La révélation d'Eyrénée Philalèthe (I)





revu le 5 janvier 2002

Préface de l'auteur

I

Ayant pénétré, moi, Philalèthe, Philosophe anonyme, les arcanes de la médecine, de la chimie et de la physique, j'ai décidé de rédiger ce petit traité, l'an 1645 de la Rédemption du monde et le trente-troisième de mon âge, afin d'acquitter ce que je dois aux Fils de l'Art et pour tendre la main à ceux qui sont égarés dans le labyrinthe de l'erreur. Ainsi apparaîtra-t-il aux Adeptes que je suis leur pair et leur frère; quant à ceux qu'ont séduits les vains discours des sophistes, ils verront et recevront la lumière, grâce à laquelle ils reviendront à une voie plus sûre. Et je présage, en vérité, que nombre d'entre eux sont éclairés par mes travaux.

II

Ce ne sont point des fables, mais des expériences réelles que j'ai vues, faites et connues: l'Adepte l'inférera aisément en lisant ces pages. C'est pourquoi, les écrivant pour le bien de mon prochain, il me suffit de déclarer que jamais personne n'a parlé de cet art aussi clairement que moi; certes, ma plume a hésité souvent à tot écrire, désireux que j'étais de cacher la vérité sous un masque jaloux; mais Dieu me contraignait, et je n'ai pu lui résister, lui seul connaît les coeurs, à qui seul revient la gloire dans le cycle du Temps. D'où je crois que beaucoup, en ce dernier âge du monde, auront le bonheur de posséder ce secret; car j'ai écrit sincèrement, ne laissant au novice vraiment curieux d'apprendre aucun doute sans une réponse pleinement suffisante.

III

Et je sais déjà que beaucoup, comme moi, détiennent ce secret; je me persuade qu'il y en a bien d'autres encore, avec lesquels j'entrerai très prochainement, pour ainsi dire, en une intime et quotidienne communication. Que la sainte volonté de Dieu fasse ce qu'il lui plaira, je me reconnais indigne d'opérer de telles merveilles: j'adore cependant en elles la sainte volonté de Dieu, à qui toutes les créatures doivent être soumises, puisque c'est en fonction de lui seulement qu'il les créa et les maintient crées.

De la nécessité du Mercure des Sages1 pour l'Oeuvre de l'Élixir

I

Quiconque désire posséder cette Toison2 d'or soit savoir que notre poudre aurifique, que nous nommons notre pierre, est l'Or, seulement élevé3 au plus haut degré de pureté et de fixité subtile où il puisse être amené, tant par la nature que par l'art d'un habile opérateur. Cet or ainsi essencifié n'est plus celui du vulgaire: nous l'appelons notre or; il est le degré suprême de perfection de la nature et de l'art. Je pourrais, à ce sujet, citer tous les philosophes, mais je j'ai pas besoin de témoins, puisque je suis moi-même un Adepte, et que j'écris avec plus de clarté qu'aucun auparavant. Me croira qui voudra, me désapprouvera4 qui pourra; que l'on me censure5 même, si on le désire: on n'aboutira qu'à une profonde ignorance. Les esprits trop subtils, je l'affirme, songent à des chimères6, mais le chercheur assidu trouvera la vérité en suivant la voie simple de la nature.

II

L'or est donc l'unique, le seul et véritable principe à partir duquel on peut produire de l'or7. Cependant, notre or qui est nécessaire à notre oeuvre est de deux natures. L'une, portée à maturité, fixe, est le Laiton rouge8, dont le coeur ou le centre9 est un feu pur. C'est pourquoi son corps se défend dans le feu où il reçoit sa purification, sans rien céder à la violence de celui-ci ni en souffrir. Cet or, dans notre oeuvre, joue le rôle du mâle. On l'unit à notre or blanc10 plus cru (notre second or, moins cuit que le précédent), tenant lieu de semence féminine, avec lequel il se conjoint et où il dépose son sperme; et ils s'unissent l'un à l'autre par un lien indissoluble, d'où se fait notre Hermaphrodite, qui a la puissance des deux sexes. Ainsi l'or corporel est-il mort11 avant d'être conjoint à sa fiancée, avec laquelle le soufre coagulant qui, dans l'or, est extraverti, devient introverti. Alors la hauteur est cachée, et la profondeur manifestée. Ainsi le fixe se fait-il volatil pour un temps, afin de posséder ensuite un état plus noble par son héritage, grâce auquel il obtiendra une fixité très puissante.

