Les planches du Dictionnaire Mytho-Hermétique de Dom Pernety


revu le 20 frévrier 2005



Plan
: préambule - Préface du Dictionnaire - des Opérations - du Feu - du Vase - du Temps - des Couleurs - du style énigmatique - les dix-huit planches : des fourneaux, des vaisseaux et autres ustensiles du laboratoire de chimie -



Préambule : Il n'est pas besoin d'insister sur l'importance des écrits de Dom Pernety en matière d'alchimie : il a contribué à l'égal de Lenglet Dufrenoy, à l'établissement d'une critique des doctrines de l'Art sacré et, s'il n'a pas fait oeuvre d'alchimiste, du moins a-t-il passé au crible les vieux auteurs. Il a, comme Fulcanelli, réalisé sa trilogie, avec le Dictionnaire mytho - hermétique et les deux tomes des Fables Égyptiennes et Grecques. Ces ouvrages sont à présent disponibles sur internet. Tel n'est pas le cas, encore, de l'Histoire de la philosophie hermétique de Lenglet Dufrenoy... Le Dictionnaire de Pernety se referme sur des planches qui résument la science chimique de l'époque et ces planches ont été disposées sur internet dans le site d'Alkest, Amoureux de science s'il en ait... Ces planches étaient cependant séparées sur plusieurs pages : nous les avons réunies ici en espérant avoir fait oeuvre utile. Voici, en prélude à leur étude, l'introduction de Pernety à son Dictionnaire :

PRÉFACE


frontispice du Dictionnaire Mytho-hermétique de Antoine - Joseph Pernety

Jamais Science n'eut plus besoin de Dictionnaire que la Philosophie Hermétique [à la même époque paraissait l'Histoire de la Philosophie hermétique en deux volumes de l'abbé Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Amsterdam, 1742 et Paris, 1744]. Ceux dans les mains de qui tombent les Livres faits sur cette matière, ne sauraient en soutenir la lecture une demi-heure seulement; les noms barbares qu'on y trouve, semblent vides de sens, et les termes équivoques qui sont placés à dessein presque dans toutes les phrases, ne présentent aucun sens déterminé. Les Auteurs avertissent eux-mêmes qu'on ne doit pas les entendre à la lettre; qu'ils ont donné mille noms à une même chose; que leurs Ouvrages ne sont qu'un tissu d'énigmes, de métaphores, d'allégories, présentées même sous le voile de termes ambigus, et qu'il faut se défier des endroits qui paraissent faciles à entendre à la première lecture. [on s'est fait maintes fois l'écho de la cabale hermétique dans ces pages, cf. nos symboles en particulier où nous donnons des jalons sur notre propre itinéraire] Ils font mystère de tout, et semblent n'avoir écrit que pour n'être pas entendus. Ils protestent cependant qu'ils n'écrivent que pour instruire, et pour instruire d'une Science qu'ils appellent la clef de toutes les autres. L'amour de Dieu, du prochain, de la vérité, leur met la plume à la main : la reconnaissance d'une faveur si signalée que celle d'avoir reçu du Créateur l'intelligence d'un mystère si relevé, ne leur permet pas de se taire. Mais ils l'ont reçue, ajoutent-ils, dans l'ombre du mystère; ce serait même un crime digne d'anathème que de lever le voile qui le cacha aux yeux du vulgaire. Pouvaient-ils se dispenser d'écrire mystérieusement ? Si l'on exposait au grand jour cette Science dans sa simplicité, les femmes, les enfants même voudraient en faire l'épreuve : le Paysan le plus stupide quitterait sa charrue pour labourer le champ de Mars comme Jason : il cultiverait la terre philosophique, dont le travail ne serait pour lui qu'un amusement, et dont les moissons abondantes lui procureraient d'immenses richesses, avec une vie très longue, et une santé inaltérable pour en jouir.

Il fallait donc tenir cette Science dans l'obscurité, n'en parler que par hiéroglyphes, par fictions, à l'imitation des anciens Prêtres de l'Égypte, des Brahmanes des Indes, des premiers Philosophes de la Grèce et de tous les pays, dès qu'on sentait la nécessité de ne pas bouleverser tout l'ordre et l'harmonie établis dans la société civile. Ils suivaient en cela le conseil du Sage. [tout ce qu'a écrit Pernety au sujet de l'Art sacré dans les deux tomes des Fables Égyptiennes et Grecques pourrait n'apparaître que comme un tissu de divagations, n'était son érudition, qui est incontestable. Tout ce qu'il dit des hiéroglyphes et de leur sens soi disant hermétique est absolument faux ; tout ce qu'il dit du soi disant or alchimique des Égyptiens est tout autant absurde...]

Mal à propos traite-t-on de fous les Philosophes Hermétiques : n'est-ce pas se donner un vrai ridicule, que de décider hardiment que l'objet de leur Science est une chimère, parce qu'on ne peut pas le pénétrer, ou qu'on l'ignore absolument ? C'est en juger comme un aveugle des couleurs. Quel cas les gens sensés doivent-ils donc faire des jugements critiques de quelques Censeurs sur cette matière, puisque tout le mérite de ces jugements consiste dans le froid assaisonnement de quelques bons mots à l'ombre desquels ils cachent leur ignorance, et qu'ils sèment faute de bon grain, pour faire illusion à des Lecteurs imbéciles, toujours disposés à les applaudir ? Méritent-ils qu'on fasse les frais d'une réponse ? Non : on peut se contenter de les envoyer à l'école du Sage (2). Moins dédaigneux et moins méprisant que ces Censeurs bouffis d'orgueil et d'ignorance, et aveuglés par le préjugé, Salomon regardait les hiéroglyphes, les proverbes, les énigmes et les paraboles des Philosophes comme un objet qui méritait toute l'attention et toute l'étude d'un homme sage et prudent. [le sceau de Salomon ou digamma est l'un des grands emblèmes de l'oeuvre.]

Je voudrais qu'avant que d'étaler leur mépris pour la Philosophie Hermétique, ils prissent la peine de s'en instruire. Sans cette précaution ils s'attireront à bon droit le reproche, que les insensés méprisent la Science et la Sagesse, et qu'ils ne se repaissent que d'ignorance ; et je leur dirai avec Horace : Odi prophanum. vulgus, et arceo . C'est en effet au sujet de ces mêmes mystères que les anciens Prêtres disaient : Procul ô procul este prophani !

Mon Traité des Fables Égyptiennes et Grecques développe une partie de ces mystères. De l'obligation dans laquelle j'étais de parler le langage des Philosophes, il en est résulté une obscurité qu'on ne peut dissiper que par une explication particulière des termes qu'ils emploient, et des métaphores qui leur sont si familières. La forme de Dictionnaire m'a paru la meilleure, avec d'autant plus de raison qu'il peut servir de Table raisonnée, par les renvois que j'ai eu soin d'insérer, quand il a été question d'éclaircir des fables déjà expliquées. [la lecture des Fables qui ne sont pas si prolixes que le pense Georges Ranque - la Pierre Philosophale, Laffont, 1972 - met effectivement en évidence des traits de cabale montrant que Pernety était plus qu'un historien de l'alchimie mais, sans doute, un vrai fils de science.]

