Le Sommaire du Rosaire d'Arnauld de Villeneuve
revu le 27 décembre 2005
IntroductionArnauld de Villeneuve est supposé avoir rédigé un Grand Rosaire. Sur l'auteur, reportez -vous au Semita Semitae [le Chemin des Chemins]. Cet ouvrage figure au n° 43 du volume I de la Bibliotheca chemica Curiosa de Manget, sous le titre :
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FIGURE I
(une page du Rosaire attribué à Arnauld de Villeneuve, Biblioteca Naz. Univ., Ms E IV 22)Arnaldus de Villanova. Thesaurus Thesaurorum & Rosarium Philosophorum, omnium Secretorum maximum secretum, de verissima compositione Naturalis Philosophiæ qua omne diminutum reducitur ad solificum & lunificum, p. 662.
On le trouve encore dans la Bibliothèque de l'Arsenal, à Paris :
2233. Paris, Bibliothèque de l'Arsenal MS. 2872 (101 S.A.F.)
477 folios. Parchment. 337x270mm. 14th Century.
16. f401 Ci commence le testament des nobles Philosophes. [At end is a mention of Roger Bacon.]
17. f416 Ci commence le livre du parfait magistere Aristote, lequel en dit lum des lumieres sur la pierre de philozophes.
18. f425 L'eaue de mercure.
19. f426 Ci commence le livre de la Branchete, que fit maistre Bernard de Trevez, philosophe. [Bernard of Treviso, or Trevisanus].
20. f429 Ci commence le rosaire de maistre Arnauld de Villeneuve sur la fleur d'alkemie. ['Rosary' of Arnold of Villa Nova.]
21. f451 C'est le livre de Roussinus sur la operacion de la pieere des philosophes.
22. f458 Ci commence l'exposicion du tieuxte en françois. Et après c'ensuit le tieuxte pour faire l'eaue mercurial sur la nouvelle marguerite laquelle les philosophes composerent.
23. f462 Ci aprés commence le livre de dissolucions solennes.
24. f473 Ci commence la pratique de la pierre et de l'yeaue de mercure.
25. f475 Ici commence la recapitulation d'iceste art par maniere de verificacion et de probacion selon maistre Jehan de Meun, mise et descripte en son Romant de la Rose.
[Illustrated with many figures, some coloured.]
[Bibliotheque de M. de Paulmy.]Il faut se garder de le confondre avec un Rosaire des Philosophes, anonyme,
[Turin, Biblioteca Nazionale MS. 651 (E - IV - 22). Second half of 14th Century. Rosarium Philosophorum. (Anonymous text dedicated to the king Robert of Napoles. It's the first complete copy of the "Rosarius") - Paris, Bibliothèque Nationale MS. Français Nouvelles Acquisitions 4141 End of 14th Century. Rosarius alkymicus Montispessulani. (Anonymous text. It's an incomplete copy of the "Rosarius")]
Quant au présent traité, on le découvre dans la Pretiosa Margarita Novella, sous la plume de Giovanni Lacinius, Venise, 1546 au sein d'une Collectanea Lacinii ex Arnoldo de Villa Nova. Ce texte semble influencé par le Rosaire des Philosophes [De alchimia opuscula complura veterum philosophorum. Rosarium Philosophorum. Secunda pars alchimiae de lapide philosophico vero modo praeparando. Frankfurt: Cyriacus Jacob, 1550] qui n'est pas de Villeneuve, pour autant que son Rosaire le soit, ce qui là encore apparaît douteux... A noter qu'on connaît un autre Rosaire, dû à Jean Dastin [1, 2, 3, 4]. Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que les écrits attribués à Arnauld et ceux attribués à Ramon Lull soient congénères. Voici à cet égard un extrait du catalogues des oeuvres attribuées au pseudo-Lulle :
I.61G TRACTATUS DE CREATIONE MERCURIORUM AD FACIENDUM TINCTURAM RUBEAMIncipit: Nunc dicemus creationem mercuriorum rubeorum ...
References: S 26; HLF 302; Gl nf; TK 963
Manuscript: München, BS, clm10600Note: It is the basic text of the pseudo-Lullian corpus, using alphabets and figures as mnemonic and heuristic devices and citing two authentic works by Lull (the Arbor philosophiae desideratae and the Liber Principiorum Medicinae). It is also one of the most important alchemical treatises of the fourteenth century, since it is - together with the Rosarius attributed to Arnald of Villanova - one of the first to develop the idea of the elixir as the agent of general perfection of matter. Alchemy is seen therefore as having a threefold purpose, as 'ars transmutatoria, medica, lapidifica'. The complete text is formed by I.61, 61d, 61e, 61c, generally followed by the Cantilena (I.7), to which the colophon of the Testamentum explicitly refers. Items I.61a, 61b, 61f and 61g are parts of the main text. MS Oxford, CCC, 244 contains the text both in Catalan and in Latin (a bilingual edition of the text, prepared by Michela Pereira and Barbara Spaggiari, is currently under press for 'Edizioni del Galluzzo', Firenze). Other early versions (XIV-XVth c.) in French and Anglonorman languages are Paris, BN, franç 2019 and Glasgow, UL, Hamilton 26.
¯ [Les figures que l'on verra ci-dessous sont des miniatures, extraites du Ms. M.BR 52 de la Bibliothèque Nationale Centrale de Florence, sauf la figure IV, qui fait partie du Rosaire des Philosophes
sites consultés :
http://www.polito.it/sistemaperiodico/index.html
http://www.centroicone.it/pereira1.htm.]
Extraits faits par Lacinius des œuvres d’Arnauld de Villeneuve, dans lesquelles la préparation de notre Pierre est expliquée de manière pratique et transparente.
Venise, 1546
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FIGURE III
[l'évêque, à droite, comme appariteur de l'oeuvre ; à gauche le Soufre rouge et le Mercurius senex]
Nous avons appris tout ce que Bonus [Petrus Bonus] pouvait nous dire des premiers principes des métaux et de leur génération. Nous allons donc maintenant considérer de manière pratique et théorique l’élaboration de notre Pierre, puisque la pratique et la théorie s’aident mutuellement : la pratique s’informe de la théorie, et la théorie est corrigée et vérifiée par la pratique. Maintenant, comme Arnauld de Villeneuve, nous a donné dans son Rosaire, un traité pratique sur la Pierre des Philosophes, je disposerai certaines de ses remarques en chapitres suivant le plan suivant :Le premier chapitre montre qu’il y a une Pierre des Philosophes, car il y a une essence, et une méthode, à la fois dans la Médecine blanche et la Médecine rouge. La Médecine rouge est simplement un développement ultérieur de la blanche. [l'oeuvre au blanc et l'oeuvre au rouge : il s'agit des régimes de l'oeuvre. Le premier survient sous la LUNE ; l'autre sous MARS ]
Le second chapitre montre d’où la Pierre est extraite. Observez bien la réponse. [en général, les alchimistes indiquent la préparation de la pierre des philosophes, c'est-à-dire du Rebis. Ils n'indiquent ni le lieu d'extraction des minières ni évidemment le lieu d'extraction de la pierre philosophale à proprement parler]
Le troisième chapitre montre que la principale difficulté de notre œuvre consiste à découvrir la première matière des métaux. [c'est ce qu'on appelle leur humide radical métallique]
Le quatrième chapitre montre que notre première opération physique est de dissoudre la Pierre en son Mercure, ou matière première de tous les métaux [c'est-à-dire une dissolution saline d'où les alchimistes tirent leur eau permanente]. D’où le philosophe dit que nous devons premièrement peiner pour dissoudre et sublimer les deux luminaires, le premier degré de Notre Art est de les réduire en argent-vif [cette opération se nomme putréfaction ou dissolution radicale]. A moins que les corps ne perdent leur nature corporelle, et deviennent spirituels [c'est-à-dire dissous et non pas évaporés, ce qui a fait accroire que les Artistes oeuvraient par voie humide alors qu'ils oeuvrent par la voie sèche], nous ne pourrons effectuer aucun progrès dans notre œuvre. La solution d’un corps s’effectue par l’opération de l’esprit, et est suivie de la coagulation de l’esprit. Alors le corps se mêle à l’esprit, et l’esprit avec le corps. [ce qu'exprime admirablement la devise des philosophes : SOLVE ET COAGULA en admettant une réciprocité]
Le cinquième chapitre montre les quatre principales méthodes dans ce Magistère : Dissolution, Purification, Réduction, Fixation. Dissoudre c’est faire l’épais subtil [on résoud la TERRE en EAU ; notez que le terme de TERRE est pris comme essence] ; purifier c’est faire le sombre lumineux [c'est rendre l'occulte manifeste, c'est la qu'apparaît le signe brillant - stilbhw : briller - que les alchimistes ont fait passer pour le trisulfure d'antimoine ou stibine vulgaire ] ; réduire c’est faire l’humide sec [c'est coaguler l'eau mercurielle, phase déjà tardive de la Grande Coction] ; fixer c’est résoudre et coaguler l’esprit en son propre corps, ou corps solide [par la volatilisation lente et progressive de l'esprit].
