudiants l'importance du chapitre V. Cette étude est précédée d'une autre, sur la maison de Nicolas Flamel, la plus vieille maison de Paris, à ce jour.
 

3). Le Mutus Liber


frontispice de l'édition rochelaise du Mutus Liber

Le Livre Muet de l'alchimie, c'est la rencontre de l'étoile et de la fleur ; celle encore du chien de Corascène et de la chienne d'Arménie. Enfin, celle des gnomes de la cheminée alchimique du château de Fontenay-Le-Comte. Nous ne reviendrons pas sur la beauté de certaines planches, notamment la IIIe et la Xe... Le texte du Mutus Liber est légendé de fragments de l'Hypotypose de Pierre Dujols. Nous avons inclus dans la section des gravures des planches de la Bibliotheca Curiosa Chemica de Manget qui complètent le symbolisme des autres versions.

4). La Parole Délaissée

Avec Bernard, Comte de la Marche Trévisane, c'est enfin d'un texte non apocryphe qu'il est question. Là encore, nous dévoilons un arcane laissé en suspens par Fulcanelli dans l'examen du tableau de pierre du tympan du Palais Jacques-Coeur à Bourges. La solution de l'énigme permet de résoudre celle du panneau central de la cheminée alchimique, le signe :

Nous donnons aussi une interprétation de l'Allégorie de la Fontaine et discutons des différents « Esprits » que l'on rencontre dans l'Oeuvre, en fonction de la voie choisie.
 
 

5)- Le Char Triomphal de l'antimoine

Texte majeur de l'alchimie, le Currus triomphalis ne laisse pas d'étonner ; et d'abord parce que son auteur est supposé. Le moine d'Erfurt, Basile Valentin, n'a en effet sans doute pas existé. Nous donnons en préambule toutes les explications nécessaires à ce sujet en nous appuyant surtout sur les traités de F. Hoefer, R. Jagnaux, M. Berthelot et l'Alchimie de Van Lennep. Nous discutons après de l'étymologie du mot antimoine et recueillons les principaux passages de Fulcanelli dans les Mystères et dans les DM, au sujet de B. Valentin. Puis, vient le texte, largement commenté, avec des détails de chimie ancienne et des commentaires sur Phelipe Ulstade (ou Ulsted) qui a écrit un traité sur les distillations qui touche d'assez près le sujet. Le texte de Basile Valentin nous vaut des confirmations de l'hypothèse sur les pierres précieuses et les strass colorés qui feront l'objet d'une section spéciale.

6)- La Nouvelle Lumière chymique


frontispice de la Nouvelle Lumière Chymique, Colonia, 1614

C'est un des grands classiques de la littérature alchimique. On attribue ce texte au premier Cosmopolite, Alexandre Sethon. C'est un traité sur le Mercure mais il donne des précisions - si l'on peut dire - sur d'autres matières de l'oeuvre. Il a fait l'objet d'un commentaire d'Orthelius que l'on peut lire dans le Theatrum Chemicum, vol. VI ou dans la Bibliotheca Chemica Curiosa, t. II.


7)- Les Douze Portes

Ce traité est dû à un moine de Bridlington, Georges Ripley. Ce texte donne des renseignements assez exceptionnels sur toutes les phases de l'oeuvre. Notez en particulier le développement sur le thème de la Projection. Ripley a dû être considéré comme un auteur important : Fulcanelli et E. Canseliet s'y réfèrent souvent et C.G. Jung a consacré un chapitre à cet alchimiste. On trouve ce texte, en tant que Compound of Alchemy, dans le Theatrum Chemicum Britannicum d'Elias Ashmole.
 

8)- Le Triomphe hermétique

Ce traité est de la main d'Alexandre-Toussaint Limojon de Saint-Didier. Il se présente comme un traité d'alchimie spéculative et met avant tout l'accent sur le Mercure, en ses deux états. Fait remarquable, le texte est annoté et le traité est séparé en deux parties : l'Ancienne Guerre des Chevaliers, dialogue entre l'Or et le Mercure, suivi de l'Entretien d'Eudoxe et de Pyrophile qui est « l'explication » de l'Ancienne Guerre. Ce texte est suivi de la Lettre aux vrais disciples d'Hermès que nous avons commenté séparément. C'est dans ce traité que l'on trouve l'un des emblèmes les plus célèbres de l'iconographie alchimique.