Beaucoup de gens regardent la Médecine Paracelsique comme une branche de la Science Hermétique; et Paracelse, son Auteur, ayant, comme les Disciples d'Hermès, fait usage de termes barbares, ou pris des autres langues, j'ai cru rendre service au Public d'en donner l'explication suivant le sens dans lequel ils ont été entendus par Martin Rulland [Rullandus est l'auteur d'un dictionnaire des termes chimiques et alchimiques de son temps : Lexicon alchimiae sive dictionarium alchymisticum, disponible sur le serveur


Gallica de la bnf], Johnson, Planiscampi [cf. 1, 2, 3, 4, 5, 6], Becker [Joachim Becher, cf. Chevreul critique de Hoefer], Blanchard et plusieurs autres. Si je n'ai pas toujours cité ces Auteurs, non plus que les Philosophes Hermétiques, je les ai rappelés assez souvent pour convaincre le Lecteur que je ne parle ordinairement que d'après eux. Ceux qui les ont lus avec attention, les y reconnaîtront aisément. Afin que le Lecteur puisse juger que mes explications des termes et des métaphores des Philosophes, ne sont pas arbitraires et de mon invention, je rapporterai ici quelques-uns de leurs textes avec lesquels il pourra les comparer. Il y verra d'ailleurs qu'ils sont tous d'accord entre eux, quoiqu'ils s'expriment différemment.

Les Sages, dit Isaac Hollandais [cf. Idée alchimique, III], ont donné beaucoup de noms différents à la pierre. Après qu'ils ont eu ouvert et spiritualisé la matière, ils l'ont appelée une Chose vile [c'est-à-dire une chose venimeuse : il s'agit de chaux métalliques, i.e. d'oxydes]. Quand ils l'ont eu sublimé ils lui ont donné les noms de Serpent et de Bêtes venimeuses. L'ayant calcinée, ils l'ont nommée Sel ou quelqu'autre chose semblable. A-t-elle été dissoute, elle a prit le nom d'Eau, et ils ont dit qu'elle se trouvait partout. Lorsqu'elle a été réduite en huile, ils l'ont appelée une Chose visqueuse, et qui se vend partout. Après l'avoir congelée, ils l'ont nommée Terre, et on assuré qu'elle était commune aux pauvres et aux riches. Quand elle a eu acquis une couleur blanche, ils lui ont donné le nom de Lait virginal, [cf. Artephius] et ceux de toute autre chose blanche que se puisse être. Lorsque de la couleur blanche elle a passé à la rouge, ils l'ont nommé Feu et de tous les noms des choses rouges. Ainsi dans les dénominations qu'ils ont données à la pierre, ils ont en égard aux différents états où elle se trouve jusqu'à la perfection. Liv. I. ch 126. les Oeuvres sur les Minéraux.

Ce mélange de trois choses s'appelle Pierre bénite, minérale, animale, végétale, parce qu'elle n'a point de nom propre [il s'agit là du Compost philosophal par lequel se signale le Rebis dissous dans le Mercure]. Minérale, parce qu'elle est composée de choses minérales [il s'agit du CORPS de la pierre qui est un squelette silicato-alumineux en proportions variables]; végétale, parce qu'elle vit, et végète [allusion à l'alkali végétal, carbonate de potasse qui fournit le composé du Mercure dans la voie dite de l'alkali fixe, cf. arcanum duplicatum]; animale, parce qu'elle a un corps, une âme et un esprit, comme les animaux. De son ventre noir on l'appelle Noir fétide [c'est « le noir plus noir que le noir », cf. Ripley, Douze Portes]. On la nomme encore dans cet état, Chaos, Origine du Monde, Masse confuse, pour moi je l'appelle Terre. Notre eau prend les noms des feuilles de tous les arbres, des arbres mêmes, et de tout ce qui présente une couleur verte, afin de tromper les insensés [Pernety fait probablement allusion à la terre feuillée des Sages, cf. Atalanta, VI]. On l'appelle aussi Eau bénite, la tempérance des Sages, Vinaigre très aigre, Corps dissoluble, Gomme des Philosophes, Chose vile, cher, précieuse, Corps dur et opaque, mou et transparent, Exaltation de l'eau, Angle de l'oeuvre. Observer qu'on appelle le Soleil et la Lune le père et la mère de la pierre dans la composition de l'élixir, ce que dans l'opération de la même pierre, on appelle Terre ou Nourrice. [comme d'habitude, Pernety manque de méthode, ce qui l'amène à des énumérations disparates dont la lecture, pour poétique qu'elle soit - elle rappelle celle de Jules Verne ou de Georges Pérec - n'en conduit pas moins à des erreurs de cabale : par exemple le vinaigre très aigre - cf. Artephius - correspond au premier état du Mercure et n'a rien à voir avec l'eau bénite ou eau benoîte sur laquelle insiste E. Canseliet dans ses écrits. ]

Arnaud de Villeneuve, Comment. sur Hortulain, pag. 25 et 35.


La pierre des Philosophes est une, mais on lui donne une infinité de noms, parce qu'elle est aqueuse, aérienne, terrestre, ignée, flegmatique, colérique; elle est soufre et argent-vif; les superfluités se changent en une véritable essence, avec l'aide de notre feu: et qui veut en ôter quelque chose, ne parviendra jamais à la perfection de l'oeuvre. Les philosophes n'ont jamais dévoilé ce secret. [les superfluités qui constituent les hardes de la pierre ou vêtements dont se dévêtent le Roi et la Reine forment l'essentiel, cf. l'allégorie de Merlin : voir notre prima materia]

Pontanus, Épître.

Notre pierre se nomme d'une infinité de manières, car elle prend des noms de toutes les choses noires. Lorsqu'elle quitte la noirceur, les noms qu'on lui donne rappellent les choses dont la vue égaie et fait plaisir, comme les blanches et les rouges. Ce n'est cependant qu'une seule choses. Riplée, ch 3. du supplément. Si vous l'appelez eau, vous dites vrai; si vous dites qu'elle n'est pas eau, vous ne le niez pas à tort. Ibid. pag.139.

Lorsqu'on cuit ces principes avec prudence et sagesse, on en fait une chose qui prend beaucoup de noms. Lorsqu'elle est rouge, on l'appelle Fleur d'or, Ferment de l'or, Colle d'or, Souffre rouge, Orpiment. Quand elle est encore crue, on la nomme Plomb d'airain, Verge et Lame de métal. Les Philosophes appellent l'airain Monnaie, Ecu ; et la noirceur Plomb. Ibid. pag. 142.

Notre eau s'appelle Eau de vie, Eau nette, Eau permanente et perpétuelle, [l'eau permanente est l'état du Mercure philosophique lors de la Grande Coction à l'époque où la cuisson est rectiligne] et d'une infinité d'autres noms. On la nomme Eau de vie, parce qu'elle donne la vie aux corps morts, et qu'elle purifie et illumine ce qui est corrompu et souillé. Arnaud de Villeneuve, Miroir d'Alchymie, pag. 11 et 27.

L'Argent-Vif est appelé le Père dans la génération des métaux, la véritable vigne, Plomb, Phénix, Pélican, Tantale, Dédale, Serpent, Fontaine, Puits, Porte, Argent-vif des philosophes, Présure, Lait, Ferment, Serf fugitif et de beaucoup d'autres noms. Desiderabile, pag. 71

Pendant que l'oeuvre est encore cru, notre argent-vif s'appelle Eau permanente, Plomb, Crachat de la Lune [cf. Atalanta XXXVII. C'est une allégorie complexe où l'on a voulu faire une association douteuse avec le nostoc], Étain. Lorsqu'il est cuit il se nomme Argent, Magnésie, Soufre blanc. Quand il a pris la couleur rouge, on lui donne les noms d' Orpiment, de Corail, d'Or, de Ferment, de Pierre, d'Eau lucid . Ibid. p. 22 .