Le chapitre six montre la dissolution de la Pierre, et son inhumation, ce qui est le premier régime [régime de SATURNE]. La dissolution s’effectue par le Mercure purifié. Par ceci nous pouvons avoir le soufre et le Mercure de la matière d’où l’or et l’argent se sont développés dans les entrailles de la terre.
Le chapitre sept montre le second régime : l’Ablution et purification du noir, ou matière corrompue et fétide, afin qu’elle devienne lumineuse, claire et sans tache — laquelle ablution est effectuée par la division de la Pierre en ses quatre éléments et la purification de chaque élément [il s'agit de l'albification. Période où la pierre se résoud en ce qu'Artephius a nommé les COMPOSES du SIMPLE].
Arnauld nous dit que tous les métaux sont générés à partir de l’argent-vif et du soufre, qui coagule l’argent-vif par le moyen de sa chaleur ou vapeur [Nicolas Flamel, de son côté, a écrit ces lignes sibyllines :
« [...] Ce qui fait que Morien dit : fais au commencement que la Lumière rouge reçoive et prenne la fumée blanche, dans un Vaisseau, par ferme Conjonction, sans que rien puisse s'en exhaler. » [Le Désir Désiré]
la lumière rouge représente cette chaleur ou cette vapeur ; c'est le rayon igné solaire] ; puisque tout élément sec boit naturellement son élément humide. L’Argent-vif dans son essence est composé d’une terre sulfureuse blanche et subtile, mélangée à une eau éclatante, pour ne faire qu’une substance, qui ne peut rester immobile sur une surface plane.
Il est de nature homogène, et est soit entièrement fixe, soit évaporé entièrement dans le feu. Par constante sublimation il est purifié, digéré, et épaissi, et ainsi se coagule graduellement en un soufre blanc et rouge. Ce processus de constante dissolution et coagulation est effectué par la Nature en non moins d’un millier d’années [ce qui est parfaitement exact si l'on applique les règles de la cabale aux minéraux ; cf. Mémoires sur le métamorphisme de Daubrée et Delesse] ; mais l’Art par la médiation de la Nature, accompli ceci en très peu de temps. Alors, si nous désirons préparer la médecine, nous devons à la fois accélérer et imiter la Nature [nous sommes ici au coeur du sujet. Bernard Le Trévisan en était parfaitement conscient].
L’Argent-vif est la matière et l’élément de tous les métaux ; et tous lorsqu’ils sont fondus, sont convertis en lui, et il se combine avec eux en même temps, dans certains il est plus pur que dans d’autres en fonction de son soufre extérieur corruptif. Mais l’argent-vif est coagulé par la vertu de son propre soufre intérieur incombustible. Le philosophe nous dit [que] ce soufre blanc, incombustible congèle le mercure, et est la meilleure chose possible qui puisse être utilisée pour la conversion du mercure en bon argent. [sur les point développés infra concernant le SOUFRE et le MERCURE des métauxn vus sous l'angle de l'alchimie orthodoxe, cf. Philosophie Naturelle des Métaux ; Révélation de la Teinture des Métaux ; Philosophie Naturelle Restituée. On pourrait encore citer la Nature Dévoilée, cf. Vitriol de Tripied] Si le soufre est pur, et bon, et que d’un autre coté il est d’une brillance rouge, et contient une douce chaleur sans la violence combustible du soufre naturel, c’est la meilleure chose qui puisse être utilisée pour convertir le Mercure en soleil.
Le cuivre est le résultat de bon argent-vif et de soufre combustible impur. Le fer est produit par de l’argent-vif poreux et impur, et du soufre impur. L’étain a un bon argent-vif pur mais son soufre est mauvais et mal mélangé. Le plomb a un argent-vif grossier, mauvais, pondéreux et terrestre, et un soufre mauvais, fétide et infirme. Aussi enfin Aristote nous dit-il
Le soufre commun extérieur, est la cause de l’imperfection des métaux. Il y a deux sortes de soufre dans chaque métal excepté dans l’or, le soufre extérieur combustible et le soufre intérieur incombustible, qui appartient à la composition substantielle de l’argent-vif. Le soufre extérieur peut être séparé et enlevé par la calcination ; le soufre intérieur est inséparable de l’argent-vif par la calcination dans le feu [il s'agit de l'humide radical métallique que les Anciens appelaient chaux et que nous appelons oxyde. Les alchimistes parlent de venin : ioV, mot semblable à la rouille]. L’Argent-vif retient ce dernier qui ne peut être enlevé car il lui est homogène : le premier est repoussé et rejeté, et exposé à l’action du feu qui le consume. La propriété de ce soufre externe, est d’être toujours brûlé bon soufre, au moyen duquel il est coagulé en or et argent, mais par différentes méthodes de digestion. Si le soufre est blanc, il digérera l’argent-vif en argent ; si d’un autre côté il a montré une rouge brillance, et a un feu noble et non destructif, il coagulera l’argent-vif en or, et l’élixir est composé à partir d’or. Observez que les deux soufres blanc et rouge sont en réalité la même matière métallique ; mais ils sont plus ou moins puissant du fait de leur différent degré de digestion. D’où le philosophe dit que l’or à un soufre rouge, et que l’argent a un soufre blanc. Mais comme nous assure Avicenne, ce soufre n’est pas trouvé sur la terre, autrement qu’en ces deux ; donc si nous préparons subtilement ces corps, nous aurons le soufre rouge et l’argent-vif de la même matière, sur la terre, dont l’or et l’argent sont fait sont fait sous la terre : car ce sont des corps lumineux, dont les rayons teignent les autres corps avec le vrai rouge et blanc. Ainsi la teinture rouge est obtenue de l’or, et la blanche de l’argent.
Montrant qu’il n’y a qu’une Pierre des Philosophes.