 
frontispice du Triomphe Hermétique de Limojon de saint Didier


9)- La Table d'Émeraude


texte de la Tabula Smaragdina, p. 394 dans Alchemiae Gebri Arabis -

L'un des textes réputés « fondateur » de l'alchimie, ou du moins reconnu par les alchimistes comme l'un des sommets de l'Art sacré, la Tabula Smaragdina a été attribuée au fabuleux Hermès Trismégiste [les écrits de Zosime le Panopolitain sont antérieurs, et de loin, à la Tabula, cf. Jung, les Racines de la Conscience, les Visions de Zosime]. Il s'agit d'un texte court, comprenant douze phrases réduisant l'alchimie en ses principes fondamentaux. On est allé lui demander toutes les explications possibles et imaginables, et, tout comme bon texte hermétique qui se respecte, l'étudiant trop pressé en a été pour ses frais... Seul l'impétrant assidu, qui observe prudemment avec des lunettes et qui tâte le terrain de son bâton, saura retrouver le bon chemin, en suivant à la trace, dans un limon boueux, les empreintes que Diane aux cornes lunaires, a laissé derrière elle [d'après l'emblème LXII de l'Atalanta fugiens]. Il faut noter une très probable corruption du texte qui a donné lieu à une interprétation erronée et fantaisiste, bien dans la veine théosophique : le mot mediatione s'est transformé, dans certaines versions, en meditatione... Hortulain a basé une partie de son interprétation sur meditatione ; Chevreul aussi. Tel n'a pas été le cas de Ferdinand Hoefer ni de Fulcanelli qui donnent mediatione : voilà qui serait intéressant à étudier sur la piste d'un possible Fulcanelli [il s'agirait d'une piste étrangère dans la mesure où la traduction latine est fautive, par suite d'une corruption du grec et du syriaque ; les traductions anglaise et allemande sont correctes]... Quoi qu'il en soit, la confusion est d'autant plus étrange que le concept de médiation était parfaitement intégré à l'époque où le texte de la Table d'Emeraude a été rédigé [vraisemblablement au XIVe siècle, au plus tard]. C'étaient les astres, les planètes, qui servaient de médiateurs entre le corps et l'âme, ce qui donne tout son sens à l'une des phrases clefs de la Tabula :

« Il monte de la terre au ciel, & derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures & inférieures. »

Il ne peut s'agir que de l'Âme, comprise entre le corps et l'esprit. Là gît tout le secret de l'alchimie. Cf. les notes au commentaire de Grasseus sur la Table d'Emeraude.
 

10. L'Atalanta fugiens


frontispice de l'Atalanta fugiens

L'Atalante Fugitive de Michel Maier est l'un des textes les plus complets sur l'art hermétique. Il est composé de cinquante chapitres. Chacun traite d'un point de science particulier et est composé d'un emblème, d'une épigramme (avec fugue) et d'un discours. Une gravure est jointe à chacun des chapitres, accompagnée d'une fugue ou d'un canon. Nous proposons une lecture critique de ce traité merveilleux où la surprise est de mise, à chaque nouvel emblème. Notez que le chapitre XXV comporte la description d'une cheminée alchimique dont nous devons les photographies à nos amis, MM. Alain Mauranne et Philippe Litzler. Cette cheminée a déjà fait l'objet d'une première analyse, que l'on peut trouver dans le site La Librairie du Merveilleux. Cinquante canons à trois voies complètent l'enseignement magistral de Michel Maier. Le texte est précédé d'une introduction où nous essayons de passer au crible l'oeuvre, resituée dans son contexte historique, tant au plan de ses rapports avec l'Art sacré qu'avec la musique de l'époque, qui fut celle de Heinrich Schütz, et surtout de Claudio Monteverdi qui était lui-même alchimiste [cf. section sur les médaillons de Notre-Dame de Paris]. Signalons que ce texte a été traduit par Étienne Perrot qui a joué par ailleurs un rôle clef dans la découverte des oeuvres de C.-G. Jung auprès du public français [cf. Mysterium Conjunctionis, Aion, etc.]
 