Notre eau prend quatre couleurs principales; noire comme du charbon, la blanche comme la fleur de lys, la jaune semblable à la couleur des pieds de l'émerillon, et le rouge pareille à la couleur du rubis. On appelle la noire Air, la blanche Terre, la jaune Eau, et la rouge Feu. Ibid. p. pag.100. Le suc de lunaire, l'eau de vie, la quintessence, le vin ardent, le mercure végétale ne font qu'une même chose. Le suc de lunaire se fait de notre vin, connu de peu de personnes; c'est avec lui que nous faisons notre dissolution et notre or potable; sans lui nous ne pouvons rien faire. Notre pierre est comme les animaux, composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Le corps imparfait s'appelle Corps, le fermant Âme, et l'eau Esprit. Le corps imparfait est pesant, infirme et mort; l'eau le purge et le purifie en le subtilisant et en le blanchissant; le ferment donne la vie aux corps, et lui donne une meilleure forme. Le corps est Vénus, ou la femelle; l'esprit est Mercure, ou le mâle, et l'âme est composé du Soleil et de la Lune. [tous ces termes et expressions de cabale ont été vus en détail ailleurs, voyez en recherche]

L'eau des philosophes s'appelle le Vase d'Hermès ; c'est d'elle qu'ils ont dit, toutes les opérations se font dans notre eau; savoir, la sublimation, la distillation, la calcination, la solution et la fixation. Elles se font dans cette eau comme dans un vase artificiel: ce qui est un grand secret. [il s'agit du vase de nature qui n'est autre qu'un fondant alcalin ou vitri oleum : huile de verre]

Rosarium.

Cambar, Ethelia, Orpiment, Zendrio, Ebsemeth, Magnésie, Chuhul sont des noms de notre argent-vif sublimé du Cambar. Lorsqu'il est parvenu aux blanc, on l'appelle Plomb d'Eburich, Magnésie, Airain blanc . Sentent 54. [il se peut qu'il s'agisse du Grand Rosaire de Villeneuve, actuellement introuvable sur internet. En revanche le Rosaire des Philosophes est disponible. Les premiers mots cités sont empruntés à Artephius.]

Les philosophes ont donné beaucoup de noms différents à cette pierre, afin d'obscurcir la science car lorsqu'elle a été mise dans le vase physique, elle prend différents noms suivant les diverses couleurs qui lui surviennent: pendant la putréfaction elle se nomme Saturne, et après Magnésie. Miroir d'Arnaud de Villeneuve.

Terre feuillée, Soufre blanc, Fumée blanche, Orpiment, Magnésie et Ethel signifient la même chose. On appelle le corps Fer, Mars, Carmot, Almagra, Vitriol, Sang, Huile rouge, Urine rouge, Jeunesse, Midi, Été, Mâle, et de plusieurs autres noms qu'on lui a donné respectivement à la couleur et à ses propriétés. Ibid .

 

Des Opérations.

 

Notre magistère se fait d'une seule chose, par une seule voix, et par une même opération. Lilium [philosophe chymique dont on connaît peu de choses. A ne pas confondre avec un traité appelé Lilium]

Vous n'avez besoin que d'une chose, savoir notre eau; et d'une seule décoction, qui est de cuire : il n'y qu'un seul vase pour le blanc et pour le rouge. Alphidius [cf Toyson d'or].

Quoique les Sages parlent de beaucoup de choses et de divers noms, ils n'ont cependant entendu parler que d'une seule chose, d'une seule disposition, et d'une seule voie. Morien.

Le blanc et le rouge sortent d'une même racine, sans mélange de choses d'une autre nature. Nous n'y ajoutons rien d'étranger, et nous n'en ôtons rien, sinon les superfluités pendant la préparation. Ibid .

Rhasis après avoir dit la même chose, ajoute : Cette matière se dissout elle-même, se marie, se blanchit, se rougit, devient noire, safranée, et se travaille elle-même jusqu'à la perfection de l'oeuvre. Sachez que si vous prenez autre choses que notre airain, et que vous le travailliez avec autre choses qu'avec notre eau, vous ne réussirez pas. La Tourbe.

Du nombre des Matières qui composent le Magistère Notre pierre doit se faire du Soleil et de la Lune: de ces deux l'un doit être un mâle rouge [c'est le Soufre rouge ou teinture, chaux métallique ou oxyde dont on a parlé supra. C'est l'ÂME -], et une femelle blanche [c'est le Soufre blanc ou résine de l'or, encore appelée toison de l'or : c'est le christophore de Fulcanelli dont il existe une superbe reproduction à l'Hôtel Lallemant de Bourges. Il s'agit du CORPS -]. Isaac Hollandais, liv.I. ch.61. La conjonction du Soleil et de la Lune fait notre pierre; le Soleil tire la substance de la Lune, et lui donne sa propre couleur et sa nature. Ce qui se fait par le feu de la pierre. Raymond Lulle, Codicille. Notre pierre ne se fait pas d'une chose individuelle, mais de deux choses, qui étant de même n'en font qu'une seule. Le même .

Le Soleil est son père, et la Lune sa mère. Le vent l'a porté dans son ventre. Hermès. Il n'entre dans notre magistère que le frère et la soeur, c'est-à-dire, l'agent et le patient, le soufre et le mercure. Aegidius de Vadis.

Notre argent-vif est une eau claire, notre arsenic est un argent pur, et notre soufre un or très-pur. Toute la perfection de magistère consiste dans ces trois choses. [c'est l'occasion de rappeler que l'Arsenic de Geber est l'équivalent du CORPS de Fulcanelli : il s'agit là encore du Soufre blanc ou résine silicato alumineuse de la Pierre]

Il n'y a qu'une pierre; cette chose unique n'est pas une en nombre, mais en genre; comme le mâle et le femelle sont seuls suffisants pour engendrer, de même la pierre des Philosophes se fait de deux choses, de l'esprit et de l'âme, qui sont le Soleil et la Lune; on y ajoute un troisième, le corps métallique, sans que ce nombre de deux en soit augmenté, parce que ce corps métallique est composé de deux autres. Scala Philosophorum. [Guido de Montanor. La Scala est un ouvrage que posséda Newton.]

Dans notre composé se trouvent le Soleil et la Lune en vertu et en puissance, et le mercure en nature. Ludus puerorum, pag.137. [ouvrage anonyme disponible sur le site hermétisme et alchimie ]

Joignez votre fils très cher à sa soeur blanche par parties égales, et donnez leur un breuvage d'amour, dont ils boiront jusqu'à s'enivrer, et jusqu'à ce qu'ils seront réduits en poudre très subtile. Souvenez-vous cependant que les choses pures et nettes ne s'unissent qu'à celles qui le sont: sans cette attention, ils engendreraient des enfants différents d'eux-mêmes, et impurs. [le fils est appelé d'habitude Gabricius et la soeur, Beja]

Aristote le Chymiste.

Le Dragon ne meurt que mêlé avec son frère et sa soeur. Rosarium .