Arnauld de Villeneuve dit qu’il n’y a qu’une Pierre des Philosophes, et qu’il n’y a qu’une Médecine, à laquelle rien n’est ajouté et à laquelle rien n’est retranché, excepté ce qui lui est étranger. Son soufre externe du vif-argent vulgaire lui est étranger ; son soufre interne appartient à sa propre nature, et c’est en cela qu’elle doit être convertie par notre magistère. N’introduisez en elle aucune poudre, ou eau, ou aucune substance étrangère, car aucune matière hétérogène ne doit entrer en sa composition. Si quelque matière étrangère lui est ajoutée, elle est immédiatement corrompue, et ne devient pas ce que vous désirez. La Pierre elle-même, pour qu’elle puisse pénétrer les métaux communs, doit atteindre un état de grande fixité et de subtilité pour qu’elle puisse devenir une médecine pour les corps corrompus. [la pierre des philosophes est le REBIS ou homme double igné de Basile Valentin. Son état primitif est l'AIRAIN ou LAITON qu'il faut dépurer, c'est-à-dire blanchir. C'est par ces laveures que les alchimistes estimaient pouvoir ôter de leurs matières les superfluités hétérogènes]
D’où s’extrait la Pierre Physique.
Notre Pierre physique, ou Médecine, peut être obtenue de tous les métaux ; mais est trouvée en la plus haute perfection en l’or et l’argent. Sans le Soleil et son ombre, la Lune, nous ne pouvons avoir aucun vif-argent teignant, et fou est celui qui tente d’accomplir notre Magistère en leur absence. D’un autre côté, celui qui sait comment teinter l’argent-vif avec le Soleil et la Lune, celui-là est en possession de notre arcane qui peut devenir le soufre rouge, mais qui au commencement est appelé soufre blanc [c'est l'une des ambiguités majeures de tous les textes. Ils confondent sciemment le SOUFRE rouge ou blanc avec l'oeuvre au rouge ou l'oeuvre au blanc. Mais dans un sens, il est vrai que le Soufre est d'abord blanc, puis qu'il devient rouge. Le mythe nous enseigne, par exemple, que lorsque Latone - le LAITON - accoucha à Délos, ce fut d'abord diane qui parut, et servit de parèdre à Latone pour qu'elle accouche d'Apollon]. L’or est le père [l'agent ; le corps parfait], et l’argent la mère [le patient ; le corps imparfait] de la substance proche de notre Pierre, car notre médecine est élaborée hors de ces corps, et préparée avec leur soufre ou arsenic [avec leur humide radical, qu'il faut entendre en terme moderne d'oxydes]. Il peut être, en fait possible de l’élaborer à partir d’autres corps, mais elle est plus à portée de main, et plus facile, dans l’argent-vif, qui est le père des lumières et racine de tous les métaux. De ceci ils ont tous été fait, et en ceci ils retournent tous. Ce qui est maintenant notre Pierre n’est pas l’argent-vif, mais elle fit partie de lui, et c’est d’où vient sa luminosité, sa résistance au feu et ce qui cause sa perfection. Ne travaillez avec rien d’autre que le Mercure et le Soleil pour le Soleil, et le Mercure et la Lune pour la Lune.
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FIGURE VI
[le Mercure tel qu'en lui-même : eau divine de Zosime ; menstrue puant de Ramon Lull]Il est impossible pour la Pierre d’être perfectionnée par seulement la substance des métaux.
De même que l’eau ne peut s’élever au-dessus du niveau de sa source, la merveilleuse Teinture, qui doit transmuter tous les métaux communs en or et argent, ne peut possiblement pas être perfectionnée à partir de la substance seule des métaux, même s’il s’agit d’or et d’argent. L’élixir doit être bien plus digéré et purifié que ceux-ci. Si l’or et l’argent donnaient de leur perfection aux autres métaux, il deviendraient eux-mêmes imparfaits. La teinture qui doit communiquer la perfection à tous les autres corps métalliques doit posséder elle-même une super abondance de perfection digestive et d’excellence mûre. La plupart des Alchimistes s’arrêtent à la substance avec laquelle ils ont commencé, et par conséquent leur projection ne génère rien.
De la première Opération de notre Magistère.
Notre premier travail, suivant Arnauld, doit être de dissoudre notre Pierre [envisagée comme prima meteria] dans son Mercure ou première matière [la phrase est redondante, puisque disoudre la pierre est forcément en faie un Mercure]. Les espèces peuvent seulement être transmutées par réduction de leur matière en générique Première Matière. Donc nous devons réduire notre Pierre en argent-vif. Par la projection de la Teinture, les espèces, ou propriétés des espèces, ne sont pas changées, mais seulement les quantités de métal individuelles appartenant à l’espèce. L’argent en tant qu’espèce métallique n’est jamais changé en or, qui a immédiatement sa propre espèce, mais les individus de cette espèce métallique ou d’une autre peuvent aussi changer. Votre première étape donc doit être d’effectuer la dissolution de l’or et de l’argent dans l’argent-vif [c'est la voie chimérique de l'alchimie qui est envisagée ici ; à moins qu'Arnauld ne se soit exprimé par cabale. L'or et l'argent ne sauraient désigner les métaux dans ce dernier cas ]. D’où les Sages disent : Tant que les corps ne sont pas devenus incorporels aucun progrès ne peut être fait. Par conséquent, le vrai commencement de notre œuvre est la solution de notre corps, car les corps, lorsqu’ils sont dissous, deviennent spirituels en leur nature, et sont aussi en même temps plus fixes que l’esprit, bien qu’ils soient dissous avec lui [c'est là toucher du doigt une chose importante : les SOUFRES sublimés sont moins volatils que le Mercure ; c'est cette propriété qui permet d'ailleurs de pouvoir préparer la Pierre]. Car la solution du corps signifie la coagulation de l’esprit, et vice versa ; chacun abandonne quelque chose de sa propre nature : ils se rencontrent à mi-chemin, et alors deviennent une substance inséparable, telle l’eau mélangée avec l’eau [on trouve des expressions à peu près semblables dans la Clavicule du pseudo-Lulle].
De l’investigation parfaite de la Pierre Physique.
Il est alors clair, que l’opération de notre Pierre est l’opération de la Nature [cf. Mercure de nature ; Mémoires sur le Métamorphisme de Daubrée et Delesse]. La glace est de l’eau car elle se dissout dans l’eau, aussi notre Pierre qui se dissout dans l’argent-vif, est par cela prouvée être de l’argent-vif. Notre opération est une conservation des éléments, et amicale conjonction de l’humide avec le sec, et du froid avec le chaud [c'est-à-dire de l'EAU avec la TERRE et de l'AIR avec le FEU ; la première conjonction est le PATIENT ou CORPS ; la deuxième conjonctions'appelle l'AGENT ou SOUFRE]. Mais le sec devient humide, et le froid devient chaud uniquement par le moyen d’une substance intermédiaire [cette substance est le milieu ou moyen conjoignant les extrémités du vaisseau de nature]. Si donc le sec est converti en froid, et le froid en humide, et l’humide en chaud, et le chaud en sec, alors vous avez tout le Magistère. Les quatre degrés de notre œuvre sont la solution, la purification, la réduction, et la fixation dont la signification des termes a déjà été expliquée [c'est-à-dire respectivement : la putréfaction ; la déalbation ou blanchiment ; la « sudation » ou élimination de l'acuosité ; l'accrétion des Soufres]. La solution est l’épais en subtil ; la purification le sombre en lumineux ; la réduction de l’humide en sec ; la fixation le volatil en fixe. Que la Pierre par conséquent soit dissoute avec le meilleur Mercure, purgée de ses terrestréités et de sa nature humide, par le moyen de la sublimation, puis réduite ensuite. Puis qu’elle soit broyée deux fois puis placée au Bain-Marie.