11)- Textes divers

Ces textes sont centrés sur le problème du dragon rouge qui n'est pas le sel de mercure vulgaire comme on croit d'habitude ; il faut y voir le IAMSUPH évoqué sur l'une des gravures des Douze Clefs de Philosophie [YAM SUPH, qu'il faut lire dragon rouge]. Nous y joignons un extrait de l'Histoire naturelle des Minéraux de Buffon, qui traite des pierres précieuses. Je tiens à remercier de façon toute particulière les responsables de deux sites où l'on trouve des textes intéressants sur notre sujet : Librairie du merveilleux et Hermétisme et alchimie. Ainsi que les « labourants » qui peinent à la tâche pour mettre sur la toile les textes des Anciens. Soulignons enfin que nombre de ces textes sont apocryphes ou anonymes ; la Turba se dégage de cet ensemble comme un texte qui a été considéré comme totalement « irrationnel » par M. Berthelot et F. Hoefer : on en connaît deux versions, avec une amplification assez conséquente, dans la Bibliotheca Chemica curiosa. Nous n'avons pas pu encore donner à ces discours le commentaire qu'ils méritaient...

a)- Le Chemin du ciel Chymique de Jacques Tol

b)- Le traité du Mercure d'Alexandre Sethon [appelé aussi ou Nouvelle Lumière Chymique Douze Traités. C'est un livre majeur, un ouvrage complet sur l'Art sacré.]

c)- La Clavicule - la Lumière des Mercures de Raymond Lulle

d)- Le Chemin du chemin d'Arnauld de Villeneuve

e)- Le Miroir d'Alchimie de Roger Bacon

f)- La génération des minéraux métalliques [commenté par A. Daubrée]

g)- Le Trésor des Trésors de Paracelse

h)- Le Traité du ciel terrestre de Vinceslas Lavinius de Moravie

i)- Explication très curieuse des Énigmes et Figures hiéroglyphiques du sieur Esprit Gobineau de Montluisant [le texte est complété d'une interprétation nouvelle des médaillons des Vices et Vertus, analysées par Fulcanelli dans le Myst. Cath. On en a profité pour donner une interprétation à quelques médaillons laissés de côté par l'Adepte.]

j)- Du Vitriol philosophique de Tripied

k)- Le composé des composés d'Albert le Grand

l)- Le Songe Verd, de Bernard de Trévise

m)- La Toison d'or de Salomon Trismosin [ouvrage majeur : il s'agit d'un remploi probable d'une partie du texte de l'Aurora Consurgens, écrit pseudo aquinate. Le texte est complété d'un ensemble de peintures alchimiques parmi les plus belles qui existent. ]

[on notera que l'image du frontispice n'est manifestement pas originale : on remarque, en effet, un médaillon central remployé de l'une des gravures qui figurent dans l'Azoth et dans l'une des deux traductions des Douze Clefs de Philosophie du pseudo Basile Valentin. Ce médaillon figure d'ailleurs dans l'un des premiers écrits rosicruciens]

n)- La Tourbe des Philosophes d'Aristaeus

o)- Le Filet d'Ariadne d'Heinrich von Batsdorff [pseudo]

p)- Huginus à Barma ou le Règne de Saturne changé en siècle d'or

q)- Épître du feu philosophique de Pontanus

r)- La Philosophie Naturelle restituée [Enchiridion, etc.] de Jean d'Espagnet

[le texte est précédé d'une étude du chimiste Chevreul sur un ouvrage d'Isidore Geoffroy Saint Hilaire qui lui sert d'amorce pour une étude sur l'Enchiridion de D'Espagnet et aussi sur les Aphorismes Basiliens de Nicolas Le Noir, alias Raphael Eglinus Iconius]

s)- L'Oeuvre secret de la philosophe d'Hermès de Jean d'Espagnet [texte où l'on mesure la dette contractée par Philalèthe quand il a rédigé son Entrée ouverte au Palis fermé du Roi]

t)- Histoire naturelle des Minéraux, comte de Buffon

u)- La Lumière sortant par soi-même des Ténèbres [attribué à Antonio Crasselame, avec un commentaire très étendu de Bruno de Lansac]

v)- Les Douze Portes [George Ripley]

w)- Le Désir désiré [attribué à Flamel]

x)- L'Élucidation du Testament [attribué à Raymond Lulle]

y)- Lettre aux vrais disciples d'Hermès [Limojon de Saint-Didier]

z)- Le Triomphe hermétique [Limojon de Saint-Didier]

aa)- Le Traité du Sel [attribué à Sendivogius ; Nuysement a écrit un Traité du Sel qui s'appuie sur les écrits de Sethon et les compilations de Sendivogius, cf. alchimie en alsace-Lorraine]

