| Alchemia,
Andreae Libavii operâ e dispersis passim optimorum autorum,
veterum et recentium exemplis potissimùm tum etiam praeceptis
quibusdam operosè collecta, adhibitisque ratione et
experientiâ, quanta potuit esse, methodo accurata explicata, et
in integrum corpus redacta. Accesserunt Tractatus nonnulli Physici
Chimici, item methodicè ab eodem autore explicati... Sunt etiam
in Chymicis eiusdem Libavii epistolis, iam antè impressis,
multa, huic operi lucem allatura. / Commentationum metallicarum libri
quatuor de natura metallorum, mercurio philosophorum, azotho et lapide
seu tinctura physicorum conficienda... studio et labore Andreae
Libavii,... expositi... [Contient
: tome I : Alchemia. tome II :
Epitome metallica. / Dialogus de Mercurio philosophorum. / De azotho et
aqua permanente. / De lapide philosophorum. / Ars probandi duobus
libros comprehensa. / Tractatus de iudicio aquarum mineralium]. Petri
Kopffij (Frankfurt), 1597 |


. Il s'agit d'une relation au triangle de
feu
des Chaldéens.
avec un personnage qui doit être une Vierge ; elle tient une
fleur en forme d'étoile avec des pétales à cinq
branches. Dernière occasion pour nous de rappeler ces paroles de
Fulcanelli : « à
sept reprises, c'est l'étoile ou la fleur qui se présente
à l'Artiste... ».
; SULPHUR
; MERCURIUS
. Notons toutefois que ces principes se
réduisent en fait à deux puisque le Mercure n'agit que
comme tiers-agent : il sert uniquement à mettre en forme «
principiée »
et
.
Cf. Livre secret d'Artephius.
.
et l'eau
,
annonçant le ciel firmamental de Philalèthe
sont l'objet de l'arc supérieur.
émerge de la nigredo : c'est l'Aurora consurgens. Un corbeau,
juché sur le
, annonce cette aurore en ce que le Caput corui est le signe avant coureur de la
conjonction des principes.
tandis que l'autre supporte la sphère de la
.
et le SULPHUR
]. C'est dans cette
relation que doit être recherchée le rapport entre le
métal, le minéral et l'étoile. Nous avons vu supra
que la fleur à cinq pétales que tient la Vierge, cf. note
d, prend dans ce contexte une importance
spéciale compte tenu qu'elle est d'essence ou de vertu
et qu'elle fait partie de l'arc
, dans la sphère
supportée par les Atlas. Cette fleur donc, ou cette
étoile, est le symbole du microcosme humain ; elle s'apparente
à l'étoile flamboyante du baron Tschudy [sa conception étant
évidemment bien antérieure aux écrits de Tschudy]
: il faut y deviner la manifestation centrale, i.e. saline, de la
lumière ou du
. Par là se manifeste la
substance iédétique de
qui représente a
et w
de l'oeuvre, cf. notre monade, in Aurora
consurgens, II. Sous l'influence de l'étoile polaire ou
AIMANT des Sages, la substance centrique se dépure et se
concentre jusqu'au moment de la surrection de Délos. Il y a
d'autres étoiles dans l'oeuvre - cf. zodiaque alchimique - dont on
trouve les traces dans l'Atalanta fugiens [Michel Maier]. Celles qui
permettent aux argonautes de se retrouver dans le labyrinthe de la Mer
et des écueils sont : Aldébaran [cf. Atalanta
XXXVIII pour le sens hermétique] ; Regulus [Cor Leonis, ce qui est tout un
programme, cf. Atalanta XLIV]
; Antarès [rubis du
Scorpion, cf. zodiaque alchimique,
cf. Antarès
et la Rivière Sombre] ; enfin Fomalhaut [Poisson austral, gardienne du Sud :
fom-al-hoût ou bouche de poisson.
trouve
son exaltation dans le signe des Poissons, selon les Chaldéens.
Cf. les rapports complexes avec le mythe de Dercéto-Atargatis in
Aurora consurgens III et Jung, Aïon, § 174, la signification historique du poisson].
Nous ne pouvons dans le cadre de ce travail aller plus avant dans
l'étude hermétique des étoiles, cf. zodiaque alchimique.
,
}. Allusion aux enfants de Léda, nés d'un
oeuf : nous pouvons faire la transition avec les enfants de Latone,
nés de l'oeuf hermétique [Diane puis Apollon]. Nous
pouvons ajouter plusieurs éléments à ce que nous
avons déjà dit sur le cygne [kuknoV].