Comment le Mercure est Nettoyé.
Sublimez notre Mercure une ou deux fois avec du vitriol et du sel [c'est-à-dire avec un sel vitriolique et du salpêtre], jusqu’à ce qu’il devienne très blanc et brillant. Lorsqu’il est devenu volatil, mettez le dans l’eau chaude, pour qu’il devienne de nouveau de l’argent-vif ; enlevez l’eau, et utilisez-le pour notre Magistère. Mettez-le en poudre, et faites-le tremper dans sa propre eau, et digérez-le au Bain-Marie ; distillez-le par un filtre. Observez l’apparition d’une huile noire à la surface, qui est le véritable signe que la dissolution est complète [nous butons ici sur le symbolisme associé à l'ambiguité des auteurs sur la voie humide ou sèche. Nous avons déjà eu l'occasion de montrer que cette « huile noire » était générée lors de la dépuration du salpêtre et qu'elle semblait faite de matières végétales qui ne semblent pas avoir fait l'objet d'analyses précises]. Observez bien je répète, de peur qu’il ne s’évapore en fumée, et ce que vous faites avec le blanc, faites-le aussi avec le rouge. La différence entre la Médecine Solaire et la Médecine Lunaire, est que la Solaire contient la Lunaire, mais la Lunaire ne contient pas la Solaire, la Solaire a en plus une substance rougeâtre ou dorée [et cette partie du texte va contre la note précédente : elle ressortit du symbolisme attaché aux couleurs des régimes]. Soyez patient et n’essayez pas d’extraire la Teinture, la hâte brûle, au lieu de mûrir et la digérer notre substance. Gardez à l’esprit que la principale erreur en cet Art est la hâte, qui se termine en la combustion de tout. Trop de feu au commencement est au détriment de la teinture, et consume la médecine.
Broyez [les alchimistes disent « broyez » pour « chauffez »] et refroidissez ; avec patience, et réitérez ce processus encore et encore, parce que ce qui est trempé dans l’eau est adoucit. Plus vous broyez la substance, plus elle deviendra douce, et plus les parties grossières sont subtilisées, jusqu’à ce que l’union de l’esprit [et du] corps survienne. Car par le moyen du broyage, de l’adoucissement et de la digestion, les parties adhérentes entre elles par la viscosité de l’eau dans les corps sont séparées. Les corps qui sont dissous, sont réduit à la nature des esprits, et leur union devient par conséquent indissoluble, comme celle de l’eau mélangée avec de l’eau : car la Nature se réjouit lorsque le marié est uni à la mariée. Les choses qui ne peuvent être dissoutes sont dénuées de parties subtiles et douces. Je vous prie par conséquent d’œuvrer à la dissolution de la Pierre, désintégrant ses parties grossières afin que le grossier puisse être rejeté et le travail effectué avec le subtil. [Faut-il voir dans ces opérations de réitération des expériences de sous-fusion ? Cf. Mercure]
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FIGURE VIII
[le Mercure sème l'Or alchimique dans la terre deuillée pour en faire son Soufre enté]Lorsque la Pierre [au sens de prima materia ; il ne s'agit pas de la pierre des philosophes qui est le Rebis puisque l'inhumation de la Pierre est la condition sine qua non de sa « renaissance »] est dissoute, exposez-là tout à une douce chaleur, pour une meilleure putréfaction et digestion, et pour la consommation du rite conjugal, durant l’espace d’un mois Philosophique, à savoir, de trente jours, jusqu’à ce que le danger de la combustion soit éloigné par la digestion et l’inhumation. Que tout soit bouilli sur un feu doux, jusqu’à ce que toute la substance se résolve en matière première, et devienne vraiment comme l’argent-vif. Le signe indiquant la complète solution, est la noirceur, qui apparaît après un certain temps, que nous appelons aussi la tête du Corbeau [cf. la Clavicule du pseudo-Lulle].
Lorsque la Pierre est entièrement dissoute dans le Bain-Marie, elle doit être filtrée. La noirceur est le signe que le processus de volatilisation est accompli.
Récapitulation du Premier Régime.
Sublimez le Mercure, et dissolvez-le ; puis soumettez toute la substance à la coction, jusqu’à ce qu’elle soit réduite en sa première nature, à savoir, jusqu’à ce que nous ayons le soufre et l’argent-vif, de la même manière que dans les mines elle est digérée en or et argent. Et celui qui a ce Magistère a un trésor éternel.
Du second Régime ou de la Purification.
Le second régime de la Pierre est son ablution, c’est-à-dire, enlever tout ce qui est noir, corrompu, et fétide en elle, ce qui la rendra très brillante, claire et pure. Ceci s’effectue par la division des éléments, la distillation des eaux, et la solution de la Pierre, parce qu’il y a deux éléments secs ou pierreux, et deux éléments humides ou aqueux. Les éléments secs sont le feu et la terre, les aqueux sont l’air et l’Eau [plus exactement, l'AIR et l'EAU sont les deux éléments propres au MERCURE ; le FEU et la TERRE sont les deux éléments de la future pierre : le FEU symbolisant le SOUFRE et la TERRE symbolisant le CORPS ]. Le feu purifie l’eau par distillation, et ainsi tous les éléments sont nettoyés et deviennent assimilés les uns les autres. Ainsi est notre Pierre divisée en quatre éléments, qui peuvent être mieux subtilisés, et nettoyés de leurs souillures, et ensuite plus étroitement conjoints. Mais rien n’est jamais né, ou développé, ou animé, excepté après la putréfaction et la digestion. S’il n’y a pas de putréfaction, il ne peut y avoir de fonte et de solution, et s’il n’y a pas de solution, rien ne peut être accompli.
De la Division de la Pierre en quatre Eléments.