ab)- La Table d'Émeraude [écrit réputé hermétique]

ac)- Mutus Liber [attribué à Saulat des Marez ou, selon Ferguson, à Jacob Saulat... Ecrit majeur si l'on peut dire, pour un ouvrage qui n'est qu'une bande dessinée avant la lettre. il en existe plusieurs versions. Celle de la Bibliotheca Curiosa Chemica de Manget offre de très belles gravures en taille-douce]

ad)- Philosophia reformata [Jean Daniel Mylius, ouvrage dans lequel l'auteur a remployé beaucoup de matériel provenant des Douze Clefs et d'ailleurs...]

ae)- Traité des Choses Naturelles et Supernaturelles [attribué à Basile Valentin]

af)- Atalanta fugiens [Michel Maier] : chapitres I à L et L fugues [partition et musique, cf. supra]

ag)- Un épisode alchimique en Alsace-Lorraine [R. de Souhesmes]

ah)- La Monade Hiéroglyphique [John Dee]

ag)- Le Vray Livre du docte abbé Sinesius [apocryphe]

ah)- Révélation des teintures des sept métaux [attribué à Basile Valentin, apocryphe]

ai)- Donum Dei [attribué à Georges Aurach]

aj)- Philosophie Naturelle des Métaux [Bernard Le Trévisan]

ah)- Entretiens du Roi Calid à Morien [anonyme]

ai)- L'Escalier des Sages - I - [Barent Coenders van Helpen]

aj)- Sept Chapitres d'Hermès [apocryphe, écrit réputé hermétique ; notons qu'un commentaire étendu en a été donné dans la Bibliotheca Chemica Curiosa, tome I sous le titre : Hermes Trismegistus. Tractatus Aureus de Lapidis Physici Secretô, in septem Capitula divisus, cum Scholiis Anonymi]

ak)- Introduction à la Chimie des Anciens [Marcellin Berthelot]

al)- Dialogue de Marie et d'Aros sur le magistère d'Hermès [apocryphe]

am)- Typus Mundi [anonyme]

an)- Le Trésor des Trésors [Nicolas Grosparmy ; il s'agit d'une traduction assez grossière de la Clef de la plus grande Sagesse que Chevreul a restituée à Artephius.]

ao)- Les Cinq Livres - la Clef du Secret des Secrets [Nicolas Valois]

ap)- Le Livre de Crates [anonyme]

aq)- Le Livre Secret de l'Art occulte [attribué à Artephius, anonyme]

ar)- Sifrit l'Encorné [anonyme]

as)- La Chrysopée du Seigneur [attribué à Lulle, apocryphe]

at)- Le Sommaire du Rosaire d'Arnauld de Villeneuve [Lacidius]

au)- Aphorismes Basiliens [in Gabriel de Castaigne, trois traités, ouvrage de Nicolaus Niger Hapelius, anagramme de Raphael Eglinus Iconius]

av)- Testament et Bréviaire [attribués à Nicolas Flamel, apocryphes. A noter que l'Alchimie de Flamel de Nicolas Molinier, contenant de superbes aquarelles, n'est autre que le Bréviaire. Fabrice Bardeau ne semble pas en parler dans son introduction à l'ouvrage]

aw) - L'Enfant Hermaphrodite du Soleil et de la Lune [anonyme, avec des canons attribués à Thomas Norton]

ax) - introduction aux mss alchimiques d'Isaac Newton

ay) - le Psautier d'Hermophile [compilé par Joubert de la Salette]

az) - Sol Sine Veste [Johann Christian Orschall]

ba) - Récréations Hermétiques [anonyme]

bb)- Opuscule Très Excellent de la Vraie Philosophie Naturelle des Métaux [Denis Zachaire ou Denys Zecaire]  

bc)- Clavis Majoris Sapientiae [attribué à Artephius, apocryphe]

bd)- La Cassette du Petit Paysan [attribué à Grasseus ou Grasshoff]

be)- Le Livre d'Alze [6ème partie du Dyas Chymica Tripartita, compilation attribuée à Grasshoff]

bf)- Tractatus aureus de lapido philosophico [1ère partie du Dyas Chymica Tripartita ; auteur probable Hadrian Mynsicht, alias Madathanus]

bg)- Aureum Seculum Redivivum [2ème partie du Dyas Chymica Tripartita ; Hadrian Mynsicht]

bh)- Verses belonging to an emblematic scrowle [attribué à Georges Ripley]

bi)- Verba Aristei Patris ad Filium [Paroles d'Aristée à son fils, précédé d'une Lettre d'un Philosophe de Limojon de saint Didier]

