SEPTEM SERMONES AD MORTUOS
les sept planètes de l'impasse du Chat, à Bourges - cliché Alain Mauranne [cliquez
sur l'un des symboles]


le 31 janvier 2009
Pour
le lecteur novice, nous avons disposé sur cette page les sept
sections que nous considérons comme fondamentales pour aborder
l'étude de l'alchimie.
Comme cette photographie de notre ami Alain le montre, ce sont les
hiéroglyphes des planètes qui ont été
disposés ici en forme de mandala. De gauche à droite,
nous trouvons la
qui encadre le symbole de l'alambic
. La lune est, en alchimie, un symbole à
plusieurs dimensions qui exprime autant la face mercurielle que saline
du médiateur des Sages [le
dissolvant secret ou Lion
vert]. Compte tenu que le Mercure est représenté
ailleurs
dans cette théorie de symboles, c'est donc vers le Sel
que nous avons projeté un lien. C'est Mars
qui apparaît ensuite : lui aussi est double,
représenté par Arès ou
Ariès. Arès voile le nom du vitriol babylonien
utilisé dans les premiers travaux sur la prima
materia. Ariès cache la Toyson d'or ou résine de l'or,
formant la matrice minérale de la Pierre [voir Antoine Faivre, laToison d'or, Arché, 1990].
Voici venir
, où la Trinité
hermétique est
scellée [on voit que le
symbole est formé par le signe du Taureau
et la †].
L'idéogramme du Mercure est déjà un traité
d'alchimie pour qui a déjà quelque teinture de science.
Ensuite,
qui joue un rôle fondamental
en dispensant la rosée de mai et dans le phénomène
de la projection, à un stade tardif de l'oeuvre. Vénus
, est congénère de
tant pour des raisons mythologiques que chimiques. Vénus est
également liée à l'un des arcanes de cabale qui
est cher aux Adeptes : la parabole du Déluge puisque son
idéogramme inversé est celui de la stibine
hermétique
, marquant la surrection de
Délos. L'artiste a bien fait les choses en disposant
à côté de
. Saturne joue un rôle fondamental au
début de l'oeuvre, dans les phénomènes de
transfert et en tant qu'équivalent de l'Adam primordial. Enfin,
voyez le symbole du
, qui forme l'alpha et l'oméga de
l'Art sacré pris comme sulphur
ou Soufre rouge [teinture
de la Pierre]. Bien conscients que nos propos paraîtront
sibyllins à beaucoup, nous espérons cependant que la
lecture des sections sera un encouragement pour quelques-uns qui
restent encore sensibles à la lecture des vieux symboles et aux
connections entre mythe, alchimie, religion, architecture, chimie et
minéralogie. De nombreux savants se sont penchés sur
l'alchimie et une figure domine de sa stature notre
époque, à la fois par son érudition, son
intelligence et son art du sensible : Carl Gustav Jung.

Jung (1875-1961) - pour
approfondir
Pour la suite, vous
souhaiterez peut-être visiter d'anciennes
demeures qui restent marquées par l'esprit alchimique,
où le blason doré des vertus philosophales n'est pas
encore totalement terni par les rafales de notre pseudo
modernité. Riches de technique au-delà de tout ce qui
semblait possible à l'orée des années soixante,
nous voici appauvris outre mesure dans l'ordre du sensible, de
l'éducation et nous n'avons même plus le respect de notre
propre personne. Comment alors pourrions-nous respecter autrui ? La
grande leçon de Jung et d'autres encore a été de
mettre en lumière cette permanence du lien archétypal
entre les antiques croyances - les mythologèmes - et ce qui nous
fait Être par-dessus et, ajouterons-nous, malgré la Raison.
PS : le titre de la page est un clin d'oeil
à un traité de Basilide d'Alexandrie... qui en fait est
un écrit de Jung datant de 1925 dont il n'a
autorisé la publication qu'in extremis dans son autobiographie [Zurich, 1961]. Il figure comme
premier chapitre de la Vie symbolique
[trad. Albin Michel, pp. 25-39, 1989].
Ce texte (1916)
date d'avant la
découverte par Jung de l'alchimie chinoise, vers 1928,
grâce au Mystère de la
fleur d'or [voir Aurora
consurgens, I]. Pour qui est un peu au fait des
vieux traités alchimiques, les morts ne sont autre que les
métaux, ouverts par l'action du
, dont l'âme
s'échappe sous le couvert d'un spiritus abscondus ou corruptus dont le blanchiment est
l'un des grands travaux qui attendent notre Artiste. Ces morts sont
symbolisés par l'idéogramme
ou ioV
[venin, rouille] qui donne
le secret de la teinture du lapis.