Trois choses suffisent pour tout le magistère, savoir la fumée blanche, l'eau céleste, et le lion vert, c'est-à-dire, l'airain d'Hermès, et l'eau fétide qui est la mère des métaux, avec laquelle on fait l'élixir depuis le commencement jusqu'à la fin. Ibid. [cf. notre commentaire à l'Atalanta fugiens, emblème XIV]

La matière des Philosophes est eau, mais une eau composée de trois choses: le Soleil est le mâle, la Lune est la femelle, et le Mercure est le sperme. Car pour engendrer, outre le mâle et la femelle, il faut une semence. Ibid. Il n'entre qu'un seul corps immonde dans notre magistère, les Philosophes l'appellent communément Lion vert. C'est le milieu ou moyen pour joindre les teintures entre le Soleil et la Lune. Ces deux principes matériels et formels doivent être dissous. Riplée. [le Mercure n'est pas à proprement parler le sperme, mais le milieu de culture, pour ainsi dire qui permet la conjonction radicale des deux extrémités du vaisseau de nature.]

Rien n'est engendré que par son espèce, et les fruits ne produisent que des fruits semblables. L'eau des philosophes est le ferment des corps, et les corps sont leur terre, même après qu'ils sont devenus noirs par la préparation du feu. Les Philosophes leur donnent alors le nom de Feu noir ; et dans la seconde opération, ceux de Charbon de la montagne, Poix, Antimoine, Alkali, Sel alchali, Marcassite, Magnésie, Argent-vif extrait de Cambar, leur Chaux, Verre et Eau mondifiée. Rosinus à la fin du premier livre à Euthicte. [sur Rosinus, cf. Idée alchimique, II - VI - prima materia - Atalanta XXXIV - XLVII - Dialogue de Marie à Aros - Opuscule de Zachaire - ]

Joignez un mâle vivant avec une femelle vivante, afin qu'ils forment un sperme, et qu'ils engendrent un fruit de leur espèce. Cosmopolite. [c'est là la formulation exacte : le Rebis doit d'abord être formé par la conjonction radicale des deux principes de l'oeuvre, avant l'augmentation que les alchimistes appellent de manière envieuse la multiplication -]

Notre eau est une eau céleste, qui ne mouille pas les mains; ce n'est pas l'eau vulgaire, mais elle semble presque l'eau de pluie. Le corps est l'or qui donne la semence. La Lune (qui n'est pas l'argent vulgaire) reçoit la semence de l'or. Le même.

Les noms de décoction, commixtion, mélange, sublimation, contrition, dessèchement, ignition, déalbation, rubification, et de quelqu'autre nom qu'on puisse appeler l'opération, ce n'est qu'un seul régime qu'on nomme simplement décoction et contrition. Alanus. [cité dans le Theatrum Chemicum, vol. III, Dicta de Lapide Philosophico, p. 722, cf. bibliographie]

Sachez que toutes les opérations appelées putréfaction, solution, coagulation, ablution et fixation, consistent dans la seule sublimation, qui se fait dans un seul vase, et non dans plusieurs, dans un seul four. Arnaud de Villeneuve.

Résoudre, calciner, dissoudre, sublimer, teindre, laver, cuire, rafraîchir, arroser, extraire, coaguler, humecter, imbiber, fixer, broyer, réduire en poudre, distiller, dessécher, sont une même chose. Le même.

Gardez-vous bien de penser que lorsque nous parlons de sublimation, ou que nous sublimons en effet, nous entendions parler de séparation de la matière qui est au fond du vase d'avec celle qui est au-dessus. Dans notre sublimation les parties fixes ne s'élèvent pas, mais seulement les volatiles. Alanus. [réflexion capitale qui n'est citée par pratiquement aucun traité]

L'ingression, la submersion, la conjonction, la complexion, la composition et le mélange ne sont, dans notre Art, qu'une même chose. Avicenne.

Du Feu.

Souvenez-vous de donner toujours un feu très doux; l'ouvrage pourra en être plus long. Isaac Hollandais, liv.I. ch. 9 .

Toutes les fois que la pierre changera de couleur, vous augmenterez le feu peu à peu, jusqu'à ce que tout demeure fixe dans le fond . Le même .

Notre feu est minéral et égal; il est continuel; il ne s'élève point en vapeurs à moins qu'on ne l'excite trop; il participe du soufre; il se prend d'ailleurs que de la matière; il dissout tout, détruit, congèle, calcine; et ce feu, avec un feu doux, achève l'œuvre. Pontanus . Le Trévisan dit le même chose en mêmes termes.

Le feu du premier degré est semblable à celui de la poule qui couve ses oeufs pour faire éclore des poussins, ou comme la chaleur naturelle qui digère la nourriture pour la tourner en substance des corps, ou comme celle du fumier, ou enfin comme celle du Soleil dans Aries. C'est pourquoi quelques Philosophes ont dit qu'il fallait commencer l'œuvre le Soleil étant dans ce signe, et la lune dans celui du Taureau. Ce degré de feu doit durer jusqu'à la blancheur; lorsqu'elle paraît, on augmente le feu peu à peu jusqu'à la parfaite dessiccation de la pierre: cette chaleur est semblable à celle du Soleil lorsqu'il passe du signe du Taureau à celui des Gémeaux. La pierre étant desséchée et réduite en cendres, on fortifie le feu jusqu'à ce qu'elle devienne parfaitement rouge, et qu'elle prenne le manteau royal. Cette chaleur se compare, et est la même que celle du Soleil dans le signe du Lion. Scala philosophorum, pag.107. [cf. Limojon de saint Didier]

Le mercure est un feu; ce qui a fait dire au Philosophe: Sachez que le mercure est un feu, qui brûle les corps beaucoup mieux que le feu commun. Rosarium. [c'est un feu qui n'est point corrosif, c'est là le point capital, cf. Mercure philosophique]

La chaleur de votre feu doit être celle de la chaleur du Soleil au mois de Juillet; afin que par une douce et longue cuisson, votre eau s'épaississe, et se change en terre noire. Le même.

Notre argent-vif est un feu qui brûle tout corps avec plus d'action que le feu commun; il les mortifie en même temps; il réduit en poudre, et tue tout ce qu'on mêle avec lui. La Tourbe .

Du Vase.

Le vase des Philosophes est leur eau. Hermès, Ludus puerorum. [voilà qui est à l'origine de la confusion entre la voie humide et la voie sèche. Les impétrants n'ont pas vu que le tombeau et le creuset ne faisaient qu'un. Voyez ici le Donum Dei]

Nous n'avons besoin que d'un vase, d'un fourneau, et d'une seule opération ou régime; ce qui doit s'entendre après la première préparation de la pierre. Flamel. L'Auteur du Rosaire s'exprime absolument dans les mêmes termes. [rappelons qu'il ne s'agit pas du Grand Rosaire mais du Rosarium Philosophorum, in Artis Auriferae, Bâle, 1593. L'auteur de ce Rosaire semble être Arislée ou Arisleus - ]

Les vases requis pour l'œuvre s'appellent Aludel, Crible, Tamis, Mortier, parce que la matière s'y broie, s'y purifie et s'y perfectionne. Calid.

Le vase doit être rond, avec un cou long, un orifice étroit, fait de verre, ou d'une terre de même nature, et qui en ait la capacité; l'ouverture sera scellé. Bachon. [il s'agit de Roger Bacon, Speculum Alchimiae]

Du Temps.

Il nous faut un an pour parvenir au but de nos espérances. Nous ne saurions en moins de temps former notre chaux. Riplée.

Le temps requis pour la perfection de l'élixir est au moins d'un an. Rosaire.