6)- Collections

1. Bibliothèque des philosophes chimiques [Guillaume Salmon, Jean Maugin de Richebourg] : I - II - III - IV -
2.
 De Alchimiae Gebri Arabis [Petreus, version 1545] et 1541 = Practica vera alkimia [Ortholanus ou Hortulanus] -
3. Theatrum Chemicum [Lazarus Zetzner] : I - II - III - IV - V - VI -
4.
Musaeum Hermeticum, 1625 [Luca Jennis] -
5.
Musaeum Hermeticum, 1678 -
6.
Bibliotheca Chemica Curiosa [Jean Jacques Manget] : I - II -
7.
Anatomia Auri [Mylius] -
8.
De alchimia libri tres [pseudo-Geber] -
9.
Alchemiae, quam vocant, artisque metallicae doctrina : I - II - 9bis Verae Alchimiae - [Guillaume Gratarole]
10.
Theatricum Chemicum Britannicum [Eilas Ashmole] -
11.
Pretiosa margarita novella [Petrus Bonus] -
12.
Bibliotheca chemica [John Ferguson] : introduction - extraits sur : G. Salmon - Grasshoff - Geber - De Alchimia - Theatrum Chemicum - Dorneus - Du Chesne - Richard l'Anglais - Vogelius - Barnaud - Villeneuve - Alphonse X - Museum Hermeticum - Manget - Turba - Mutus Liber - Montanor - Zadith - D'Espagnet - Stolcius - Gratarolle - Ashmole - Lacinius - Petrus Bonus - Artis Auriferae - Hermetisches ABC - Eleazar - Fictuld - S. Norton - Rosarium - W. Salmon - Figulus  -
13. Sceptical chymist [Robert Boyle] -
14.
Artis Auriferae [Perna] : I - II - III -
15.
Hermetisches A.B.C : I - II - III - IV - [Ringmacher]
16. Dreyfaches Hermetisches Kleeblat [Vigilantius de Monte Cubiti] : a. Traité du Sel de Nuisement - b. Mercurius Redivivus [8 traités de Samuel Norton] - c.  Büchlein vom Stein der Weisen [Marsile Ficin] - d. Warfferstein der Weissen, Francfort, 1656. 17. Deutsches Theatrum Chemicum [Friederich Roth-Scholtzen.] : I - II - III
18. Ars Chemica [Samuel Emmis]
19. Ginaeceum Chimicum [Io. de Treuis]
20.
De Alchimia Opuscula complura [Cyriacus Iacobus]
21. Medicina Practica [William Salmon]
22. Thesaurinella olympica aurea tripartita  I - II - III [Benedictus Figulus]
23. Rosarium novum olympicum et benedictum
[Benedictus Figulus]
24. Pandora Magnalium Naturalium  [Benedictus Figulus]
25. Hermetisches Museum [Albrecht]
I - II - III - IV -
26.
Divers Traitez de la Philosophie Naturelle -
27. Aurae Occultae Philosophicum [alias Azoth] -
28. Collectanea Chymica [William Cooper] -
29. Aurifontina Chymica [William Cooper] -
30.
Eröffnete Geheimnisse des Steins der Weisen [Christian Liebezeit] -

- mss alchimiques d'Isaac Newton -
- mss alchimiques du Musaeum d'Histoire Naturelle [fonds Chevreul] -
- mss alchimiques de la bibliothèque nationale de France [bnf] -

voir par ailleurs : - Azogue. Historia de la Alquimia - [Revista Electrónica] qui propose un ensemble de liens complet sur le corpus des principaux textes.


6- la Pierre Philosophale Ø

a)- introduction

Qu'est-ce donc que la pierre philosophale ? une chimère, répondent les scientifiques et même beaucoup d'historiens ou de critiques... Pourtant, si l'on reprend les textes fondateurs de l'alchimie, et en particulier celui dû à Zozime de Panopolis, on ne laisse pas d'être surpris ; il fut un des premiers à utiliser le langage symbolique et allégorique qui devait par la suite être employé par tous les alchimistes.