III

On voit ainsi que tout le secret consiste dans le Mercure12, dont le Philosophe dit: "Dans le Mercure se trouve tout ce que cherchent les Sages". Et Geber13 déclare à son tour: "Loué14 soit le Très-Haut, qui a créé notre Mercure et lui a donné une nature qui domine le Tout. Certes, en effet, s'il n'existait pas, les Alchimistes pourraient se glorifier à leur aise, mais l'oeuvre Alchimique serait vain". Il apparaît donc que ce Mercure n'est pas celui du vulgaire, mais celui des Sages, car tout Mercure vulgaire est mâle15, c'est à dire corporel, spécifié, mort, tandis que le nôtre est spirituel, féminin, vivant et vivifiant.

IV

Faites donc attention à tout ce que je dirai du Mercure, parce que, selon le Philosophe, "Notre Mercure est le Sel des Sages, et quiconque travaillerait sans lui ressemblerait à l'archer16 qui voudrait sans corde lancer une flèche". On ne peut, cependant, le trouver nulle part sur la terre. Le Fils n'en est pas moins formé pour nous, non pas en le créant, mais en l'extrayant de ces choses qui le renferment, avec la coopération de la nature, de façon admirable, et grâce à un art subtil.


Notes

1. Le Mercure des Sages correspond au premier Mercure, c'est-à-dire au Sel des Sages.
2. La Toison d'or, c'est-à-dire ce qui porte l'or : elle renvoie au voyage des Argonautes. Ce sont les héros qui firent voile pour la Colchide sous la direction de Jason afin de rapporter la toison d'or du bélier consacré à Arès.
3. Allusion à la cime des montagnes où le ciel prend une coloration violet ou bleu-noir.
4. Ce passage se rapproche très nettement du texte initial de Cyliani dans son Hermès Dévoilé où le début de l'ouvrage ne parle pratiquement que d'opprobre, de devoir, ce qui renvoie à loyal = probe et à aerarium, temple dédié à Saturne et à aes = airain, cuivre. Dans les textes, toute référence à un personnage "honnête, loyal, probe, etc." doit se rapporter à Saturne.
5. Réduire au silence renvoie à : st = paix ! silence ! (littéralement : chut !) ; les Adeptes imposent le silence sur les opérations et Les Mystères se terminent par "se taire" ; la recherche des occurrences où figurent les premières lettres de l’étain (stannum) a été abordée ici. On prendra garde toutefois de prendre « à la lettre » cette piste que nous tend Fulcanelli et se souvenir que les premières lettres du sulfure d'antimoine sont aussi (st)ibium.
6. Allusion au compost ; il s'agit d'un monstre ayant la tête d'un lion et la queue d'un dragon. On le représente aussi comme un animal à trois têtes, l'une de lion, l'autre d'une chèvre et la dernière, celle d'un serpent venimeux au bout de la queue. La légende raconte que le roi de Lycie demanda à Bellérophon de le délivrer de ce fléau.



FIGURE I

Celui-ci, monté sur le cheval Pégase, perça la chimère de flèches plombées dont le métal fondit à l'ardeur des feux qu'elle même émettait. Elle fut brûlée à mort. Pégase représente la source d'où l'on extrait le Sel de la matière première. Les flèches plombées sont une allusion à l'un des composés du dissolvant universel et la mort du monstre correspond de manière étonnante au sort subi par le Rebis avant sa réincrudation. C'est en cabale le symbole de l'Esprit. La chèvre peut être rapprochée d'Amalthée qui recueillit Zeus (Jupiter) quand Rhéa (Cybèle) l'eut soustrait à la voracité de son père, Cronos. Cette fable explique une phrase de Fulcanelli quant à l'initiale de la Prima materia : l'Adepte semble bien nous parler du sujet des Sages (DM, I, p.399):

"...Ce symbole offre la même signification que la lettre G, septième de l'alphabet, initiale du nom vulgaire du Sujet des sages, figurée au milieu d'une étoile radiante. C'est cette matière qui est l'antimoine saturnin d'Artéphius, le régule d'antimoine de Tollius, le véritable et seul stibium de Michel Maïer et de tous les Adeptes."