Il se ressent d'un double symbolisme, à la fois solaire et
lunaire ; mais avant tout, il s'agit de l'arcane mercuriel
. Il est donc avant tout androgyne et, comme tel,
chargé des mystères sacrés. Si l'on devait trouver
l'idéogramme résumant les traits du cygne, il faudrait
qu'il combinât le Ciel
et la Terre
. Nous voyons se présenter de nouveau
l'hexagramme de Salomon... Faut-il ajouter que, par cabale, le chant du
cygne n'est autre que sa plume ? On reverra ici l'un des caissons [n°5
de la série 7] du château de
Dampierre-sur-Boutonne. Terminons en rappelant qu'on a fait du cygne un
symbole de la Prudence ; Fulcanelli y
voit, sur les médaillons des Vices et des Vertus, au portail
central de Notre-Dame, le symbole du Mercure
philosophique. Voir enfin note T sur Basile
Valentin.
et
sont destinés à être
transformés en principes principiés. Cf. notes a, b.
levant, dont les reflets, à
l'aurore, viennent se baigner dans les eaux du Nil, c'est-à-dire
dans les yeux de l'aigle royal. Le phénix se consume et
renaît comme la substance arcane dont est fait Mercure et le
Soufre. Tout tient donc dans ce seul mot : AZOTH. Cf. note O.
- c. aigle royal ou sublimations. Sa
fonction intervient dans le processus d'albification - d.
corbeau de l'oeuvre : ce n'est pas tant la dissolution que sa fin qui
est annoncée par le corbeau noir, cf. l'expression tête de
corbeau. L'ensemble {b, c, c} forme une bulle germinative que l'on peut
comparer à celle de l'Arbre philosophique, cf. Aurora consurgens, I. - e. rose rouge [correspond
au Soufre rouge sublimé ou sulphur
] - f. rose
blanche [correspond au Soufre
blanc ou SEL
] - g. Virgo
paritura [dans la sphère de
la Lune ; il ne s'agit pas ici du principe SEL ou
mais de
ou lune cornée, correspondant
à l'un des états du mercurius
] - h. Lion vert
ou Leo viridis [dans la sphère du
.
L'ensemble {g, h} assure croissance et multiplication au Rebis, futur
lapis - i. rose rouge dans la sphère de la
lune - k. chandelle de la Vierge : rapport entre le
Lac virginis [Lait de Vierge d'Artephius]
et le feu secret de nature cireuse - l. trois
étoiles dans la sphère de la Lune [trois sublimations philosophiques
annonçant les ailgles] - m. six
étoiles dans la sphère de
[il s'agit des chaux
métalliques, à l'exclusion de
] - n. chandelle
du Lion vert [symbole de sa
transformation en Lion rouge : les cierges allumés sont le signe
de la lumière de l'âme, c'est-à-dire du
métal brûlé ou ioV - spiritus
corruptus qui doit être transformé par le processus de
transmutation intérieure en anima consurgens
]. Les deux chandelles {k, n} nous
rappellent ce que dit Fulcanelli au sujet des cierges verts qui est
semblable, quant au fond, à ce qu'il écrit des Vierges
noires [cf. La
Légende des Cierges verts de Hippolyte Matabon (
Marseille, J.
- p. le roi
tenant de la main droite un lys rouge - q. la reine
tenant un lys blanc. {p, q} forment le couple alchimique {
,
}
exactement tel qu'il apparaît, Clef I
des Douze Clefs
de Basile Valentin - r. candélabre
argenté - s. candélabre
rubéfié : ces deux candélabres constituent les
deux flambeaux des principes de l'oeuvre. On remarque que le
candélabre rubéfié a sa mêche qui
dépasse, témoin de l'individuation ; là-dessus
Bachelard écrit : « La
flamme est seule, naturellement seule, elle veut rester seule.
» [la Flamme d'une Chandelle, Paris,
1961] ce qui rappelle le UN
TO PAN de la Chrysopée [cf. Berthelot, Chimie des Anciens] - t. image de la couronne dorée - v.
chandelle en fruit [grenade ou roia] - x. lys argenté et doré -

. On le décrit encore comme un
temple monolithe. Quand on sait que le temple - templum - est avant
tout le ciel, on a déjà une bonne
appréciation de la complexité du symbolisme et des
allégories qui découlent de l'utilisation de ces symboles
pléïomorphes]
;
la fumée et le feu ressortissent du mercurius
;
le feu pur, de même que l'air sont les éléments
d'Empédocle :
et
à partir desquels on prépare l'âme
dépurée ou anima
]
et se rapproche d'un détail analogue de l'emblème XLII appartenant à l'Atalanta
fugiens. Il s'agit donc d'un
équivalent symbolique de Diane aux cornes lunaires ]
. Le lion est lié à l'aigle
et exprime lesymbolisme complexe e la projection, cf. Aurora consurgens II]
et
]
; le
vent
.