Prenez la Pierre dans son état putréfié, nettoyez-la en nettoyant les quatre éléments, par distillation sur un feu léger et égal. [tout ce chapitre doit se comprendre par cabale ; si on le prend à la lettre, il n'y a strictement rien de positif à en tirer] Prenez l’eau. Puis augmentez doucement le feu, jusqu’à ce que tout l’air soit mélangé avec le feu [jusqu'à ce que tout le SOUFRE soit sublimé dans le MERCURE], et ce qui demeure au fond, étant brûlé est la terre noire et sèche [le CORPS de la Pierre ou christophore]. L’eau est nettoyée au Bain-Marie [l'eau permanente], mais l’air et le feu sont distillés par les cendres [le FEU renferme le Soufre qui n'est rien d'autre qu'une cendre ; l'un dess ecrets de l'oeuvre consiste à obtenir « le retour des cendres », c'est-à-dire la réincrudation], et la partie grossière de la terre demeure dessous, tandis que les parties les plus subtiles sont envoyées par le haut. La terre se dessèche et se fixe, l’eau purifie et nettoie. L’air et le feu teignent, et causent la fluidité [c'est la circulation continue des éléments qui est exposée ; il serait tout à fait vain de vouloir poser des équivalents « physiques » à cette exposition] ; par quoi il est nécessaire d’avoir beaucoup d’eau et d’air. La quantité de la Teinture sera en proportion de la quantité d’air [de Mercure philosophique]. Cherchez par conséquent, mon cher, en tout ce travail à forcer le Mercure à s’unir, afin que vous ayez suffisamment d’air ; et si vous êtes capable d’effectuer cela par lui-même, vous serez l’explorateur du potentiel de conquête qui réside dans la plus haute perfection de la Nature. Après ces opérations il est encore nécessaire que la Médecine soit mûrie et nourrie sur le feu, tel un enfant est nourri au sein. [allusion au Lait de Vierge d'Artephius, opération qui se déroule dans le signe de la Vierge, cf. zodiaque alchimique]
Lorsque vous avez séparé les éléments de la Pierre, nettoyez-les, nettoyez l’air et l’eau en distillant sept fois [c'est, à n'en pas douter, l'énigme majeure qui se présente aux Enfants de science ; c'est l'énigme de Philalèthe et de ses Aigles volantes - les sublimations philosophiques - que l'on retrouve sous une forme ou une autre dans tous les traités d'alchimie ; la seule chose qui paraît assurée, c'est qu'il ne s'agit pas de distillations vulgaires. Il semblerait que ces distillations soient à apporter aux éléments du Mercure - puisque l'AIR et l'EAU sont nommés. Ce blanchiment, notez-le bien, s'apparente à l'opération qui survient après la noirceur quand l'Artiste obtient la « tête de corbeau ». Fulcanelli décrit l'allégorie par les cygnes qui volaient autour de Délos ; à leur septième tour, Apollon parut. Cyliani parle de rectifier sept fois l'esprit astral qui doit calciner l'or ; il est donc probable que ces sept rectifications ou sublimations ou distillations spéciales ont à voir avec le Mercure. Grosparmy, dans son Trésor des Trésors expose une autre allégorie où le soleil doit entrer sept fois dans le signe d'Ariès]. D’un autre côté le feu et la terre doivent être bien calcinés [ce sont les éléments proprement corporels de la pierre]. Distillez l’air et l’eau séparément, car l’air est plus précieux que l’eau. L’air teint la terre, et y infuse la vie et l’âme sensible [il s'agit de la rosée de mai, c'es-à-dire de l'AIR acué du SOUFRE sublimé]. L’air et l’eau doivent être protégés de la chaleur excessive, ou ils seront séchés. Ceci est fait par l’inhumation. Quand la purification est complète, toute la substance est merveilleusement blanche et brillante [2ème énigme hardue. Ce signe brillant et constellé, les alchimistes l'ont exposé par une étoile, par la stibine - stilbhw - et par d'autres allégories du même genre]. Le sédiment de la terre dans la distillation doit être soigneusement enlevé et mis à part avec la noirceur de la terre déjà mentionnée. Mettez aussi à part l’eau qui a été distillée sept fois, car elle est la médecine et l’Eau de Vie qui lave le Laiton. Et ce que vous faites avec l’eau blanche, faites-le aussi avec la rouge ; il n’y a pas de différence entre elles excepté que l’une teint en blanc et l’autre en rouge.
Séparez l’air du feu par distillation, à savoir, par les cendres. Ce qui distille est pratiquement de l’air pur ; ce qui reste au fond est le feu sec. L’air est l’huile et la teinture, l’or et l’âme des Sages, l’onguent par lequel tout notre Magistère s’effectue [Philalèthe le nomme Air des Sages, cf. Introïtus, VI]. Le feu et l’air doivent être distillés ensemble car ils sont de même nature. Si vous mêlez la Pierre avec le feu, elle sera rouge, et aura toutes les vertus de la Teinture Rouge.
Du nettoyage du Feu et de la Terre.
Prenez les sédiments impurs obtenus après le nettoyage de l’huile, et mettez-les avec le feu puisqu’ils sont le feu, et ayez la noirceur et la rougeur qui doivent être broyés avec la première eau, brûlés doucement jusqu’à ce qu’ils deviennent une poudre sèche, privée de l’humidité de l’air [la noirceur renvoie à une TERRE ; et la rougeur au SOUFRE, c'est-à-dire à une chaux métallique]. De même, les sédiments de l’eau doivent aussi être combinés avec la terre, et calcinés trois fois jusqu’à ce qu’ils deviennent blancs et secs [il s'agit des trois sublimations dont parlent, là encore, de nombreux textes. Font-elles partie des sept sublimations vues supra ? Voilà ce qu'on ne saurait décider]. Calcinez le feu avec le feu, la terre avec la terre, jusqu’à ce qu’ils soient purs et libres de toute noirceur ; ce qui monte du feu est l’huile rouge [l'Âme, teinture ou SOUFRE rouge], ce qui monte de la terre est la précieuse huile blanche [le CORPS, le SEL ou l'ARSENIC]. Effectuez toutes ces opérations et gardez soigneusement à part le résultat.
La cause de l’Ablution selon Platon.
D‘après Platon [un pseudo-Platon naturellement...], vous devez au maximum de votre habileté effectuer la séparation des éléments : nettoyez l’eau et l’air par la distillation, et la terre par la chaleur et la calcination, jusqu’à ce que rien de l’âme ne demeure dans le corps, à savoir quand rien ne s’en évapore plus, si on la place sur une plaque de métal portée au rouge. En aucune partie de nos opérations nous n’avons besoin d’autre eau que notre eau blanche, ni d’autre huile que notre huile de couleur blanche et orange, ni aucun feu excepté notre feu rouge, ni aucune terre exceptée celle qui est pâle ou légèrement blanche. Mais donc, si vous préparez les éléments, la terre sera prête pour la solution [les équivalences hermétiques sont les suivantes : NOIR = TERRE = DISSOLUTION], l’eau efficace pour la digestion [BLANC = EAU = CONJONCTION], et l’huile en laquelle est le feu [FEU = AIR = TEINTURE], éminemment adaptée et teignante. Si à la fin votre processus ne vous donne pas de tels éléments, cela est l’indication d’une erreur ; et en la corrigeant avec ce qui a été dit, cela sera plus facile que de recommencer. Gardez chaque élément scellé dans un flacon bien bouché, et notez dessus leurs noms, et leurs propriétés, car il serait fatal de les prendre l’une pour l’autre. [il est très rare de lire des indications techniques portées à ce point de détail ; cela doit nous inciter d'autant plus à une grande vigilence dans l'exégèse du texte ]
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FIGURE X
[le Mercure et l'homme double igné de Basile Valentin]Du troisième Régime qui est celui de la réduction.
Le troisième régime consiste à ramener l’humidité de l’eau sur la terre sèche, afin qu’elle recouvre son humidité perdue. [c'est-à-dire à redissoudre ce qui auparavant avait été mis en forme de poudre porphyrisée] Puisque le feu et la terre sont deux éléments secs, ils doivent premièrement être conjoints avant que d’entreprendre cette restauration. Alors l’élément sec sera disposé à boire plus de cette humidité qu’il ne l’était auparavant, car la calcination désintègre le corps et le vide tellement de son eau, qu’il absorbera cette humidité aqueuse avec avidité.