Les Philosophes ont déterminé plusieurs durées de temps pour la cuisson de notre Art. Quelques-uns l'ont fixée à un an, d'autres à un mois, d'autres à trois jours, d'autres enfin à un seul. Mais de même que nous appelons un jour la durée du temps que le soleil met à parcourir le ciel depuis l'orient jusqu'à l'occident, les Sages ont nommé un jour l'intervalle qui s'écoule depuis le commencement de la cuisson jusqu'à la fin. Ceux qui parlent d'un mois, ont égard au cours du Soleil dans un signe du Zodiaque. Ceux qui font mention de trois jours, considèrent le commencement, le milieu et la fin de œuvre : et ceux enfin qui fixent ce temps à un an, le disent eu égard aux quatre couleurs qui forment leur quatre saisons. Anonymus.

Des Couleurs.

Quand vous verrez la noirceur, soyez assuré que la véritable conjonction est faite. Avant que la véritable couleur blanche se manifeste, la matière prendra toutes les plus belles couleurs du monde en même temps. Vous verrez sur les bords de la matière de la pierre, comme des pierres précieuses orientales, et comme des yeux de poissons. Alors soyez assuré que la véritable blancheur ne tardera pas à paraître. Isaac Hollandais. [ce problème des couleurs est l'un des plus grands mystères de l'alchimie et est à l'origine de la fascination qu'elle exerce sur l'esprit humain... Voyez Chevreul sur les couleurs]

Le secret de notre véritable dissolution est la noirceur de charbon faite du Soleil et de la Lune: cette noirceur indique une conjonction et une union si intime de ces deux, qu'ils seront à l'avenir inséparables: ils se changeront en une poudre très blanche. Raymond Lulle.

Au bout de quarante jours que la matière aura été mise à une chaleur lente et médiocre, elle deviendra noire comme la poix, ce que les Philosophes appellent Tête de corbeau, et le Mercure des Sages. Alanus. [quarante jours : résurgence évidente du symbolisme chrétien]

La chaleur agissant sur l'humidité produit premièrement la noirceur, puis la blancheur, de cette blancheur la couleur citrine, et de celle-ci la rouge. Arnaud de Villeneuve.

Quelques-uns ont dit qu'on voyait pendant le cours de l'œuvre toutes les couleurs qu'on peut imaginer; mais c'est un sophisme des Philosophes, car les quatre principales seulement se manifestent. Ils ne l'on dit que parce que ces quatre sont la source de toutes les autres. La couleur rouge signifie le sang et le feu ; la citrine la bile et l'air; la blanche le flegme et l'eau ; la noire la mélancolie et la terre. Ces quatre couleurs sont les quatre éléments. Rosaire. [ajoutons que Jacques Tol prévient l'impétrant contre le symbolisme excessif porté aux couleurs dans l'oeuvre, cf. Fulcanelli in Myst. Cath.]

Du Style énigmatique.

Ce serait une folie de nourrir un âne avec des laitues ou d'autres herbes rares, disent plusieurs philosophes, puisque les chardons lui suffisent. Le secret de la pierre est assez précieux pour en faire un mystère. Tout ce qui peut devenir nuisible à la Société, quoiqu'excellent par lui-même, ne doit point être divulgué, et l'on n'en doit parler que dans des termes mystérieux. Harmonie Chimique. [il s'agit d'un traité de David l'Agneau, París, Claude Mortier, 1601; Harmonie seu consensu philosophicum et chimicorum, magnum cum studio du véritable théorie de la pierre philosophae, Argentorati, Lazaro Zetner, 1613.]

Notre Science est comme une partie de la Cabale, elle ne doit s'enseigner clairement que de bouche à bouche. Aussi les Philosophes n'en ont-ils traité que par énigmes, par métaphores, par allégories, et par des termes équivoques: on en devinerait autant dans le silence de Pythagore, que dans leurs écrits. Aegidius de Vadis, cap. 10. Les secrets prophétiques, naturels, spagyriques et poétique sont pour la plupart cachés sous le même voile. Ibid.

La plupart des Traités composés sur cette Science (Hermétique) sont si obscurs et si énigmatiques qu'ils sont inintelligibles à tout autre qu'à leurs Auteurs. Margarita Novella. [il doit s'agir de la Margarita Preciosa Novella de Petrus Bonus, Venise, 1546, in Bibliotheca chemica curiosa, vol. II, Manget à ne pas confondre avec la Margarita Correctissima qui apparaît dans le Theatrum Chemicum, vol V. Cf. Figures Hiéroglyphiques]

Celui qui se dégoûtera aisément de la lecture des livres des philosophes, n'est pas fait pour la Science et n'y parviendra pas. Un livre en éclaircit un autre; l'un dit ce que l'autre a omis. Mais il ne faut pas s'imaginer qu'une lecture d'un même livre suffise pour en avoir l'intelligence, deux, trois et même dix fois répétée elle n'est pas capable de mettre au fait de ce qu'on désire apprendre. Bacaser in Turba.

Cette science est un don de Dieu [i.e. un don du Soufre en raison de l'assonance entre qeion et qeioV. Voilà tout le secret de la cabale hermétique.], et un mystère caché dans les livres des Philosophes, sous le voile obscur des énigmes, des métaphores, des paraboles et des discours enveloppés, afin qu'elle ne vienne pas à la connaissance des insensés qui en abuseraient, et des ignorants qui ne se donnent pas peine d'étudier la Nature. Ceux qui désirent y parvenir doivent s'appliquer à éclaircir leurs esprits en lisant avec attention, et en méditant les textes et les sentences des Philosophes, sans s'amuser à la lettre, mais au sens qu'elle renferme. Aurora Consurgens. [ouvrage que la tradition attribue à saint Thomas d'Aquin. Pseudo-aquinate sans doute... Il semble que le texte doive beaucoup à Alphidius. Il contient 38 emblèmes en couleurs, absolument somptueux, qui évoquent pour la plupart des points de symbolisme fondamental. Ce mss. du Xve siècle peut être trouvé dans les bibliothèques suivantes : Glasgow University Library MS. Ferguson 6; Zurich Zentralbibliothek, MS. Rhenoviensis 172; Leiden, MS. Vossiani Chemici F. 29; Paris, Bibliotheque Nationale, MS. Parisinus Latinus 14006; Prague, Universitni Knihovna, MS. VI. Fd. 26; Prague, Chapitre Métropolitain, MS. 1663. O. LXXIX; Berlin, Staatsbibliothek Preussischer Kulturbesitz, MS. Germ. qu. 848.]


Boschius, Aurora Consurgens

Recourez à dieu, mon fils, tourner votre cœur et votre esprit vers lui, plutôt que vers l'Art; car cette Science est un des plus grands dons de Dieu, qui en favorise qui il lui plaît. Aimez donc Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme, et votre prochain comme vous-même; demandez cette Science à Dieu, avec instance et persévérance, et il vous l'accordera. Alanus.

Toute sagesse vient de Dieu, et a été avec lui de toute éternité. Celui donc qui désire la sagesse doit la chercher dans Dieu, et la lui demander; parce qu'il la distribue abondamment, sans reproche. Il est le principe et la fin, la hauteur et la profondeur de toute science, et le trésor de toute sagesse; car de lui, dans lui et par lui sont toutes choses, et sans lui on ne peut réussir à rien de bien. A lui donc soit honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Albert le Grand dans la préface a son traité d'Alchimie.