Tout ceci, comme d'habitude, doit être compris par l'entendement,
faute de quoi rien ne sera compris : il s'agit de prendre ici la mesure
des quatre éléments qui vont contribuer à la
préparation du lapis
. Sur les vents
de l'oeuvre,
cf. Atalanta fugiens et recherche]
.
Dès lors, se forme ce que les Adeptes nomment l'eau ignée
ou le feu aqueux. Par sang du lion rouge, on doit par conséquent
entendre la viscosité ; par la glu de l'aigle, le principe de
fixation. Voilà qui semble aller à l'encontre des
écrits habituels où le lion est désigné
comme principe fixe et l'aigle comme principe mobile. On trouve cette
expression « glu de l'aigle » dans la Cassette du Petit
Paysan - Arca arcani - de Grasseus. Il faut comprendre que le lion est
le moyen qui permettra à l'aigle de se tirer de cette glu qui
l'empêche de prendre son vol. Au début du travail, l'aigle
n'a pas, en effet, la force de voler, comme en témoigne la septima figura du De Lapide Philosophorum de
Lambsprinck : l'escargot permet de comprendre l'allégorie. Mais
il s'agit aussi d'une indication sur la création du second Adam
: Adam est tiré d'un limon qui s'apparente à celui qui
naît de la jonction du sang du Lion rouge et de la glu de l'Aigle
blanc : il s'agit donc là d'une version d'Apollon, à ne
pas confondre avec la terre adamique, cf. Aureum seculum redivivum de
Mynsicht. Ajoutons à cela que selon Van Helmont :
et
se trouvent en lutte. Sur le plan mythologique, voyez IloV, fils de Trôs et fondateur d'Ilion
et comparez avec Pernety, Fables
Egyptiennes et Grecques, t. II. PhloV définit la forme du mercure :
matière liquide épaissie, d'où l'on tire argile,
terre glaise et mortier (dont parle Fulcanelli) ; selon les premiers
mythographes, phloV est l'arch ou matière même dont l'homme
est formé. Voyez l'Atalanta
fugiens pour des rapports de cabale avec Pélée,
époux de Thétis et père d'Achille. ]
et c'est la deuxième sublimation radicale.
Peut-être est-ce ce qu'avait en vue Libavius en parlant de
deuxième dissolution.]
et
l'autre par l'albification, marque de
. On
ne saurait donc y voir le lapis en train de se former mais la bulle
germinative à l'égale de celle qu'on aperçoit dans
l'arbor vitae du Mercurius Redivivus.]
. Le mot AZOTH est dérivé de
l'hébreu - et doit correspondre au mot grec QeioV : DIEU. Pour comprendre cette
référence au divin, en relation avec le mercurius, il
faut se souvenir du panthéisme mystique des Egyptiens et relire
ce qu'en dit F. Hoefer dans son Histoire de la Chimie (deuxième
époque, §6, pp. 228-229).
est extrait de la
et de
» est rien moins que claire.
Peut-être serait-il plus approprié, au lieu de seconde
dissolution, de parler de seconde sublimation qui est celle du mercure.
En sorte que nous revenons à un thème connu qui est celui
de la volatilisation progressive du mercure, d'où résulte
l'empâtement progressif de l'aqua permanens. C'est l'action du
rémora dont parle Savinien Cyrano de Bergerac dans ses Etats de l'Empire de la Lune et du
Soleil, cf. symboles. On
pourrait aller plus loin et considérer que l'imbibition de
par
correspond au nutriment du lapis : la
rosée de mai. Le problème est que cela ne coïncide
pas avec l'époque de l'oeuvre, la nutrition du lapis intervenant
bien sûr avant la coagulation de l'aqua permanens. Il est curieux
que F. Hoefer n'ait pas cité l'Azoth du pseudo Basile Valentin, plus connu, grâce
à ses gravures, que celui de Paracelse.
.