Arnauld ici, dispose un chapitre sur l'albification et la sublimation de la terre par de fréquents broyages [action du FEU], imbibitions, et digestions du Mercure. Lorsque ce procédé est entièrement accompli, ce qui est quand il s’élève blanc comme de la neige, nous avons une terre bonne, feuilletée, brillante et blanche, ou soufre blanc incombustible [il semble y avoir là confusion : la TERRE FEUILLEE des alchimistes correspond au dragon écailleux avant que l'archange vienne lui donner le premier coup de son épée. C'est là que Basile Valentin exhorte l'Artiste à blanchir le laiton et à brûler ses livres ]. Si vous désirez obtenir le soufre rouge, dissolvez ce soufre blanc dans l’eau rouge, par le moyen du broyage, de la saturation et de bonne décoction ; coagulez alternativement en pierre et dissolvez ce qui est coagulé dans l’eau rouge. A la troisième fois, sublimez le tout dans un feu ardent, et ce qui s’élèvera sera le soufre blanc neigeux, tandis que ce qui demeurera au fond sera rouge, comme de l’écarlate. Ainsi vous voyez que tandis qu’il y a trois degrés différents dans notre Magistère, il y a en réalité une seule Pierre.
De la vraie manière de remettre l’Eau sur la Terre.
Versez d’abord sur la terre (que vous avez finement broyée) un cinquantième de part de sa propre quantité d’eau ; car il est nécessaire au commencement de donner peu d’eau à la terre, comme on donne peu de nourriture au début, puis plus graduellement. Ceci doit être répété encore et encore, avec grande patience, en versant de plus en plus d’eau sur la terre à chaque fois, mais pas plus que la terre ne peut absorber à chaque fois [cette graduation est signalée par Fulcanelli] ; après chaque trituration et effusion, le tout doit être soumis à une méticuleuse coction de huit jour à chaque fois. Sans une continuelle [et] patiente irrigation, la terre ne peut porter de fruits. Continuez la trituration et l’assation jusqu’à ce que l’eau ait été absorbée et bue, alors la terre est devenue blanche [le début de la coagulation de l'eau mercurielle semble débuter là]. L’eau doit être administrée avec sobriété après chaque calcination ; une trop grande abondance provoquera des conditions de tempêtes, [cf. le voyage des Argonautes] pas assez convertira la matière en cendres luisantes. Le degré de chaleur appliqué devra être celui du fumier de cheval. Après l’imbibition, elle doit être inhumée pendant sept jours [on remarque que le nombre 7 ne s'applique plus au traitement du Mercure mais à celui du Rebis]. Il y a trois couleurs, qui marquent les trois stades de ce processus. La couleur noire montre que la substance est toujours imparfaite : après son apparition, la chaleur de feu doit être légèrement augmentée. En répétant constamment ce processus, la terre deviendra rapidement blanche ; et alors vous devrez apercevoir la couleur orange. Plus l’eau sera limpide, plus la terre sera limpide ; plus la terre sera lavée, plus elle deviendra blanche.
Les choses sont sublimées soit d’elles-mêmes, si elles sont esprits, ou si elles sont des corps par le moyen d’une substance spirituelle. Notre terre n’est pas sublimée en chaux suivant ces conditions, à moins qu’elle ne soit auparavant subtilement incorporée au mercure [l'opération s'appelle l'animation du Mercure]. Alors vous devrez broyer la terre [c'est-à-dire la calciner], et la saturer avec le mercure, et les digérer pour qu’ils deviennent un corps. Ceci doit être répété de nouveau encore et encore, ou autrement les sublimations ne peuvent pas s’effectuer, car la terre ne sera pas dûment incorporée avec le mercure. La sublimation dépend de la réduction du corps en une matière et une nature subtile. Par le moyen de cette sublimation les corps sont libérés de leurs éléments grossiers, et réduits en leur première matière, [en leur humide radical] qui peut être ensuite parfaitement développée. Si vous désirez changer la substance sublimée en argent, la terre et le mercure doivent être blanc : si vous désirer la changer en or, ils doivent tous deux être rouge, et la poudre doit être incérée. Lorsque le Mercure est sublimé pour la Lune, rien d’autre ne doit lui être mêlé, car pour la couleur du Soleil n’entre pas en la Lune, ni la Lune dans le Soleil. Ne mélangez pas ce qui s’élève avec ce qui demeure au fond; ce qui demeure au fond doit être de nouveau broyé et saturé, jusqu’à ce que tout soit sublimé ou incorporé au Mercure. Dans la sublimation de Mercure vous verrez une terre très blanche, comme de la neige, et comme si cela était une poudre morte adhérant aux parois de l’aludel. Réitérez les sublimations jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fèces restantes. Bientôt ce qui s’élève s’attachera à la chape en une poudre blanche feuilletée. Ce sont les cendres supérieures, tandis que ce qui demeure au fond est le sédiment infect et qui doit être enlevé. De cette manière le soufre blanc ou teinture blanche est parfait.
Le quatrième Régime, qui consiste en la Fixation, et pour cela nous il nous faut un ferment.
La quatrième opération est de fixer le soufre blanc et le soufre rouge sur un corps fixe, à savoir, l’argent et l’or respectivement. Une fermentation adaptée à la Lune ne peut devenir Soleil, mais la substance n’ayant rien pour l’en empêcher retournera en eau. Elle doit donc être incorporée avec le corps à partir duquel elle a été préparée, à savoir, la Lune ou le Soleil. Il est nécessaire en fait, de l’Unir à son propre corps. Pour ceci mélangez-la avec le ferment (blanc ou rouge), qui l’assimilera en sa propre nature. Ne mélangez pas le ferment d’un soufre (blanc) avec un autre soufre (rouge) : le résultat serait décevant. Le ferment de l’or est l’or, et le ferment de l’argent, l’argent, et il n’y a pas d’autres ferments convenables de part le monde, car rien ne fixe qui ne soit lui-même fixé. [passage singulier où l'auteur déconseille de pratiquer ce que, manifestement, il faut au contraire préparer : le Mixte fait de SOUFRES blanc et rouge]
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FIGURE XII
[le zodiaque alchimique et le palmier : Arbore Solari]Le poids du ferment doit être supérieur, ou au moins égal à celui de son Soufre.
La quantité du soufre volatil dans tout ferment ne doit pas être supérieure à celui de son corps. S’il y a une prépondérance du corps dit Platon, cela changera rapidement le soufre volatil en une poudre de sa propre couleur, à savoir, soit celle de l’or ou celle de l’argent. Le soufre ne peut pénétrer les corps sinon par l’intermédiaire de l’eau [du Mercure], la substance intermédiaire entre le soufre et le ferment [entre le Corps et la teinture]. Par conséquent mettez premièrement la terre, puis ensuite l’air (Avicenne) [ll doit s'agir d'une citation de la Tourbe]. Si vous désirez obtenir la Teinture rouge, mettez en la quatrième partie du feu, puisque la Teinture blanche n’a besoin que de trois éléments, mais la teinture rouge à besoin aussi du feu. Par conséquent, Ouvrez, et scellez, dissolvez et coagulez, lavez et séchez, car l’eau est l’intermédiaire qui joint les teintures de l’huile, de l’air et du feu. Si vous prenez premièrement l’huile puis ensuite la terre, l’huile se mortifiera dans la terre, car l’eau y pénétrera. Si vous prenez premièrement l’eau et l’huile, l’huile flottera sur l’eau. Mais si vous prenez en premier l’eau et ensuite la terre, l’eau l’emportera sur la terre. Rendez fixe par conséquent l’eau avec la terre jusqu’à ce qu’elle y adhère [l'auteur semble par là affirmer que tous les éléments doivent être mis au contact les uns des autres, avant le début de la Coction]. Si l’un des quatre est détruit, tout mourra ; si l’un a plus d’âme que l’autre, tout sera inutile. Le ferment est l’âme, faites en sorte d’arranger votre fermentation afin qu’elle produise une poudre calcinée, dissoute et dure. Si la fermentation n’est pas effectuée correctement, tout le Magistère échouera.