Cette lettre G donne le nom du composé tant cherché... Certes, comme d'habitude, Fulcanelli doit être compris avec prudence et réserve. Ce corps n'est autre que Gaia : cette déesse personnifie la Terre en voie de formation. Le symbole de la Terre, habituellement réservé à la stibine apparaît donc double : d'abord, la stibine, ensuite une terre (alumineuse ou siliceuse). Gaia aida en outre Cronos, son fils, à multiplier son père en lui fournissant une faucille. En effet, afin d'obtenir la toute-puissance, Cronos n'hésita pas à mutiler son père, Ouranos, et à s'unir à sa soeur Rhéa. Par la suite Cronos fut contraint à faire disparaitre sa postérité et dévora ses enfants, sauf Zeus auquel sa mère substitua une pierre enveloppée de langes, image du petit baigneur de Fulcanelli. C'est l'occasion ici d'une remarque sur Zeus : elle provient de la légende selon laquelle, après avoir réchappé de son père Cronos, qui voulait le dévorer, Zeus fut allaité par une chèvre que l'on rapproche d'Amalthée. Il parait que le nourrisson divin était déjà d'une telle vigueur qu'il cassa un jour l'une des cornes de l'animal dévoué. Il offrit cette corne aux nymphes et tel semble être l'une des origines mythiques de la corne d'abondance. Cette corne d'abondance, en alchimie, nous rappelle avant tout la source ou fontaine d'où l'on retire le Sel des Sages.
7. Cette phrase sybilline est moins anodine qu'il n'y parait. Sous ce terme circulaient des prédictions fort obscures, les vers sibyllins ; à Rome depuis Tarquin l'ancien, il y en avait un recueil, les livres sibyllins, textes sacrés de l'Etat romain, déposés au Capitole ; on se tromperait en les confondant avec les livres lintéens, chronique ancienne de Rome écrite sur du lin. A ce sujet, le lin se traduit en latin par linum. Philalèthe nous indique ici que nous aurons besoin pour extraire "l'or" d'une ligne pour la pêche (voyez les poissons de Lambsprinck) ou de naviguer sur des flots tempêtueux (voile de navire) ou encore de partir en chasse avec un filet (qui vaut aussi pour la pêche). mais linum veut aussi dire mêche de lampe et renvoie également à lanterne (1,2,3) et au flambeau. Par ailleurs, Linus (Linos) était un joueur de lyre et le maître d'Orphée ; c'est aussi le petit-fils de Crotope dévoré par des chiens (voyez le chien du Corascène et la chienne d'Arménie d'Artephius) et c'est enfin une fontaine d'Arcadie.
8. Il s'agit du principe fixe ou Soufre. On peut évoquer ici une partie du texte d'Artephius qui se rapporte à ce laiton : "Mais d'abord, ce Soleil, putréfié et dissous dans cette eau, a perdu sa lumière et son éclat [sa puissance], et va devenir sombre et noir ; après quoi, il va s'élever au-dessus de l'eau et peu à peu surnager en une substance de couleur blanche. C'est le blanchiement du laiton [tel se présente donc le "fumier" des philosophes en un corps noir, désigné et dissimulé à la fois tour à tour sous les noms de laton, laiton, corbeau, Saturne, Vénus, cuivre, airain qu'il faut blanchir] par une sublimation philosophique et par réduction en sa première matière, c'est-à-dire en un soufre incombustible et en Mercure fixe [stable]".
9. Philalèthe parle ici de la salamandre, la bête à feu dont parle Fulcanelli :  Il s’agit :


FIGURE II
Notre-Dame de Paris - Porche central : la Salamandre - Calcination

"[du] sel central, incombustible et fixe, qui garde sa nature jusque dans les cendres des métaux calcinés, et que les Anciens ont nommé Semence métallique."