J'aurais pu multiplier le nombre de ces textes des Philosophes : on en trouverait plus qu'il n'en faut pour former un gros volume; mais ceux-là suffiront pour mettre le Lecteur au fait de la manière de s'expliquer de ceux qui ont écrit sur la matière et les procédés de la Science Hermétique. Ce nuage épais qu'on trouve répandu dans tous leurs ouvrages, cette obscurité affectée, ce mystère que si peu de gens peuvent pénétrer, sont sans contredit la véritable raison qui a fait et fait encore regarder la Pierre philosophale comme une chimère, malgré le témoignage de tant d'Auteurs. et les faits connus comme certains qui déposent en faveur de sa réalité. Les Savants, dit-on, la traitent d'extravagance et de folie. Que conclure dé-là ? Ne serait ce pas une preuve que ceux qu'on appelle Savants sont bien éloignés de tout savoir ? Et qu'ils pourraient dire d'eux à plus juste titre ce qu'un ancien Sage de la Grèce disait de lui-même : J'ignore tant de choses que je puis dire : je sais seulement que je ne sais rien. Ignore-t-on d'ailleurs que les découvertes extraordinaires, telles, par exemple, que celle de la poudre et de ses effets, n'ont d'abord trouvé dans les Savants mêmes que des railleurs et des incrédules ? Ce qu'on nomme la science a souvent ses préjugés infiniment plus difficiles à vaincre que l'ignorance même. Il me semble que plus un homme a d'étendue de génie et de connaissances, moins il doit nier, et plus il doit voir de possibilités dans la Nature. A être crédule, il y a plus à gagner qu'à perdre. La crédulité engage un homme d'esprit dans des recherches qui le désabusent, s'il était dans l'erreur, et qui toujours l'instruisent de ce qu'il ignorait.


-------------------------




Des fourneaux, des vaisseaux et autres ustensiles du Laboratoire de Chimie :



planche I
1 - grand fourneau de réverbère pour la distillation des végétaux à feu nu et des acides minéraux. Rouelle.

2 - fourneau pour la distillation des substances végétales au bain-marie ou au degré de l'eau bouillante (cf. fig. 3. pl. IX).

3 - fourneau de réverbère en maçonnerie, pour la distillation du phosphore et de 1'huiIe de vitriol.

4 - fourneau pour distiller per descensum.
Sgobbis.

5 - fourneau pour les aludels Geber.

6 - fourneau à vent pour la fusion des métaux, leur réduction etc.

7 - galère des distillateurs d'eau-forte de Paris.


8 - dôme du fourneau de fusion de la figure 10.

9 - plaque de fer servant de fermeture au fourneau de fusion (fig. 10).

10 - fourneau de fusion ou à vent

11 - grand bain-marie pour l'évaporation des extraits et des liqueurs salines qu'on veut faire cristalliser.

12 - fourneau pour les décoctions, extractions au moyen de l'eau.

13 - fourneau à capsule pour toutes les digestions ou distillations au bain de sable. de cendre, de limaille, etc.

14 - pour la calcination des mines et des métaux.

15 - coupe longitudinale du fourneau de la figure 14.

16 - fourneau avec sa cucurbite basse, de terre, pour distiller à feu nu.

17 - coupe horizontale du fourneau d'affinage de Saxe, Hongrie et Bohême. Hellot.

18 - élévation du même fourneau.

19 - coupe transversale du fourneau d'affinage de Schluther.

20 - coupe horizontale du même fourneau.

21 - élévation du même fourneau.



planche II



planche III
22 - fourneau d'affinage de Cramer (coupe et élévation ).

23 - fourneau pour le départ des matières d'or et d'argent- Hellot

24 - coupe verticale du même fourneau.

25 - grand fourneau pour la fonte des mines, avec sa chemise. Cramer.

26 - fourneau de fusion de Cramer.

27 - dôme de ce fourneau.

28 - son cendrier, ou piédestal.

29 - sa grille.

30 - complément de la figure 31 faisant ensemble un fourneau semblable à la figure 26.

31 - partie inférieure d'un fourneau semblable à celui de la figure 26.

32 - cendrier de la figure 26.

33 - autre cendrier de la figure 26.  tuyère de cuivre s'adaptant au bassin de réception et y conduisant le vent du soufflet.

34 - porte des cendriers.

35 - moule elliptique servant à former le fourneau de fusion précédent.

36 - fourneau de fusion carre.

37 - fourneau de fusion à tour.

38 - fourneau de fusion de Pott.


39 - petit fourneau de verrerie de Kunkel, corrigé par Cramer, exécuté chez M. Rouelle.

40 - coupe verticale du fourneau précédent, prise d'avant en arrière.

41 - coupe horizontale de la Première chambre.

42 - coupe horizontale de la deuxième chambre.

43 - coupe horizontale de la troisième chambre.

44 - coupe horizontale de la quatrième chambre.

45 - fourneau d'essai à l'anglaise vu par le côté.

46 - sa coupe horizontale.

47 - sa coupe verticale.

48 - sa fondation.

49 - ce même fourneau vu par-devant.

50 - fourneau d'essai en tôle, avec une grille, de Cramer.



planche IV



planche V
51 - canal de tôle qui s'ajuste à la bouche du foyer du fourneau précédent, et qu'on emplit de charbons ardents pour empêcher que l'air qui frappe cette bouche ne refroidisse la matière en fusion.

52 - coupe du fourneau de la figure 50, prise d'avant en arrière.

53 - autre coupe prise d'un côté à I'autre, parallèlement à la face.

54 - fourneau d'essai en terre des journalistes de Paris.

55 - coupe d'un fourneau d'essai en tôle, sans grille. Schluther.

56 - athanor de Cramer.

57 - plaque de fer encadrée, servant de fermeture aux cheminées de l'athanor.

58 - plaque de fer servant de registre pour gouverner le feu.

59 - piston pour fermer l'ouverture de la porte de la première chambre.

60 - porte de la Premiere chambre.

61 - chaudron de fer servant de bain de sable ou de bain-marie.

62 - fourneau à lampe de Sgobbis pour des digestions à un feu léger.

63 - fourneau à lampe ordinaire.

64 - athanor philosophique hermétique de Roquetaillade.

65 - athanor avec un bain de sable, pour digestions, évaporations, teintures.


66 - fourneau pour sublimer les matières qu'on jette sur des charbons ardents.

67 - appareil pour distiller les matières végétales sans avoir besoin de recourir aux chaudières.

68 - bain-marie dans un baquet, qu'on échauffe par le moyen d'un globe de cuivre appliqué au fourneau.

69 - baquet pour coction de la biere.

70 - bain dans un cuvier.

71 - étuve en bois pour le bain sec.

72 - support de l'appareil de la figure 73, qui suit.

73 - appareil pour connaître la quantité d'air qui se dégage d'un corps dans la distillation.

74 - appareil pour la distillation du vinaigre.

75 - fourneau polychreste de Dom.



planche VI



planche VII

76 - appareil pour une distillation graduée.

77 - cucurbite pour une distillation graduée. 

78 - courge de cuivre, pour la distillation des plantes, du vin, de la biere. 

79 - son chapiteau et la colonne.

80 - alambic de verre de deux pieces. 

81 - cucurbite de verre très-élevée pour la distillation des matieres sujettes à gonfler.

82 - alambic de verre de deux pieces, avec un matras pour récipient.

83 - matras avec sa tête de maure, pour rectifier l'esprit-de-vin à l'eau.

84 - courge avec colonne et zigzag.



85 - chapiteau sans gouttière ouvert par le haut.

86 - chapiteau précédent surmonté d'un chapiteau à bec, sans gouttiere.

87 - chapiteau avec tuyau recourbé partant de son sommet.

88 - chapiteau double pour une distillation graduée.