De l’utilité de diviser les quatre éléments.
Si vous ne divisez pas la Pierre en ses quatre éléments, l’âme ne peut être correctement unie avec le corps [il faut dissoudre des poudres qui se présentent d'abord sous forme de matières amorphes ou qui doivent cristalliser ensemble]. Si vous ne mélangez pas le corps avec ce sur quoi vous voulez effectuer la projection, le corps n’aimera pas l’esprit. Si vous ne combinez pas le ferment avec l’élixir, le corps sur lequel est faite la projection n’est pas dûment coloré. Si vous ne sublimez pas tout ce que vous mettez dans l’élixir, ce sera de l’or et de l’argent brut, et si le tout n’est préparé, il ne résistera pas au feu. Finalement, sans l’effort d’adouci[r] et durcir, l’or et l’argent manqueront de docilité dans l’opération. La terre qui est mise dans l’élixir doit être sublimée, dans le but que le tout soit complètement uni. Si vous désirez projeter l’élixir, faites la terre de la substance du corps que vous voulez changer, et mettez dedans le ferment (comme susdit), si c’est de l’or, de l’or, et si c’est de l’argent, de l’argent. Vous devez combiner le ferment avec le même corps que sur lequel vous désirez projeter l’élixir. Le corps et le ferment qui sont combinés dans l’élixir doivent être une poudre deux ou trois fois sublimée. Chaque sublimation accroîtra la vertu de l’élixir, nommément de un sur cent, de cent sur mille et ainsi jusqu’à l’infini. [tous les textes concordent sur cette étrange et chimérique multiplication]
On doit faire attention à la proportion de chaque substance.
Si vous désirez préparer notre Pierre, vous devez savoir combien d’eau, d’air, de feu et d’air, lorsqu’elle est respectivement calcinée, dissoute et réduite. Dans le premier cas, il y aura plus de sec, plus de chaleur, moins d’humide, moins de froid [SEC = TERRE - CHALEUR = FEU - HUMIDE = EAU - FROID = AIR ; dans la calcination la TERRE et le FEU dominent]. Dans le second il y aura plus de froid, moins de chaleur, plus d’humide et moins de sec [dans la dissolution, l'AIR et l'EAU dominent]. Dans la troisième, il y aura plus de chaleur, moins d’humide, plus de sec et moins de froid [dans la réduction, le FEU et la TERRE dominent].
Comment les Eléments sont améliorés, et comment la Fusion de la Médecine est faite.
Dans la conjonction de la Pierre, espérez trois principales couleurs, en premier le noir, puis le blanc, puis le rouge. Prenez garde que la teinture ne devienne pas rouge avant de devenir noire, car alors elle périra par la combustion, et prenez garde qu’aucune couleur n’apparaisse avant [son] temps et dans le bon ordre. Si le rouge vient avant le noir, ou avant le blanc, décoctez le tout dans l’eau blanche jusqu’à ce que la bonne couleur revienne. Notez aussi que la décoction par l’inhumation évite l’erreur de la combustion, et restaure l’humidité perdue. La purification et la dissolution sont le résultat de l’eau, non commune mais mercurielle. Nous calcinons la médecine afin de mieux la dissoudre, la mieux nettoyer, fixer et fondre et que par conséquent les corps puissent recevoir une meilleure imprégnation, et soient de ce fait plus complètement pénétrés. Vers la fin du Magistère il est toujours meilleur de dissoudre le ferment soit blanc soit rouge, afin qu’il puisse s’amalgamer plus rapidement. Toutes les parties ne sont pas séparées par la mauvaise dissolution, mais la séparation est suffisamment complète pour assurer la suppression de toutes les impuretés. Si le métal qui doit être changé au moyen de notre Médecine, n’a pas assez de couleur, il faut y ajouter plus de Médecine ; s’il en a de trop la dose devra être moindre. Si la Médecine n’est pas suffisamment fixe, le remède consiste à répéter la dissolution et la coagulation plusieurs fois. S’il est trop ferme, plus d’air, qui est l’air de la Pierre doit lui être ajouté ; et observez, en règle générale, que pour la fixation vous devez avoir plus d’éléments froid et chaud, et moins de chaud et d’humide.
Des quantités devant être observée dans la Fixation.
Toute la Nature est gouvernée par le rapport et la proportion ; en conséquence, dans la fixation de notre Pierre, nous devons savoir combien il nous faut d’eau, d’air, de terre et de feu. Si les proportions correctes ne sont pas observées, tout notre ouvrage sera un échec. Trop ou pas assez de terre, d’air, de feu et d’eau engendreront des défauts correspondants. Je parle ici des Elixirs en général, mais le feu n’est pas introduit comme un élément de l’élixir blanc. Les éléments lourds dans notre substance et le ferment sont appelés terre : ceux qui s’élèvent vers le haut sont décrits comme l’air et l’eau. Pour la fixation en terre, dans le cas de la Teinture blanche, il doit toujours y avoir plus de terre que des autres éléments. S’il y a une once et demie d’air, et deux onces d’eau, il doit y avoir deux onces trois quart de terre, et trois fois plus du ferment de la terre qu’il y a de soufre blanc. S’il y a une once de soufre blanc, il doit y avoir trois onces de ferment. Ajoutez deux onces d’eau, une once et demie d’air, et l’élixir sera complet. Pour la Teinture solaire, qui est d’une qualité plus chaude que la Lune, il nous faut deux onces de terre, trois d’eau, autant d’air, et une once et demie de feux — car s’il y a beaucoup d’eau et peu de feu, le feu sera étouffé. Les éléments lourds, telle la terre et l’eau, sont plus utiles pour produire la fixation et le reste, les éléments légers, à savoir l’air et le feu, sont plus utiles pour la fusion et la Teinture. Ne mangez pas ce que vous ne buvez pas, ni ne buvez ce que vous ne mangez, mais manger et buvez l’un, alors vous pourrez lui faire confiance pour effectuer le reste. Lorsque votre terre est imprégnée vous pouvez espérer une naissance en temps voulu par la Nature ; et lorsque la naissance aura eu lieu [cf. le poème du phénix ], nourrissez-la et fortifiez-la afin qu’elle puisse supporter le feu, et il vous sera possible de faire les projections.
De la Réduction de l’Air sur l’Elixir Blanc.
Lorsque la terre est fixe, broyez-la, et saturez-la en l’arrosant avec une part de son air, et sublimez en accroissant régulièrement le feu, jusqu’à ce que par constante sublimation tout soit fixe. Puis exposez à un bon feu pendant vingt quatre heures, puis à un feu plus ardent pendant un autre jour et nuit, puis à un feu très ardent de fusion le troisième jour et nuit. La terre sera alors fixe avec la terre et l’air.