On peut là encore citer Artephius :

"Maintenant cette eau est une certaine substance centrale [se situant au milieu : il s'agit peut-être d'une allusion au compas dont on trouve l'image dans l'Atalanta fugiens de M. Maier dans l'emblème XXI ; la pointe du compas, au centre, a valeur d'axe, de pôle Nord ou de char ; par ailleurs, centrum = branche fixe du compas]".

10. Il s'agit du principe mobile ou Mercure. La semence féminine est synonyme de Sel des Sages. L'Adepte décrit ici le Rebis.
11. C'est la putréfaction ou disparition momentanée de "l'or", préludant à sa réincrudation, c'est-à-dire à la conjonction progressive avec l'autre substance.
12. Philalèthe parle ici du double Mercure (le Mercure philosophique).
13. Geber (Djabir ibn Hajjan at-Tusi) qui aurait vécu dans la seconde moitié du VIIIe siècle et aurait été à la tête d'une école hermétique. Là encore, rien d'assuré et l'on discute de son authenticité car les traités latins qui lui ont été attribués sont tous des faux, sauf semble t-il des manuscrits arabes plus récemment découverts. Il semble bien que l'on se trouve confronté une fois encore à des compilations, celles-là -en tout cas- dues à une école islamique de l'imam Djafar as-Sadiq qui aurait été le maître de Djabir.
Des éléments authentiquement chimiques apparaissent derrière ces écrits et s'apparentent à une chimie expérimentale travestie sous un appareil mystique. Etaient alors connus les éléments suivants : le soufre, le mercure, l'arsenic et les sels ammoniacaux. Par chauffage de salpêtre et de vitriol, il parvient à préparer l'acide nitrique et par mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique, l'eau régale qui dissout l'or. Djabir indique aussi la préparation du nitrate d'argent (dite pierre infernale), de la potasse caustique (KOH), de l'oxyde de mercure, du lait de chaux (bouillie de chaux éteinte -Ca(OH)2- délayée dans de l'eau) et du foie de soufre ou Hepar sulphuris (polysulfure de potassium : K2Sn n = 2 à 6 , de couleur jaune à rouge cité aux DM, II, p.162). Toutes ces connaissances impliquaient l'existence de techniques analytiques adéquates, de méthodes et d'instruments pour filtrer, cristalliser, distiller et sublimer. Djabir semblait admettre que les métaux étaient constitués par un assemblage en proportions variables de principes qui étaient volatils, combustibles ou réfractaires (le mercure des philosophes, le soufre des philosophes).
14. Des termes tout à fait "anodins" comme le verbe honorer, louer (percolo : digérer, filtrer, honorer, orner, parer) cachent en fait un point précis du Grand Œuvre (ici, l’action de filtrer ou de tamiser une substance).
15. Notons que Philalèthe écrit exactement le contraire (cf. note 9) plus haut. il semble donc que cette partie mâle doit subir quelque processus qui le transforme ou le blanchit.
16. arc ou arché : très utilisé, le terme symbolise d'abord le mystère par l'arcane (voyez par exemple l'Arcanum Hermeticae philosophiae Opus de D'Espagnet) et aussi la voûte. Arcanum (mystère) est un procédé d’étamage des métaux qui était secret et attribué aux Gaulois. C'est le symbole de l'agent destructeur : dans le combat qu’oppose le dragon écailleux (Materia prima), il est fait référence au javelot (1) de façon constante ; on peut citer Fulcanelli (Les Mystères, p.95) :

"Aussi, dédaignant l’arc et les flèches avec lesquelles, à l’instar de Cadmus, il transperça le dragon..."