Un passage de la Collection des Alchimistes Grecs que nous devons à Marcellin Berthelot vaut la peine d'être cité ; il n'a rien à envier aux textes combien plus tardifs de Philalèthe, Cyliani ou Fulcanelli :

 "Construis, mon ami, un temple monolithe, semblable à la céruse, à l'albâtre, un temple qui n'ait ni commencement ni fin, dans l'intérieur duquel se trouve une source de l'eau la plus pure, brillante comme le soleil. C'est l'épée à la main qu'il faut chercher à y pénétrer, car l'entrée est étroite. Elle est gardée par un dragon qu'on doit tuer et écorcher. En réunissant ses chairs et ses os, il faut en faire un piédestal sur lequel tu monteras pour arriver dans le temple où tu trouveras ce que tu cherches. Car le prêtre, qui est l'homme d'airain que tu vois assis près de la source, change de nature et se transforme en homme d'argent, qui lui-même, si tu le désires, peut se transformer en homme d'or..."

 Tous les termes employés ont été repris à l'envie par tous les Adeptes, au fil des siècles. Ce texte est cité et critiqué dans la section sur les textes. En fait, la pierre philosophale est une invention du Moyen Âge ; avant, il n'est pas question de transmutation mais d'autre chose que nous laissons au lecteur le soin de découvrir... Nous lui rendrons néanmoins ce service de lui dire qu'en cabale, l'AlK lié est l'une des clefs du problème ; pour l'autre clef, il faut potasser pour le Soufre, pour reprendre Fulcanelli (cf. Introïtus, VI).

b)- les Corindons colorés - les Nésosilicates

Un texte permet à présent de prendre la mesure de tout ce que nous avons dit sur l'interprétation rationnelle de l'alchimie : il s'agit d'un ouvrage intitulé Diamants et Pierre précieuses, rédigé par Louis Dieulafait en 1886, au travers duquel il n'est pas difficile de retrouver maints points de symbolisme ou de pratique technique de laboratoire. Ce texte est le pendant rationnel de l'argumentation un rien hermétique développée tout au long de nos pages. Il représente un point de jonction possible entre les merveilles d'un côté et la réalité de l'autre.

Cette blanche étoile se traduit aussi par un effet d'astérisme : c'est pour ainsi dire la manifestation d'Asteria, soeur de Léto ; c'est l'irruption de l'île du cosmopolite, c'est Délos ; c'est à Délos que Léto accoucha d'Apollon et d'Artémis. C'est la pousse des blés que l'on voit dans le Théâtre de l'Astronomie terrestre de Kelly, le début de l'accrétion du Soufre à sa résine ; c'est là que le régime de température est particulièrement délicat à régler : c'est, au vrai, le régime de Saturne.


corindon, Karnataka State, India

nésosilicate, grossulaire, Mine Jeffrey, Asbestos

Il paraît, c'est la tradition qui le rapporte, qu'il existe entre l'âme et la pierre un rapport étroit. La pierre joue un rôle important dans les relations entre le ciel et la terre : c'est parler ici des pierres qui tombent du ciel et qui sont porteuses de messages. Telle se présente à nous la
pierre noire de Cybèle, le bouclier des Saliens [prêtres de Mars, au nombre de douze] ; on aura garde d'oublier que la pierre est un symbole de la Terre- mère et ce fut, assurément, l'un des aspects du mythe de Cybèle [mais ce serait oublier les deux lions qui l'accompagnent et qui sont les deux composants du feu secret : Atalante et Hipoménès]. Selon plusieurs traditions, les pierres précieuses naissent de la roche après avoir mûri en elle. On ne saurait rappeler les nombreuses allusions à la mûre, que par cabale phonétique, on rapproche évidemment de mûrir ; de là, ces baies et ces ronces de l'iconographie, ces enceintes murées qui entourent les jardins et les fontaines, etc. On sait à présent que, d'une certaine façon, les pierres précieuses, moyennant des conditions de température et de pression, la présence d'agents minéralisateurs, peuvent effectivement « végéter » au sens propre du terme. L'alchimiste s'apparente donc à une sorte de démiurge, ayant le pouvoir en quelques semaines ou quelques jours, de voir s'accomplir le miracle de la nature, qui met des millions d'années avant d'aboutir à ce résultat. Ce fut là le grand triomphe des minéralogistes français du XIXe siècle... De tout temps, les pierres précieuses ou gemmes orientales ont excité les esprits à cause de leurs couleurs et d'innombrables qualités leur ont été attribués : elles étaient censées agir comme des charmes ou des remèdes ; les pierres précieuses sont en fait, au plan conceptuel, le symbole d'une transmutation de l'opaque au translucide. Nous en trouvons un exemple suprême dans la Nouvelle Jérusalem, toute revêtue de pierreries :