Prenez une dragme de la plaque cristalline que vous trouverez au fond du vaisseau ; mettez-la dans un fin creuset sur un feu modéré, et versez doucement dessus un peu de son air, jusqu’à ce qu’elle devienne liquide comme de la cire, sans fumer. Testez sur une lame chaude, et si elle fond rapidement comme de la cire, l’incération est achevée. Si ce n’est pas le cas, continuer à verser dessus graduellement de son huile blanche, jusqu’à ce qu’elle devienne comme de la cire fondue, sans fumer. Continuez la sublimation jusqu’à ce que toute la substance soit fixe. Cela arrive lorsque par la sublimation vous avez fixé la partie la plus pure de la terre, et réitérez la sublimation sur la partie non fixe avec la partie fixe, jusqu’à ce que le tout soit fixe. Essayez sa fusibilité par un bon feu ; si le résultat est satisfaisant, la sublimation n’a pas besoin d’être continuée. Sinon, continuez la sublimation sur la partie non fixe. Puis laissez refroidir, et vous avez une Teinture sans prix, dont une part transmutera 1000 parts de Mercure — purifié avec du sel dissout dans du vinaigre — ou de métal commun, en argent le plus pur, meilleur que celui de la mine.
De la composition de l’Elixir Rouge.
L‘Elixir Rouge — pour transformer les métaux en or — est préparé de la même manière que l’Elixir Blanc, l’or étant dans ce cas substitué à l’argent. Pour toute substance blanche une substance rouge de la même espèce ; à la place de poudre d’argent mettez de la poudre d’or, et de l’eau de Mercurielle faite rouge avec le feu de la Pierre. Sublimez la substance encore et encore jusqu’à ce que tout l’argent-vif soit devenu fixe. Lorsque les trois quarts de l’eau rouge sont devenus fixes, placez le tout pendant vingt quatre heures sur un feu modéré, afin de mieux nettoyer et fixer. Enlevez ensuite, et mettez dans un creuset, sur un feu modéré. Versez dessus son huile rouge, jusqu’à ce que tout soit liquide comme de la cire sans fumée. Une partie de cette Teinture Rouge projetée sur de l’argent, ou de l’argent-vif purifié — avec du sel et du vinaigre — change mille parts de l’un ou l’autre en or le plus pur, meilleur que celui de la mine pouvant endurer tous les tests. Ainsi les Sages disent que leur or et leur argent ne son pas l’or et l’argent de la multitude voyant qu’ils sont distingués par une infiniment plus grande pureté.
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FIGURE XVI
[Entretiens de Calid à Morien où : discours sur le Mercure]De la Multiplication des Médecines.
Si vous dissolvez ces médecines, après leur fixation et saturation avec leur huile blanche ou rouge, jusqu’à ce quelles fluent comme de la cire, puis ensuite dans leur Mercure blanc ou rouge, jusqu’à se qu’ils soient comme de l’eau claire, et ensuite les coagulez par une douce digestion, et de nouveau les faites liquides avec leurs huiles sur le feu jusqu’à ce qu’elles fluent en un rien de temps, leur vertu en la projection sera doublée. Si lorsqu’elles sont dissoutes, vous les distillez une fois, leur pouvoir est multiplié cent fois. Pour multiplier les médecines, dissolvez l’esprit de chaque respectivement dans leurs eaux par inhumation. Séparez de chaque son huile par distillation, puis leur eau, puis leur feu, et la terre demeurera en bas. Réduisez l’eau par sublimation sur la terre, jusqu’à ce qu’elle soit fixée avec la terre ; puis saturez avec l’huile, ou air, et la teinture jusqu’à ce le tout soit fixe et liquide comme de la cire ; sa vertu est alors multipliée par dix, répétez l’opération, et sa vertu est multipliée à chaque fois par cent, mille, dix mille fois, etc. Plus la Médecine est dissoute, sublimée et coagulée, plus puissante elle devient ; à chaque sublimation sa vertu est multipliée par dix.
Que voulons nous dire par Dissolution et Sublimation ?
Lorsque je parle de solution, vous ne devez pas penser que l’élixir se dissout complètement dans l’eau, mais seulement qu’il est subtilisé autant qu’il est possible d’avoir ses parties divisées, que ce qui est sec soit fait humide, ce qui est grossier fait simple, puisque la dissolution est pratiquée seulement pour le travail de la subtilisation, mais pas la sublimation, et dans le but d’unir le corps avec l’esprit. [on voit bien que la sublimation ne correspond qu'à une dissolution ; le mystère des réitérations reste entier] La subtilisation des corps est la dissolution dans l’eau, car la distillation ou dissolution amène la Pierre de potentiel à effectif, dans laquelle le corps et l’esprit se rencontrent chacun à mi-chemin, et sont ainsi inséparablement conjoints. La confortation des corps avec les esprits se fait lorsque les corps sont subtilisés, car autrement ils ne pourraient retenir les esprits. Je n’en ai pas dit beaucoup, mais si vous ne comprenez pas quelque chose dans mes remarques, relisez les encore et encore, jusqu’à ce que vous soyez entièrement imprégné de leurs sens. Ce que nous avons dit sont les vraies règles, et vous ne devez pas vous en écarter ni à droite, ni à gauche, ou vous irez de travers. Si vous ne comprenez pas, ne me blâmez pas, mais blâmez votre ignorance.
Maintenant, voyant qu’il est quelque peu difficile de fondre un million de parties ensemble, procédez comme suit lorsque vous voulez effectuer la projection : Prenez cent parts de Mercure, purifié par le vinaigre et le sel ; mettez dans un creuset sur le feu ; lorsqu’il y a début d’ébullition, ajoutez une part de votre Elixir, projetez le tout sur cent autres parts de Mercure purifié bouillant. Puis projetez une part de ce mélange sur cent autres parts de Mercure purifié, et le tout sera transformé en notre Elixir. Puis prenez une part de cette dernière coagulation et projetez sur cent parts de Mercure purifié, et il deviendra l’or ou l’argent le plus pur, suivant que la Teinture est blanche ou rouge. Et ceci est le Rosaire des Philosophes, portant des roses parfumées, à la fois blanches et rouges, l’extrait essentiel de nombreux livres, n’ayant rien de superflu, n’omettant rien d’utile, pour la production infinie du Soleil et de la Lune. Notre Médecine a aussi le pouvoir de guérir toutes les maladies et infirmités, les inflammations et débilités : et transforme un homme vieux en jeune homme. Si la maladie est installée depuis un mois, elle peut être guérie en un jour ; si elle dure depuis une année, elle sera guérie en douze jours ; si elle dure depuis plusieurs années, elle sera guérie en un mois. C’est pour cette raison que cette Médecine est apprécie au-dessus de tous les trésors du monde.
Récapitulation de tout l’œuvre.
Premièrement sublimez la substance, et purgez-la de toutes ses impuretés corrompantes ; dissolvez aussi avec cela ses ajouts blancs ou rouges jusqu’à ce que le tout soit subtil et volatile autant qu’il soit possible. Puis fixez par toutes les méthodes jusqu’à ce qu’elle puisse supporter l’épreuve du feu. Après cela, sublimez la partie fixe de la Pierre avec sa partie volatile ; faites que le fixe devienne volatile et le volatil fixe, par solution et sublimations alternées ; continuez ainsi et fixez-les ensemble jusqu’à ce qu’ils forment une Teinture liquide blanche ou rouge. De cette manière vous obtenez l’arcane sans prix qui est au-dessus de tous les trésors du monde. Adonnez-vous entièrement à cette étude ; méditez dessus nuit et jour ; et avant tout vérifiez la vérité de vos théories par la constante pratique. Vous ne trouverez rien de plus clair et plus simple dans tous les livres des Sages, que ce que je vous ai dit. Priez la Trinité et gloire de la Bénite Vierge Marie.
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FIGURE XVIII
[le Livre des Sages]Fin du sommaire du Rosaire d’Arnauld.