89 - chapiteaux disposés en aludels, sans bec.

90 - chapiteaux disposés en aludels, avec des becs.

91 - n° 1 récipient à siphon pour la distillation des huiles essentielles légères.

91 - n° 2 récipient à bec pour les huiles essentielles pesantes.

92 - appareil pour retirer les huiles essentielles de l'eau par la mèche.

93 - n° 1 cucurbite avec rebord.

93 - n° 2 autre cucurbite à rebord pour une distillation graduée.

94 - cucurbite double.

95 - alambic pour la distillation et la cohobation.

96 - alambic avec sa tête de maure et un tuyau qui traverse un tonneau plein d'eau.

97 - la Chapelle des anciens, avec laquelle ils distillaient leur eau rose.

98 - alambic de Geber.

99 - autre vaisseau distillatoire de Geber.

100 - autre du même.

101 - cloche de verre pour démontrer l'inflammabilité des vapeurs de l'esprit du vin.

102 - cloche de verre à gouttière pour la distillation de l'esprit de soufre.

103 - serpentin double en spirale placé dans une cuvette d'eau froide pour tenir lieu de réfrigérant.

104 - cloche de verre pour distiller à la chaleur du soleil.

105 - grande capsule de verre destinée à recevoir les matieres à distiller.

106 - petite capsule de verre se mettant dans la grande, contenant les matières à distiller.

107 - pieces des figures 104, 105 et 106 appareillées.



planche VIII



planche IX
108 - distillation ou digestion au soleil par réflexion.

109 - distillation ou digestion par réfraction. 

110 - distillation au soleil par réflexion pour une cornue.

111 - alambic de cuivre polychreste au moyen duquel on peut distiller toute sorte d'eaux.

112 - pièce inférieure de l'alambic précédent; elle sert de cucurbite.

113 - pièce supérieure coupée pour faire voir son chapiteau d'étain.

114 - cucurbite d'étain qu'on ajuste dans l'alambic précédent quand on veut distiller au bain-marie.

115 - autre cucurbite d'étain qu'on substitue à la précédente.

116 - couvercle qui s'ajuste également aux deux cucurbites des fig. 114 et 115.

117 - chaudron de cuivre pour placer une cucurbite au bain-marie.

118 - son couvercle, avec un trou au milieu pour donner passage au col de la cucurbite.

119 - diploma ou bain-marie des anciens, avec son fourneau.

120 - plaque percée en fer ou en cuivre pour soutenir le vaisseau sur le bain.

121 - couvercle du vaisseau, avec crochets en dedans pour suspendre les matières. 

122 - cucurbites de rencontre.

123 - matras de rencontre. On se sert de l'un ou de l'autre de ces appareils pour les digestions.

124 - appareil de cohobation.

125 - vaisseaux de l'appareil précédent. 

126 - appareil pour la distillation de I'huile dessus (fig. 224).


127 - appareil pour un bain de fumier. 

128 - dôme de cet appareil.

129 - cucurbite pleine d'eau pour échauffer le fumier du bain.

130 - cercle brisé et percé pour soutenir la cucurbite supérieure.

131 - cucurbites de rencontre de l'appareil ci-dessus (fig. 127).

132 - pélican de verre pour circulations. R. 

133 - jumeaux de verre pour cohobations. R. 

134 - n° 1 chapiteau aveugle.

134 - n° 2 chapiteau tubulé, sans bec ni gouttiere.

134 - n° 3 autre chapiteau semblable au précédent, mais moins élevé.

135 - aludels de Geber pour la cohobation.

136 - autres du même.

137 - vaisseaux de rencontre. Geber. 

138 - jumeaux sans gouttiere. Geber.

139 - vaisseaux avec une rainure tout autour du goulot, pour conserver les substances volatiles.

140 - enfer ancien

141 - oeuf philosophique.

142 - matras de digestion à fond plat, qu'on peut employer à la calcination du mercure.

143 - enfer de Boyle. R.

144 - pieces séparées de l'enfer de Boyle. 

145 - appareil d'Evonimus pour distillation de l'huile de vitriol.



planche X



planche XI

146 - cornue basse. 

147 - cornue élevée. 

148 - cornue tubulée.

149 - bain-marie pour une cornue.

150 - retorte en fer ou en cuivre, dont le col se démonte à vis.

151 - retorte à double col.

152 - ballon à trois becs. Manget.

153 - ballons à deux becs enfilés; on les emploie pour distiller des matieres dont les produits se condensent difficilement. 

154 - ballon tubulé avec son récipient, en usage lorsqu'on veut séparer différents produits d'une distillation.

155 - capsule de terre ou de fer, pour placer la cornue au bain de sable.

156 - appareil pour la distillation de I'huile de vitriol.

157 - cuines ajustées des distillateurs d'eau-forte.

158 - vaisseau pour le descensum.

159 - descensum pour matieres sujettes à se refroidir avant d'être purifiées.

160 - descensum. Geber.

161 - appareil pour attraper les vapeurs de poudre à canon qu'on fait détoner, celles de l'antimoine, du charbon. 

162 - n° 1 appareil pour filtrer par la meche. Geber

162 - n° 2 descensum dans un tonneau.

 

163 - creusets pour le descensum. Rouelle.

164 - descensum au soleil.

165 - appareil pour la sublimation des fleurs de benjoin.

166 - aludels pour retirer l'acide sulfureux volatil, suivant le procédé de Stahl.

 167 - aludels de terre pour la sublimation des fleurs de soufre.

168 - aludels de Geber.

169 - pot pour la sublimation des fleurs d'antimoine. Lemery.

170 - aludels anciens.

171 - machine à triturer de Langelotte, pour substances métalliques.

172 - appareil pour évaluer l'air qui sort des substances en fermentation. Rouelle.

173 - machine pour laisser tomber les sels en deliquium.

174 - vase plat de verre pour laisser tomber les sels en deliquium.

175 - terrine de grès ordinaire.

176 - évaporatoire plat et bas pour la cristallisation des sels.

177 - évaporatoire élevé.

178 - évaporatoire hémisphérique.

 179 - évaporatoire ovoïde.

180 - autre évaporatoire hémisphérique. 

181 - valet de paille pour assujettir les évaporatoires.

182 - poudrier à pontis et gorge. 

183 - poudrier à goulot, sans gorge.




planche XII



planche XIII
184 - vaisseau pour séparer différentes liqueurs confondues ensemble.

 185 - le même, auquel on a adapté un filtre. 

186 - appareil pour filtrer en petit. 

187 - entonnoir de verre pour les cornues, matras. 

188 - flacon de cristal, avec son bouchon de même matiere. 

189 - appareil pour filtrer en grand. 

190 - partie supérieure du pilulier de Francfort. 

191 - sa partie inférieure. 

192 - trochisquier. 

193 - mouilloir pour les décoctions en petit. 

194 - chevrette.

195 - mandrins pour les piédestaux. Cramer. 

196 coupe d'un piédestal fait avec ce mandrin.

 197 - grande coupelle ou casse faite dans un cercle de fer. Cramer.

 198 - pilon à dents pour tasser la cendrée de la grande coupelle. Cramer. 

199 - grande coupelle faite dans une terrine. Cramer.

200 - moine pour former l'intérieur des coupelles pour les essais en petit.

201 - none pour former l'extérieur de ces mêmes coupelles.

202 - coupe d'une de ces coupelles. 

203 - coupelle vue en entier.

204 - moine pour former l'intérieur des scorificatoires.