" Ce rempart est construit en jaspe et la ville est de l'or fin comme du verre bien pur. Les assises de son rempart sont rehaussées de pierreries de toute sorte : la première assise est de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d'émeraude, la cinquième de sardoine, la sixième de cornaline, la septième de chrysolithe, la huitième de béryl, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d'hyacinthe, la douzième d'améthyste. Et les douze portes sont douze perles..." [Apocalypse, 21, 18-22]
 
 

7- Les Demeures Philosophales

De nombreux textes alchimiques, et singulièrement parmi les plus modernes, comme la trilogie fulcanellienne, les ouvrages d'Eugène Canseliet et d'autres encore, ont pris comme base d'études de symbolisme alchimique, des demeures riches d'art et d'histoire, auxquelles un vénérable passé leur confère comme une aura d'hermétisme. Plusieurs d'entre nous ont su ainsi, à la suite des derniers grands alchimistes de la tradition, débusquer des demeures philosophales qui ne disaient pas leur nom ou leur qualité. L'église de Saint Grégoire -sur-Vièvre paraît en être une. Voyez le site hermétisme et histoire de France grâce à qui nous devons sa découverte. Nous devons aussi deux autres demeures à M. Alain Mauranne, dont l'une est, au vrai, un ensemble formé de cinq logis, situés à Fontenay-Le-Comte : la fontaine des Quatre Tias ; la tour Rivalland ; le château de Terre-Neuve [déjà étudié par Fulcanelli] ; le portail du Château-Gaillard ; l'église Notre-Dame. L'autre demeure abrite une cheminée dont le sens caché semble aussi important que la cheminée alchimique du château de Terre-Neuve. Le lecteur trouvera son analyse dans le commentaire que nous donnons du chapitre XXV de l'Atalanta fugiens. Enfin, la quatrième demeure est, comme Terre-Neuve, bien connue des amateurs d'alchimie : il s'agit de la porte alchimique de la villa Palombara, à Rome. Nous en discutons dans la section réincrudation. S'y rattachent d'autres demeures qui complètent celles qui viennent énumérées : une autre porte alchimique, à Metz, en Nexirue dont nous devons la reconnaissance et les photographies à M. Alain Mauranne ; une galerie boisée dans l'ancien office du saint Esprit à Besançon [cf. Atalanta fugiens, XXVIII et XXX] ; nous revisitons les médaillons des Vices et des Vertus du grand portail de Notre-Dame [Paris] [cf. le texte d'Esprit Gobineau de Montluisant] en attendant, éventuellement, d'en compléter l'étude par ceux d'Amiens [on peut voir les bas-reliefs représentant le zodiaque, disposés par paire dans le Traité du Mercure d'Alexandre Sethon] ; enfin, nous visitons la maison de Nicolas Flamel, cf. supra Figures Hiéroglyphiques. Se rattachent indirectement à l'étude de ces demeures philosophales l'examen de certains des panneaux de protection de Lorenzo Lotto dans l'église Santa Maggiore de Bergame.


  la « tour » de Bollingen, lieu de méditation in silentio de C.G. Jung

Mais peut-être que la demeure philosophale par excellence fut celle que Carl Gustav Jung mis à peu près trente-trois ans à édifier, soit autant d'années qu'il faut, à en croire les vieux alchimistes, pour préparer le lapis. C'est en 1922 que Jung porta son choix vers cet ancien terrain de l'abbaye de Saint-Gall à Bollingen. Le dernier élément ne fut apporté à l'édifice qu'après la mort d'Emma Jung, survenue en 1955...

 

Conclusion sur l'alchimie, art sacerdotal

Index alphabétique

 
Finis Coronat Opus

Bibliographie générale
 

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Nous espérons que ce voyage en argotique hermétique aura intéressé le lecteur et qu'il prendra du plaisir à la lecture de ces quelques pages... Bon vent à tous.