Dans le processus qui s'est mis en place, il faut admettre que la
matière dont est formée le Rebis baigne, dissoute et en
circulation par mouvements de convection, dans la substance mercurielle
qui est un fondant. La « cibatio » ou nutrition du
germe lapidaire est assurée par
-
au sens de Cronos - assimilé à la roue du temps qui
permet à la minéralisation du germe de se produire et de
s'accroître. Cet accroissement - les textes parlent ici de
multiplication - dépend de ce Lait de Vierge que nous avons vu
en PP. Sur le plan symbolique, on
relève ainsi des interférences entre l'un des principes,
destructeur, du mercurius et l'autre
principe, fécondant, du même mercurius. Si nous reprenons
l'idéogramme du mercure, on y voit la † et le Taureau :
nous avons déjà développé ce thème
dans l'Aurora consurgens II et III ; il suffira donc de rappeler ces
lignes de Jung :
; la partie moyenne est l'art et la manière de
préparer le SEL des Sages - nous voulons parler ici du vinaige
antimonié, c'est-à-dire par cabale, étoilé.
Enfin, la partie la plus élevée représente la
partie sulfureuse
du lapis. ]
et
tiennent leur résidence.]
. Basile Valentin ne dit-il
pas que le « cygne rôti sera pour la table du roy » ?
En langage alchimique, rôtir le cygne, c'est coaguler le Mercure,
c'est-à-dire obtenir sa sublimation : l'Esprit se retire,
laissant le Corps allié à l'Âme en un cristal
brillant de mille feux : l'Artiste peut contempler le rayon igné
solaire qu'il a réussi à prendre dans les rets de son
filet cosmique par l'entremise de Diane
aux cornes lunaires.
Voyez encore les Douze
Clefs de Basile qui nous dit qu'il faut donner à manger un
cygne blanc à l'homme double igné, cf. Clef VI. Comparez
avec le caisson n°5 de la série 7 que Fulcanelli examine, au
tome II des Demeures
philosophales, où l'on voit un cygne transpercé
par une flèche où un phylactère indique : «
je meurs par mes propres plumes »]
,
noirceur que le couple alchimique annonçait du reste.]
. Ce n'est pas tout : ce
phénomène peut s'écrire :
+
=
et le FEU dont il s'agit s'entend
comme LUX, non point comme le feu destructeur de Typhon : en effet, le
parhélie survient toujours alors que le
est présent in corpore et la couleur rouge est tournée du
côté solaire, comme attestant de sa nature
. Notez que l'idéogramme de Salomon ne rend pas
compte exactement du parhélie. Il faut plutôt faire
appel à ce symbole, plusieurs fois rencontré -
- que l'on trouve dans l'Aureum seculum redivivum de
Mynsicht. Il exprime l'instabilité d'une réaction «
chymique » où l'étoile asthr le dispute à la fleur anqoV.
Qaunt au halo complet - alwV - il est plus rare et traduit des
échanges complexes entre
et
: ce ces inter-actions naissent de véritables
poussières
cristallines qui présentent des
formes diverses. Ces formes déterminent un halo de 22°
ou un halo de 46° (grand halo). Ailleurs, nous avons des
parhélies ; ou un cercle parhélique ; ou bien un
parenthélie, image écartée de 120° du
,
qui est donc en terme chaldéen un trigone,
caractérisé par l'idéogramme
. Notons encore que le parhélie est l'image
du
dont il conserve la dimension. On croyait, auparavant,
que le parhélie annonçait des perturbations ou des
tempêtes. Mais pour l'alchimiste, il n'est que le signe avant
coureur de la nigredo
.
et de
. L'arc circumzénithal forme
en effet une sorte de croissant lunaire. 3)- nous retrouvons le signe
de l'ioV
.
On remarque que l'aphélie se développe lorsque le
est proche de l'horizon, alors que la nigredo va survenir ; c'est
pourquoi Libavius parle d'éclipse de soleil : on peut aussi
employer le terme d'offuscation qui réalise mieux cet
état d'affaiblissement dans lequel se trouve le
à cette époque de l'oeuvre.]
. Mais il faut parler ici de
parasélènes : ce phénomène est connu depuis
longtemps et a été noté par Pline qui fait mention
de trois lunes aperçues en l'an 632 de la fondation de Rome.
C'est exactement ce que Libavius donne à voir dans cette
sphère de la lune. Les habitants de localités du
Loir-et-Cher aisiq ue d'Indre-et-Loire furent témoins de
magnifiques parasélènes le 21 février 1864, vers
20h, Cf. Imago
mundi, halos et couronnes.]
. Sur le
lys, cf. l'Oeuvre secret d'Hermès de
D'Espagnet]
]
et cinq lions
montent les marches de l'escalier de Salomon [analogue à la digamma
] ; il y a douze lions en comptant
le Leo duplex.
ou principe mâle et sulfureux.
,
principe femelle ou mercuriel [et
SALIN].