205 - sa none. Cette none sert aussi au mandrin de la figure 195.

206 - coupe d'un scorificatoire. Cramer. 

207 - moine pour former l'intérieur des creusets coniques. Cramer.

208 - sa none. Cramer.

209 - none brisée pour les creusets triangulaires. Cramer.

210 - boîte pour saupoudrer la claire, c'està-dire la cendre passée.

211 - autre moule pour les creusets coniques ou d'essai.

212 - creuset triangulaire. Cramer. 

213 - creuset d'essai. Becher.

214 - plane courbe pour excaver les grandes coupelles. Cramer.

215 - creuset conique. Rouelle.


216 - presse pour faire les creusets coniques. 

217 - moule concave pour faire les moufles servant aux essais en petit.

218 - planche formant l'intérieur de la moufle.

219 et 220 - écrous. Cramer.

221 - moule convexe pour former l'extérieur des moufles. Cramer.

222 - vis servant de manche au moule convexe.

223 - instrument ou segment rectangle, pour fermer les soupiraux de la moufle d'essai.

224 - moufle sphéroïde. Cramer.

225 - moule de bois, sur laquelle se font les moufles précédentes.

226 - moufle ordinaire pour les essais en petit et les essais de l'argent.

227 - la même, vue par-devant. On aperçoit dans son intérieur des coupelles qui contiennent la matiere à essayer.

228 - écran à visiere transversale. 

229 - écran à visiere verticale. 

230 - écran garni d'un verre. 

231 - treuil en moussoir pour la granulation des métaux. 

232 - granulation à l'eau de Cramer. 

233 - tenailles à bec. 

234 - tenailles à creusets. 

235 - lingotiere à fossettes. 

236 - aiguilles d'essai. Cramer. 

237 - tenailles à coupelles. Cramer.

 238 - pinces pour les boutons de fer. 

239 - aiguilles d'essai montées sur un cercle. 

240 - crochet de fer. Cramer.

 241 - fil de fer.

 242 - autre crochet de fer. 

243 - crochet sigmoïde. Cramer. 

244 - autre crochet. Cramer. 

245 - cuillere de fer pour les essais.



planche XIV



planche XV
246 - écrou.

247 - balance d'essai exécutée par le sieur Galonde pour M. Rouelle.

248 - la même balance vue hors de sa lanterne.

249 - sa chape et son support. 

250 - sa lanterne.

251 - les poids d'essai.

252 - n° 1 plateau de verre pour les eaux salées.

252 - n° 2 vaisseau pour les fluides. 

253 - balance renversée ou féconde balance docimastique de Cramer.

254 - support de la Premiere balance de Cramer; balance à la planche suivante.


255 - fléau de la Premiere balance de Cramer avec sa languette.

256 - chasse de la balance. 

257 - le brayer.

258 - les bassins.

259 - bain-marie à plusieurs cucurbites. 

260 - athanor double. D'un côté, un alambic au bain-marie; de l'autre, deux matras de rencontre au bain de sable.

261 - lingotiere pour la pierre infernale. Rouelle.

262 - la même lingotiere ouverte. 

263 - le jet.

264 - cercle avec écrou pour serrer la lingotiere.

265 - la pierre infernale tirée de la lingotiere.



planche XVI



planche XVII
1 - cristallisation du sel de soude

2 - tartre vitriolé.

3 - sel de Glauber

4 - alun.

5 - vitriol vert

6 - vitriol bleu

7 - nitre.


8 - nitre quadrangulaire.

9 - cristallisation du mercure dissous en eau-forte.

10 - cristallisation du sel marin.

11 - sel végétal

12 - sel de seignette

13 - tartre stibié.

14 - cristallisation du soufre.



planche XVIII

----------------------------------
Notes :

1. Il s'agit peut-être d'Antonio De Sgobbis à qui l'on doit un Nuovo et universale theatro farmaceutico :



« Dieu, auteur du vrai Salut et de toute Médecine, est encadré par deux allégories représentant le repos de l'âme et la santé corporelle (cette dernière sous les traits d'Hygie). L'ensemble repose sur toute une série de vertus et de disciplines intellectuelles : Sagesse (porteuse de l'anneau de Salomon) ; Prudence (avec son miroir) ; Science (livre) ; Art (mortier d'apothicaire) ; Théorie (sphère) ; Raison (balance) ; Physique (torche) ; Nature (Lune et Soleil) ; Expérience (cornue et alambic) ; Pratique (mortier) ; Etude (lampe) ; Industrie (abeilles) ; Labeur (fourmis) ; Vigilance (coq). Au centre apparaissent des maîtres anciens : Hippocrate (460-377 av. J.-C.), Galien (131?-201?), Mésué (777-857), Dioscoride (1er siècle), le pseudo Hermès Trismégiste et modernes : Arnaud de Villeneuve (1240?-1311), Paracelse (1493-1541), Jean-Baptiste Van Helmont (1577-1644), et un meuble rempli de médicaments aussi bien galéniques que chimiques. Tout autour on découvre tous les éléments de l'univers destinés à jouer un rôle dans les pharmacopées : soleil, lune, feu du volcan, air, eau, terre, poissons, oiseaux, animaux, végétaux, minéraux extraits de mines. » [site consulté : http://www.bium.univ-paris5.fr/expo/table_ill_chro2.htm]

2. c'est-à-dire Jean de Ruspecissa, cf. prima materia et Cambriel.

3. L'enfer de Boyle est l'appareil grâce auquel Boyle a pu préparer le bi oxyde de mercure, cf. Huginus à Barma.

4. cf. la Bibliothèque des Philosophes Chymiques de Manget.

5. sur Rouelle le Cadet, cf. Chevreul critique de Hoefer.

6. sur Stahl, cf. l'Histoire de la Chimie de Hoefer et l'Idée alchimique, III.

7. Nicolas Lemery est l'auteur d'un Cours de Chymie dont nul étudiant en alchimie ne peut se passer, surtout la 2ème édition, critiquée par Baron, cf. Chevreul critique de Hoefer.

8. sur Becher et sa seconde alchimie, cf. Chevreul.

9. Rappelons que la pierre infernale est du nitrate d'argent, cf. l'Argentaurum et l'invention de la photographie.

10. sur le sel de Glauber - sulfate de soude - cf. section carbonates. Sur Glauber, cf. Chevreul. Glauber a beaucoup parlé d'alchimie - et dans les termes rationnels - dans ses ouvrages sur les fourneaux.

11. sur l'alun, cf. chimie et alchimie. Mais l'importance de ce sel est telle que, pratiquement, c'est chaque section qu'il faudrait visiter.

12. Il faut se garder de voir le LION VERT des alchimistes dans le vitriol vert, qui n'est que du vulgaire sulfate de fer. Néanmoins, bien des choses peuvent être faites par ce vitriol. Cf. soufre rouge.

13. Le vitriol bleu est un homonyme spirituel - par cabale - du vitriol vert : c'est du sulfate de cuivre. Le cuivre, comme l'a montré Marc-Antoine Gaudin, peut se révéler entre des mains expertes, un véritable Protée.

14. le nitre peut cristalliser en des formes diverses, triangulaire, quadrangulaire...

15. sel végétal, c'est-à-dire alkali fixe : carbonate de potasse ou borith des Anciens.

16. le sel de Seignette est un homonyme spirituel du sulfate de potasse, cf. aussi section argentaurum.

17. sur le tartre stibié, cf. Char Triomphal de l'antimoine attribué au pseudo Basile Valentin.