Un bel exemple nous en est donné par la planche de la Clef VIII de B. Valentin qui est un compendium de l'oeuvre :


FIGURE III

On y voit 2 archers qui tirent dans une cible (criblum). Au premier rang, l'agent et le patient : sous l'espèce d'un homme, à gauche, qui sème le grain (la semence minérale) et représente donc le Sel des Sages ; à droite, un ange qui a en main les symboles qui représentent le dissolvant universel ou double Mercure ; on distingue nettement les ailes, un cor (1) et le bourdon. Le cor nous rappelle le son de l'airain : toute référence au bronze et au cuivre renvoie aussi à l’étain et permet d’expliquer l’allusion à l’airain, par la racine aes (airain, bronze, cuivre). La gravure initiale du Mutus Liber témoigne de l'importance de ce symbole. Le cor (ou la trompette) évoque aussi la trompe de l'éléphant, autre symbole utilisé : des symboles de vertu, notamment, semblent évoquer le plomb, la Tempérance et la Patience en particulier. La Tempérance est souvent elle-même symbolisée par un éléphant. c'est le bourdon du pélerin de St Jacques de Compostelle. C'est celui sur lequel Nicolas Flamel s'est appuyé pour se personifier lui-même dans la figure du 1er Mercure. C'est un des symboles majeurs de l'alchimie et il vaut qu'on s'y attarde. Ce bâton, Fulcanelli, de manière indirecte, en parle lorsqu'il analyse les deux gnomes de la cheminée du château de Fontenay-Le-Comte : Un des deux gnomes, celui de gauche qui correspond au principe masculin ou agent est l'équivalent du chien de Corascène décrit par Artéphius dans son Livre Secret ; il a un casque strié (stria, striatus avec idée de resserrement ou de pouvoir astringent). L'Adepte commente ce terme et le compare à rayé et vergeté (= virgatus, tressé avec des baguettes d'osier), au bâton

( bastum, qui signifie aussi le lin ou la syllabe imitant le bruit produit quand un trompette retire son instrument de sa bouche, cf. la planche I du Mutus Liber),

au sceptre. Le sceptre a comme traduction posssible aspalathus ; il s'agit d'une plante qui fournit la gomme adragante et qui est une sorte d'armoise : sa traduction en latin est artemisia, plante d'Artémis, et phonétiquement, proche de artemo (voile de proue, mât) et de arte (d'une manière serrée). Le bâton, est aussi une javeline, assimilable au sceptre de Bacchus. Pour en revenir à la FIGURE III, on distingue au premier plan et au centre une croix différente des autres, situées plus loin, car elle n'a pas de tuile faîtière. On peut y voir le symbole de la Terre ou Gaia. Au second plan, un cadavre dont la tête repose sur de la paille ; plus loin, la sortie du tombeau avec, à gauche du sépulcre, une gerbe de blè rayonnante. Un arc peut être aussi une coupe : nous en avons un exemple dans la représentation qui en est donnée sur le poêle alchimique de Winterthur ; Fulcanelli (Les Mystères, p.200) commente :


FIGURE IV

"[cette] ruche commune, en paille, [qui] est entourée de ses abeilles..."

Cette coupe dans laquelle se dirigent les abeilles est virtuellement décrite par Fulcanelli, aux DM, I, p.381 quand il parle des :

"chercheurs qui ont, avec succès, surmonté les premiers obstacles et puisé l'eau vive de l'antique Fontaine (1,2), possèdent une clef capable d'ouvrir les portes du laboratoire hermétique."

avec en annexe, la note 1 :

"Cette clef était donnée aux néophytes par la cérémonie du Cratère qui consacrait la première initiation dans les mystères du culte dionysiaque."

car ce cratère n'est autre que cette coupe, ou vase sacré, ou urne funéraire (arcula, arca). Arca est là pour l'arche de Noë. Notons en passant que cette arche sert d'amorce pour la parabole du Déluge et du renversement des pôles qui permet ainsi de concevoir l'allégorie du tournoiement du monde que nous avons étudié supra. Notons en outre qu'Arcas est le fils de Jupiter et de Callisto en rapport avec l'ours et l'étoile pôlaire. Enfin, dans le même ordre d'idées, Archée = arché, fille du second Jupiter.